Cérémonie 2014 aux trois bornes

Les trois frontières Pierre Roiseux

La stèle Pierre Roiseux (c) Eric de Wallens www.objectifmag.be

L’année 2014 est importante pour l’histoire de notre Royaume de Belgique et aussi, ne soyons pas chauvin pour le reste du monde, en effet, c’est l’année du centenaire de la Première Guerre Mondiale et du 70ème anniversaire de notre libération. Partout dans notre pays comme ailleurs sont organisées des cérémonies en souvenir de ces tristes périodes qui ont marqués le monde. En ce qui concerne la deuxième guerre, nombre de Résistants tous réseaux confondus ou de Volontaires de Guerre sont heureusement encore parmi nous et pour eux, une nouvelle cérémonie était organisée, comme chaque année, aux trois bornes ce samedi 30 août 2014.

Les trois frontières Pierre Roiseux

Monsieur le Bourgmestre de Plombière Thierry Wimmer et ses Echevins déposent les fleurs au pied de la stèle (c) Eric de Wallens www.objectifmag.be

Trois bornes ? A une certaines époques, elles délimitaient la frontières entre deux pays, et comme vous le savez, notre Belgique a au Nord la mer du même nom, qui n’est pas vraiment une frontière, mais elle se situe dans le haut de la carte et nous positionne pour comprendre la suite. A notre gauche, l’Ouest il y a la France, en dessous, le Sud, c’est le Grand-Duché de Luxembourg, à droite, l’Est, c’est la Hollande et l’Allemagne juste à côté. Pour ceux qui n’ont pas compris, nous avons nos trois bornes ou trois frontières entre la Belgique, la Hollande et l’Allemagne, dans les Cantons de l’Est à Gemmenich.

Les trois frontières Pierre Roiseux

Le défilé des Portes Drapeaux dans les rues de La Calamine (c) Eric de Wallens www.objectifmag.be

C’est au-dessus de cette colline de 332 mètres d’altitude, qu’une stèle a été érigée en souvenir du premier Volontaire de guerre Belge Pierre Roiseux tué face à l’ennemi, il est mort le 25 décembre 1944 à l’âge de 20 ans en sautant sur une mine. Ce monument nous le devons à ses parents, Pierre faisait partie du 6ème Bataillon de Fusiliers, rattaché au VIIème Corps de la 1ère Armée U.S. pour lui la guerre s’est arrêté ici, mais son Bataillon a participé à la campagne d’Allemagne, ils ont été jusque Leipzig, l’endroit même de la jonction avec les troupes de l’U.R.S.S. Nous leurs devons aussi la libération du camp de concentration de Dora.

Les trois frontières Pierre Roiseux

Monsieur le Ministre-Président de la Communauté Germanophone Oliver Paasch (c) Eric de Wallens www.objectifmag.be

Cette journée a réuni plus de 80 portes drapeaux, dont les deux plus jeunes de Belgique, ils ont 15 ans, l’une s’appelle Marie Beeckmans et porte fièrement les couleurs de l’UFAC (l’Union des Fraternelles d’Anciens Combattants) et l’autre c’est Guillaume Vander Vorst, son drapeau est celui du 4ème Bataillon de Fusiliers. De Gemmenich à la Calamine, il n’y a que 8 minutes, c’est en voiture que nos portes drapeaux font la route pour assister à la deuxième partie de la cérémonie qui était comme d’habitude entre coupé de discours et de dépôt de fleurs. Qui était présent ce jour-là, cela serait trop long à tous les nommés, retenons en quelques-uns, Monsieur François Roberti-Linterman, Président du 4ème Bataillon de Fusiliers, Monsieur Henri Tayman, le Secrétaire du bataillon, Monsieur Gilbert Beeckmans, Président de l’UFAC, Monsieur Gaston Schroeder du 34ème Bataillon de Fusiliers et organisateur de la journée. N’oublions pas non plus les autorités civiles avec Monsieur le Ministre-Président de la Communauté Germanophone, Olivier Paasch, Messieurs les Bourgmestres de La Calamine et de Plombière, Louis Goebbels et Thierry Winner suivit par les Echevins.

Eric de Wallens.

Ce 4 août 1914, les Allemands rentrent en Belgique !

L'invasion de la Belgique

La Comtesse Sophie Chotek et l’Archiduc François-Ferdinand

Pour les plus jeunes d’entre nous qui ne le savent pas encore, la Première Guerre Mondiale, est appelée aussi, la « Grande Guerre » par le fait qu’elle a engagé dans son sillage de nombreux pays et que de nombreux militaires y ont combattu, ont été blessés ou tués. A l’origine de cette guerre,  un assassinat le 28 juin 1914, ce jour-là l’héritier de l’Empire austro-hongrois, l’Archiduc Francois-Ferdinant et sa femme, la Comtesse Sophie Chotek ont été tués à Sarajevo par le nationaliste Gavrilo Princip, membre du groupe « Jeune Bosnie ».

