Le THOPHEE ANDROS 2016 à Lans-en-Vercors

Toomas Heikkinen et Kim Vatanen // HvZ(c)

Toomas Heikkinen et Kim Vatanen // HvZ(c)

En janvier 2015, j’y avais remarqué un jeune concurrent très prometteur pour l’avenir du sport automobile : Toomas Heikkinen surnommé Topi. J’ai donc décidé, ce 23 janvier  2016, de l’interviewer quelques minutes. Ce fut la plus agréable rencontre de la soirée !

Sur le circuit du TROPHEE ANDROS 2016, à Lans-en-Vercors, en France, la Finlande était fort bien représentée…

Finlandais, comme l’est le célèbre Ari Vatanen1, héros des circuits automobiles de1970 à 2007, devenu  député européen pour la Finlande, puis pour la France, Toomas Heikkinen parle couramment l’anglais mais pas le français, quant à moi, c’est l’inverse. Il nous a donc fallu un interprète ; et, oh ! surprise, ce fut le fils aîné d’Ari Vatanen, Kim, qui comme son frère Marck, ont suivi les traces de leur père et sont également d’excellents pilotes de courses. L’accueil fut plus que chaleureux !  Kim Vatanen m’a emmenée vers une table où Toomas Heikkinen nous a rejoints :

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H : L’an dernier, j’avais repéré Toomas Heikkinen sur ce circuit de glace, au milieu de tous les français qui sont majoritaires ; il me semble très prometteur en tout cas, et est devenu mon préféré sur le Trophée Andros, voudriez-vous bien me le présenter ?
KV : Toomas a commencé vraiment à conduire à l’âge de six ans avec du karting, comme beaucoup de coureurs ; il en a fait de 2003 à 2007, pour bien se familiariser avec la conduite. A cet âge-là, il n’avait pas besoin de permis de conduire et il prouvait déjà son habileté de conduite et sa détermination à gagner. Il est très volontaire aussi. Mais sa carrière de pilote de circuit a démarré en 2008, il a participé à sept courses en un an sur voitures Renault. A partir de 2010, Topi a commencé à faire du Rallycross en championnat d’Europe et puis aux Etats-Unis où il a gagné cinq courses d’affilées ; pour moi, si je peux me permettre de le dire, il était une classe au-dessus des autres. Dès que le championnat du monde a été créé en Europe, en 2014, Topi y est revenu participer ; il a remporté la place de vice-champion de Rallycross. En 2015, malgré pas mal de soucis avec sa voiture et un accident, il a gagné une course en Belgique, à Mettet5 ; il a été deuxième au Canada. Il a participé aussi sur les circuits d’Allemagne, du Brésil, du Portugal, et de Turquie. Cela fait deux ans qu’il participe aux sept étapes du Trophée Andros : Val Thorens, Andorra (où il a remporté la 1ère place en 2016), Alpe d’Huez, Isola 2000 Alpes Maritimes (il y a été 3ème en 2014-2015), ici à Lans-en-Vercors, Clermont Superbesse et Saint Dié des Vosges.

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H : je vous ai pris déjà beaucoup de temps, je vais vous laisser tous les deux…
KV : Non, non, si vous avez encore des questions, il n’y a pas de soucis, Topi et moi sommes heureux de vous rencontrer…
H : d’où est originaire Toomas Heikkinen ? Quel âge a-t-il ?
KV : Toomas est né en Finlande, à Joenssu, le 27 mars 1991. C’est dans l’est du pays, en Carélie2, à la frontière Russe. D’ailleurs, mon père Ari Vatanen vient d’un petit village, Tuupovaara, qui n’est pas loin du tout de là, en Carélie du Nord, il y a de très bons pilotes ! A 24 ans il a déjà un palmarès imposant.
H : Combien de courses fera-t-il encore cette année ?
KV : il reste encore deux courses pour le Trophée Andros. Après il y aura les championnats de Rallycross qui commence au mois de mai au nord du Portugal, à Montalegre, il y a douze épreuves dans ce championnat du monde. Après il y aura Hockenheim en Allemagne, Mettet en Belgique où il a déjà remporté deux fois le « Mettet RX WORDL RX », puis en Angleterre…..je ne sais plus les autres.
H : Participera-t-il au Trophée Andros l’an prochain ?
KV : oui, ce n’est que la deuxième saison, le but c’est d’être là pendant un long terme ; c’est aussi la deuxième saison qu’il est pilote officiel chez Mazda, je pense et j’espère que l’on sera encore toujours là avec Mazda.
H : que pense-t-il du circuit du Trophée Andros à Lans-en-Vercors ?
A cette question, Topi a longuement répondu en finlandais à Kim.
KV : je vais essayer de me souvenir de tout ce qu’il a dit : il trouve que c’est un super circuit, même si les concurrents sont tous des français, c’est en France, mais le niveau est très élevé, très haut, et il y a vraiment des équipes très professionnelles et des pilotes très pointus qui sont là et il trouve que c’est l’endroit parfait pour lui passer l’hiver à participer aux sept courses du Trophée Andros.

En fait, Topi regrette d’être le seul concurrent non français.

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Au lieu de « quelques minutes » je suis restée trois quarts d’heure inoubliables, au stand Mazda nous avons bavardé à bâton rompu et ce fut un régal pour moi, un enchantement de gentillesse, de prévenance, de disponibilité de la part de ces deux pilotes finlandais, de passage en Vercors. Cela m’a évidemment charmée et changée de l’accueil indifférent de certains stands français.

Pour cette cinquième étape « 2016 » un pilote, déjà remarqué l’an dernier, Franck Lagorce, s’est imposé lors des manches du vendredi et du samedi, ce qui a bousculé le classement général ; il n’était plus qu’à quinze points de Jean-Baptiste Dubourg. Jean-Pierre Pernaut était absent, pour cause  « d’accident de jardinage », m’a-t-on dit, tandis que son fils, Olivier, a fait un tête à queue magistral faisant crier de stupeur quelques spectateurs. Je n’ai pas eu l’autorisation de l’interviewer dans son stand, tant pis ! En cliquant sur les liens, ci-dessous, vous pourrez vous remémorer ces instants, ou les visionner une première fois3 et 4.

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Les spectateurs étaient plus nombreux qu’en 2015 ; ce fut un énorme succès dont le promoteur de cet évènement, au sein du CML (circuit des Montagnes de Lans), Norbert Ingold, a certainement des raisons d’en être fier cette année, plus que les précédentes : le Trophée Andros a déplacé, outre le millier de personnes du personnel, en majorité bénévoles, cinq mille visiteurs sur le Vercors dont quatre mille ont « nuitées » entre ce village et Corrençon, en trois jours ! Beaucoup était en famille, avec leurs enfants de tous âges et les grands n’étaient pas les premiers à vouloir visiter l’espace, voir les voitures, les motos et les concurrents : « c’est la première fois que je viens et c’est magique » m’a dit Luc, un « grand » de six ans, installé sur le dos de son Papa, « je veux revenir l’année prochaine »… Malgré le froid et la gadoue un peu partout y compris sur le circuit, qui rendait le parcours plus problématique, l’ambiance des deux soirées a été très chaleureuse et une bonne humeur générale régnait sur tout l’espace. A la buvette extérieur où les visiteurs pouvaient commander des boissons chaudes et des petites collations, « ce fut du délire, nos réserves ont été épuisés, le samedi soir, avant la fermeture… » m’a dit un des bénévoles ; tandis que Christian, aux manettes de la cuisine du restaurant, m’a énuméré tous les services sur les deux jours : « près du millier de repas ont été servis midi et soir, plus qu’en 2015 » ! Il quittait le site, entre 2 et 3 heures du matin, épuisé pour une bonne cause, celle d’avoir restauré autant de monde. Des anecdotes, il en a plein en mémoire depuis vingt-sept ans, dont celle-ci : « une année qu’Yvan Muller concourait pour l’écurie Mercedes, celle-ci n’avait pas été en mesure de sustenter son équipe, « Les Fines agapes du Vercors » que Christian dirigeait à l’époque, s’en étaient chargées… et Muller avait gagné la course ; d’où la plaisanterie sur le site qu’il avait gagné grâce aux bons repas servis. Ce qui fut encore le cas l’année suivante ». En fait, Yvan Muller a dominé ces courses pendant dix ans.