L'invasion de la Belgique

Gavrilo Princip

Vous allez me dire : « comment l’assassinat de deux personnes, même de haut rang, peut entraîner notre bonne vieille terre dans une Guerre Mondiale ? » C’est simple, enfin … à raconter, cette tuerie n’a rien fait pour arranger l’entente entre l’Empire austro-hongrois et le Royaume de Serbie. Sans rentrer dans le détail, cet événement déclencha toute une série d’alliances et autres ententes entre les autres pays et impliqua de ce fait toutes ces Nations dans la Guerre. Il faut savoir aussi qu’a cette époque, plusieurs d’entre eux étaient des empires importants possédant des Colonies sur divers continents.

L'invasion de la Belgique

Le monument en mémoire du Cavalier Fonck à Thimister, en Belgique (c) Eric de Wallens www.objectifmag.be

Il est étonnant de noter que nos dirigeants de l’époque, comme aujourd’hui encore dans les familles Royales étaient tous cousins de près, ou par alliance. Notre Royaume de Belgique était un pays neutre et fut entraîné malgré elle dans cette Guerre par la violation de notre territoire le 4 août 1914 à 08h02 à Gemmenich, environ à 50 kilomètres de Liège. L’Armée Belge n’était pas réellement bien entraînée et équipée, surtout face à une Allemagne déterminée et à la pointe de l’équipement de l’époque. 28 minutes plus tard, le premier de nos soldats était tué, il s’appelait Antoine Fonck, Cavalier Brigadier au 2ème Lanciers

L'invasion de la Belgique

Tombes Allemandes au cimetière de Aachen. Eric de Wallens(c)www.objectifmag.be

Ce Brigadier avait trois ans d’armée et était en patrouille, le 4 août 1914 vers 07h30 avec 4 autres de ses collègues aux environs de la Route Charlemagne (N3) à Thimister-Clermont, toute proche de la frontière Allemande.
Ils ont pour mission de reconnaître cette région afin de voir si les Allemands respectent la neutralité de la Belgique. En effet, le Roi Albert Ier venait de refuser l’ultimatum Allemand demandant le libre passage de notre territoire par leur armée. Le Général Otto von Emmich a mit son 10ème Corps d’Armée dans les environs de Aachen (Aix-la-Chapelle). Le premier Uhlan vien d’entrer en Belgique. A quelques kilomètres de là, Antoine Fonck traverse un pont de chemin de fer, qui vient juste d’être miné par les pionniers Belges. Un peu plus loin, un fermier renseigne à notre cavalier que les Allemands approchent, Antoine décide de les attendre, il descend de son cheval  pour prendre une position de tir confortable et dès qu’il aperçoit les Uhlans,  il tire, un soldat du Kaiser tombe.
Après son acte héroïque, le Brigadier Fonck remonte sur son cheval et part au galop en direction du pont. Il n’y arrivera jamais, il vient d’être touché au cou par une balle Allemande. Il est environ 10h00. (Depuis ce jour, la devise du 2L est : Meurs premier comme devant).

L'invasion de la Belgique

La carte du plan Schlieffen

L'invasion de la Belgique

Les Généraux Schlieffen et von Molkte

nous faire, malgré la bravoure de nos gars, il eut été difficile de retenir ce défCette avant garde Allemande était à la tête de trois armées totalisant 600.000 hommes, c’est aux environs de 5 fois plus d’effectifs que notre armée qui comptait 117.000 soldats. Nous avions un Roi, un drapeau, un pays à défendre et pour un jeune de 1914, ce sont des valeurs importantes. Mais que pouvions nous faire, malgré la bravoure de nos gars, il eut été difficile de retenir ce déferlement. Mais jamais nous n’avons capitulé !

L’Armée du Kaiser est commandé par un ancien de 1870, le Général Helmut von Moltke,66 ans, il mit en œuvre un plan datant de 1894, le « plan Schlieffen », (C’est le nom d’un ancien Général d’Etat-Major).

En résumé, l’idée de celui-ci était de combattre sur deux fronts, l’un Russe et l’autre Français. Afin d’éviter des fortifications naturelles ou artificielles dans les Ardennes Françaises et dans les Vosges, il devrait faire pivoter les armées autour des Ardennes avec une offensive principale en Belgique. Mais le Général von Moltke n’a pas le courage.

Photographe et reportage: Myriam et Eric de Wallens (c)
Crédit illustration: Archives OM
Carte: Google.