A la buvette des bénévoles,  j’ai aussi rencontré, Isabelle venue se réchauffer devant une tasse de café ; elle est passée des courses en rallye avec son mari au poste de Commissaire de piste au Trophée Andros, à cause d’une maladie orpheline rare, celle des « os de verre » : « c’est la quatrième année que je suis bénévole au Trophée Andros, les courses automobiles sont ma passion et j’oublie cette fichue maladie devant laquelle le Corps Médical est désarmé. Je suis très entourée par ma famille et mes amis, je sais que cette maladie est inexorable, mais avant qu’elle ne m’abatte je me défoule dans un milieu que j’aime »… C’est aussi une leçon de courage devant l’adversité…

Henrianne van Zurpele © le 11 février 2016 – pour objectifmag.be

1 Ari Vatanen
2 Fondée en 1848 par le Tsar Nicolas 1er de Russie ; c’est une cité d’étudiants qui est aussi la « capitale forestière de l’Europe » où se trouve l’Institut Européen de la Forest.
3 Trophee Andross 2016
4 Double victoire pour Franck Lagorce
5 Vidéo

 

LE TROPHEE ANDROSS 2016 DE RETOUR A LANS EN VERCORS1

2016 01 TROPHEE ANDROSS JPPERNAUT2016Vertement critiqué2 par certains, en 2015, mais bien accueilli  par le nouveau Maire de Lans-en-Vercors, Michaël Kraemer, ce célèbre Trophée sera, pour la 27ème fois, de retour les vendredi 22 et samedi 23 janvier 2016, pour la plus grande joie des passionnés et des nombreux spectateurs qui ne manqueront pas d’y venir à pieds, à cheval, en charrettes, en trottinettes, en patins à roulettes et en chevaux à vapeur. Quant à moi, j’y grimperai sur le dos d’un loup, déjà réservé, ayant quatre forêts à traverser.

« Dès ma nomination au poste de Maire de Lans-en-Vercors3, en mai 2014, j’ai décidé de choisir entre deux manifestations » m’a dit le Maire, au mois de juin suivant, « celle de l’Hadra Trance Festival dont la réputation était devenue exécrable du fait du comportement de certains adeptes et aux deux derniers décès, donc indésirable par la population et surtout par les agriculteurs, et le Trophée Andross, très estimé en Europe dont en France ». 

Pour ceux qui ne connaissent pas les lieux, venant de Grenoble, après avoir traversé le village, il faut grimper sur les hauteurs de Lans-en Vercors, à 1.420 m, par une très jolie et impressionnante route enneigée (avec un peu de chance, cette année). Elle l’est encore plus au printemps quand la nature se réveille, et en  automne grâce à la couleur rousse des feuillus. En fait, c’est le cas pour tous les villages du Vercors ou les arbres sont les rois des montagnes.

Le tracé technique de « l’Andross » est de 800m de long et 10m de large ; les épreuves sur glace se déroulent en nocturne, uniquement. Dans l’édito du programme, Max Mamers écrit : « La force du Trophée Andross, c’est le fruit de sa capacité à se renouveler ; en effet la plus grande course sur glace du monde (depuis 1990) a donné naissance à la première course 100 % électrique (depuis 2009) ».

La marraine 2016 est Laury Thilleman, ex Miss France 2011 et journaliste sportive sur Eurosport. Bien entendu, Jean-Pierre Pernaut (pour la 11ème fois) et son fils Olivier seront participants. Ce dernier, en 2015, a été champion de France des circuits FFSA GT.

Henrianne van Zurpele ©  le 6 janvier 2016 pour www.initiatives-vercors.fr et www.objectifmag.be

1)https://fr.wikipedia.org/wiki/Lans-en-Vercors

2) http://www.initiatives-vercors.fr/Tribune-Le-Trophee-Andros-a-t-il

3) http://www.france-voyage.com/villes-villages/lans-en-vercors-13203.htm

Recettes de fin d’année

cuisine01Voici trois recettes pour terminer cette année 2015 plus que morose, triste même, quant à la Paix que beaucoup de pays ne connaissent pas ou plus, même en Europe. Comme les rêves ne sont pas encore interdits, espérons qu’elle revienne ou arrive partout dans le monde en cette veille de fête universelle pour les catholiques à qui « tous » les autres ne devraient pas manquer de s’unir, ne fusse que par gourmandise….

Voici, toute simple et peu coûteuse, une BÛCHE DE NOËL :

L’origine de ce gâteau en forme de bûche remonte au Moyen Âge ; il rappelle les bûches de bois que l’on a, de tout temps, mises dans l’âtre d’un logement, pour se réchauffer.

Au fil des siècles, ce gâteau est devenu traditionnel en Belgique, en France, au Liban, au Nouveau-Brunswick (Canada), au Québec, au Vietnam, et généralement dans les pays francophones, même en Afrique et dans les îles, le repas de Noël se termine en la dégustant.

 Il en existe différentes, non glacées, dont la base est un « biscuit » roulé préparé la veille, qui, le lendemain, peut être farci avec une crème aux noix, une crème aux marrons, une crème au chocolat, une crème au beurre vanillé, ou une crème au café ; le dessus recouvert (entièrement) avec la crème choisie et décoré avec des petits sujets de Noël que l’on trouve dans le commerce (ou chez le pâtissier-boulanger), ou que l’on crée et conserve précieusement d’année en année…

J’ai choisi la bûche au chocolat, couverte de noix et de petits sujets de Noël, pour 4 ou 6 personnes :

Ingrédients :

4 œufs

140 g de sucre en poudre (cristallisé S2)

125 g de farine

250 g de chocolat noir, qualité « dessert »

200 g de véritable beurre (si possible, ou alors de margarine)

5 noix coupées en 2

 

Préparation :

La veille : battre les 4 jaunes d’œuf, avec le sucre en poudre et 3 cuillères à soupe d’eau tiède, pour faire mousser ; ajouter, peu à peu, la farine. Quand c’est bien mélangé, incorporer délicatement les 4 blancs d’œuf montés en neige ferme. Dans un moule long et plat (rectangulaire) étendre la pâte sur 1 cm d’épaisseur, et faire cuire à four chaud (180°C – 10 à 15 minutes). Détacher et poser cette base du gâteau sur une serviette humide. Laisser refroidir jusqu’au lendemain, en le mettant à l’abri de la poussière…

Le lendemain matin : briser le chocolat, et le faire

fondre, doucement, au bain-marie.
Ajouter, à feu doux, le beurre mou. Bien mélanger. Etendre le mélange sur toute la surface du biscuit,puis le rouler sur lui-même. Mettre le reste du mélange beurre-chocolat sur toute la buche. Faire des dessins dessus avec une fourchette.
Mettre la bûche au frigo afin qu’elle refroidisse.
Au moment de la servir, décorez-la avec les petits sujets de Noël et les noix. Joyeuse fête de Noël !
Les deux recettes suivantes sont des confitures faites avec des fruits exotiques, que sont l’orange et l’ananas moralement réchauffant sous nos cieux hivernaux…

CONFITURE D’ORANGES

cuisine03Qu’elles soient amers ou douces les oranges sont originaires de Chine ; elles font parties de la grande famille des « agrumes » comme les pamplemousses et les citrons. Elles sont arrivées en Europe en deux temps : les amers, entre le XIè et le XIIIè siècle ; les douces au XVIè siècles. On en trouve dans tous les pays du monde, soit importées, à moins que les orangers aient pris racine, grâce aux pépins apportés par des voyageurs, comme en Afrique du Sud, en Sicile, en Espagne, au Chili, entre autres pays ensoleillés. Ce sont les anglais qui consomment le plus d’oranges amers et en font aussi de délicieuses confitures.

Voici une recette de confiture d’oranges douces – les pots doivent avoir un couvercle métallique.

Ingrédients :

2 kg d’oranges douces, juteuses, de préférence non traitées

2 kg 500 de sucre spécial pour confiture

1 grand verre d’eau fraîche

Préparation :

Bien laver et brosser les fruits.
Les peler finement et garder ces pelures dans une assiette.
Couper les fruits en fines rondelles, puis en lanières après avoir retiré les pépins.
Prendre les pelures et les couper aussi, en fines lanières ; les ébouillanter 15 minutes.
Dans une bassine à confiture, mettre les fruits et les lanières, les mélanger délicatement ; y ajouter le sucre et l’eau puis mélanger à nouveau.
Couvrir et laisser reposer 24 heures, dans un endroit frais.
Le lendemain, mettre à cuire environ 1 heure, jusqu’à ce que les lanières des écorces deviennent transparentes.
Mettre en pots, préalablement rincés à l’eau chaude ; bien les fermer et les retourner aussitôt pour la stérilisation. Au bout de 5 minutes, les mettre sur leur base et les laisser refroidir avant de les ranger.

CONFITURE D’ANANAS

cuisine02Ce fruit, très répandu dans le monde, est originaire d’Amérique du Sud.

Ingrédients :

3 grosses pommes (Golden)

1 kg de chair d’ananas (2 ou 3 fruits)

1 kg de sucre spécial pour confiture

1 grand verre d’eau fraîche

1 citron dont on extrait le jus

Préparation :

Eplucher l’ananas et le couper en petits morceaux, en supprimant le cœur ligneux ; récupérer le jus.
Peler les pommes et les couper en petits morceaux, après avoir enlevé le cœur et les pépins.
Verser le tout dans une bassine à confiture avec le jus du citron, le sucre et l’eau ; bien mélanger et laisser reposer 24 heures.
Le lendemain, mettre à cuire pendant 30 à 45 minutes.
Mettre en pots, préalablement rincés à l’eau chaude ; bien les fermer et les retourner aussitôt pour la stérilisation. Au bout de 5 minutes, les mettre sur leur base et les laisser refroidir avant de les ranger.

Bonnes tartines !

Bonne fin d’année 2015 et le meilleur possible pour 2016.

Hvz (c)

 

 

Villard-de-Lans, en France, dans le Vercors : un ou des vandales !?

Hans Silvester

Hans Silvester

FOCALES EN VERCORS est une rencontre annuelle de photographes, dans les montagnes du Vercors, dont le thème change chaque année. Elle fermera ses portes ce vendredi 5 juin. Si l’on gardera un très bon souvenir photographique de cette sixième rencontre, l’on n’oubliera certainement pas l’affront fait à Hans Silvester, le parrain 2015 : découper et voler la grande toile où figurait une de ses photos africaines, en plein centre du village.

Hans Silvester

La photo figurant sur la toile volée. Hans Silvester(c)

La retrouvera-t-on ? les voleurs, car un seul ne pouvait agir vite dans la nuit, seront-ils identifiés ? On en doute fortement. Les mobiles de cet acte peuvent être au nombre de quatre : le racisme (il règne ici comme ailleurs), l’agissement ou la commande d’un collectionneur, un pari « sportif » ou tout simplement la crétinerie d’individus sans scrupules. Quelle que soit la réponse, Villard-de-Lans et Focales en Vercors n’en sortiront pas indemnes.

Hans Silvester

Village africain. Hans Silvester(c)

Grand Monsieur de la photographie ethnographique, entre autres, porteur de profondes valeurs humanistes acquises aux cours des ans et de ces reportages, Hans Silvester avait fait l’honneur d’accepter de participer à cette exposition annuelle qui, d’années en années, prend de l’importance dans le domaine du visuel photographique. Né à Lörrach, en Allemagne le 2 octobre 1938, il a pris sa première photographie à 14 ans et n’a cessé de se perfectionner jusqu’à devenir grand reporter et être membre de l’agence Rapho en 1965. Il est l’auteur de nombreux livres contenant de magnifiques photographies prisent au cours de ces voyages en Afrique, mais aussi de chats ou chevaux pour lesquels il semble bien être aussi passionné. Il est titulaire de nombreux prix qui ont couronné son immense travail, dont le « Prix du plus beau livre photo de l’année 2006 » pour « Les peuples de l’Omo ».

Nul doute que l’organisateur, Christophe Sorin et Brigitte, la responsable du lieu, soient profondément désolés de cet acte inqualifiable.

 

Henrianne van Zurpele © – pour www.objectifmag.be –Le 2 juin 2015.

Crédits photographiques : Hans Silvester.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Hans_Silvester

LES « GRANDS PRIX » AUTOMOBILES dans le collimateur des soucieux de l’Environnement

tropheeandrosMalgré le fait qu’ils soient financièrement de bon rapport, y compris pour leur entourage, ils sont ou seront sommés, un jour ou l’autre, de se convertir à un autre combustible moins polluant… « Cela ne pourra pas se faire rapidement et de ce fait « on » ne pourra pas les interdire », m’a-t-on dit, avec force.

Bien évidemment, en matière de circuit automobile, il n’est question, en Belgique, que du prestigieux circuit de SPA-FRANCORCHAMPS1, presque centenaire. Dans les années 1950, à Léopoldville (Kinshasa – RDC), « Le Grand Prix Automobile de Léopoldville » fut organisé par des passionnés locaux. Dès le premier, en 1955 (m’a rappelé un ami survivant, comme moi), le public se pressa en nombre le long du parcours tracé en plein centre de la ville. Le circuit avait 2 km 400 et comportait 120 tours. En 1958, Paul Frère (1917-2008) avait battu le record à 116 km/heure de moyenne au volant de sa Ferrari ; accidenté, à huit tours de la fin,  il dût abandonner au profit de Pierre Berchem qui réalisa une excellente moyenne de 110 km/h avec sa Lotus d’un jaune flamboyant ! Il y a eu cinq GP ; les tristes évènements de 1960 y ont mis un arrêt prématuré et définitif.

Qui, dans le commun des mortels, se souvient de ces grands noms belges des courses automobiles, dont aussi, Olivier Gendebien (1924-1998), Lucien Bianchi (1934-1969), Thierry Boutsen (1957-), Alain de Changy (1922-1994), Patrick Nève de Mévergnies (1949-), André (1918-1993) et Teddy (1942-) Pilette, Jacky Ickx (1945-) et tant d’autres belges pilotes d’automobiles de courses, dont certains furent plusieurs fois champions ??

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Jean-Pierre Pernaud en pleine action. Photo(c)hvz

En France, depuis 25 ans, existe un petit jeune mais néanmoins très estimé : le TROPHEE ANDROS qui, à l’inverse des autres courses, a lieu sur la glace en divers coins du pays ; «une épreuve incontournable, esthétique et innovante » dit et écrit volontiers Max Mamers, ancien champion automobile français transformé en organisateur, très compétent, d’évènements sportifs et  même culturels.

Cet évènement annuel de l’automobile, devenu célèbre et très festif, a lieu, outre à Andorra,  dans plusieurs  lieux montagnards de France : Val Thorens,  Alpe d’Huez, Isola 2000/Alpes Maritimes, Clermont/Superbesse, Saint Dié des Vosges et sur le circuit des Montagnes de Lans, à l’entrée du Parc du Vercors, où il a eu lieu, les 16 et 17 janvier dernier, pour la vingt cinquième fois. Il s’est également « promené » à Sherbrooke, au Québec.

Un peu de son histoire :

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Voiture électrique. Photo(c)hvz

 

Le Trophée Andros est une aventure menée, depuis trente ans, par deux amis, passionnés dans tout ce qu’ils entreprennent : Frédéric Gervoson, Président de la société Andros (les confitures, compotes et autres délices) et Max Mamers,4,5. Leur soucis, bien avant d’autres organisateurs de courses automobiles, est de respecter l’environnement de la meilleure manière possible, voire absolue à Lans en Vercors, comme dans les autres lieux de France. Cela ne date pas d’hier. En 2009, Max Mamers a inauguré, dans la ville de Pau, la première course mondiale de vitesse, cent pour cent électrique ; depuis, elle fait partie du Trophée Andros. Ces voitures électriques  résultent des « Andros Cars » créés par la société Exagon Engineering4. Etant en balbutiement électrique, toutes les catégories de voitures de courses ou de motos sont loin d’être modifiées.

Nombreux sont ceux qui ont participés à l’Andros, tels Yvan Muller (champion de 1996 à 2006), Luc Alphand, Paul Belmondo, Anthony Beltoise, Jean-Pierre Beltoise, Alain Prost, Ari Vatanen…la liste est longue, y compris féminine. Au 1er décembre 2014, deux cent cinquante et une courses avaient été disputées, dont vingt-quatre à Lans-en-Vercors. Elles ont été suivies par un nombre croissant de public passionné ou simplement curieux, grands et petits. L’arrivée du Trophée Andros est attendue d’une année à l’autre, où qu’il ait lieu. C’est donc bien un événement pérennant à Lans en Vercors comme ailleurs.

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Une boucle du circuit Andros. Photo(c)hvz

Par passion, beaucoup de bénévoles  accourent de toute la France sur les sites du Trophée Andros afin de partager, dans une bonne ambiance, les différentes tâches inhérentes à ces organisations, allant de la billetterie, des postes de contrôle, des buvettes, aux cuistots, en passant par  les techniciens divers, telles l’ASA St-Marcellinoise (Association Syndicale Autorisée) et celle de Montélimar ; sans compter, tous aussi sympathiques les uns que les autres, les secouristes, dont deux médecins urgentistes, la Police municipale, les gendarmes, les commissaires de piste, et j’en passe. Ainsi, Sylvie, chronomètrice durant quelques années : « je suis sur l’Andros depuis deux ans et j’espère bien revenir au prochain, à Lans, car j’apprécie l’ambiance et le merveilleux paysage au milieu duquel il a lieu. Mon métier, m’a permis de découvrir la France, je ne connaissais pas le Vercors et le peu que j’en ai vu m’a décidée à y revenir cet été » ; Mélanie qui, depuis deux ans, vient de la région parisienne « avec le plus grand des plaisirs », ou Charlotte « j’habite en Grésivaudan et je participe, en tant que bénévole, à l’Andros depuis quatorze ans, au début j’étais à la buvette extérieure et, malgré le monde à servir, j’étais complètement glacée… ». Outre le grand espace mobile réservé à la presse, il y avait : celui concernant les VIP, le paddock, couvert, pour les concurrents hommes et femmes avec leur bolide et les mécaniciens, la grande tente qui abritait les douze motards dont Vivien Gonet, le camion hébergeant la « Boutique » hivernale fort bien achalandée, la buvette extérieure avec ses boissons chaudes destinées au public, tenue par les « Amis des Coulmes » (région de ski faisant partie de Rencurel (un ilot vercorien sauvage, retiré du monde, où le calme règne en maître), un « point d’accueil » où, tour à tour, les bénévoles pouvaient se réchauffer autour d’un bon café ou d’une excellente soupe, un grand « restaurant de campagne » où Christian et son équipe ont préparé et servi 750 repas succulents en deux jours d’activité intense, tandis que sur la piste résonnaient les grondements des moteurs, les crissements des roues mordant la glace du circuit et les vrombissements des motos de l’AMV CUP (anciennement le Pilot Bike) bloquées sur la ligne de départ. Vers 22 h 55’, leur course a dû être arrêtée quelques minutes, du fait, malheureusement, de chutes et d’évacuations du circuit. Ce sont souvent les jambes et les genoux qui sont en forte souffrance.

Trente-trois pilotes y ont participé, dont le très connu présentateur du Journal de 13h, de TF1, Jean-Pierre Pernaut présent sur le site depuis dix ans, ainsi que son fils Olivier, Oliv pour les intimes ; onze femmes au volant de Sprint Car et douze motards qui, en fin de course, s’adonnèrent à de spectaculaires avancées sur leur roue arrière… Aurélien Panis, Vincent Beltoise, Franck Lagorce (qui a fréquenté le circuit canadien de Sherbrooke)  avec sa jolie Andros à croquer, Louis Gervoson, J.P. Dayraut, le grenoblois Olivier Panis, le finlandais Tooma Heikkinen, Bérénice Demoustier, Marlène Broggi, les russes Vasily et Nikolay Gryazin, comme Jessica Gustin, Marine Mercier, Elisa Chevillon au volant de leur Sprint Cars aux couleurs chatoyantes et j’en passe ne pouvant les citer tous, hélas3,6. Pour l’ERDF Trophée Andros Electrique était invité Eric Hélary qui, en 1993, avait remporté les 24 heures du Mans. L’AMV CUP avait convié Antoine Méo , quatre fois champion du monde d’enduro entre 2010 et 2013 ainsi que Vincent Philippe, octuple champion du monde d’endurance moto et sept fois au Bol d’Or, entre 1992 et 2014.

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Jean-Pierre Pernaut. Photo(c)hvz

Jean-Pierre Pernaut m’a gentiment accordé deux minutes avant de rejoindre son stand : «… C’est la dixième fois que je viens à Lans en Vercors pour le Trophée Andros, c’est ma dixième saison, c’est mon fils aîné pilote professionnel qui m’a entraîné et puis je suis pilote aussi donc je m’amuse, je me détends deux mois dans l’année, les week-end dans la neige et dans la glace et j’adore cela…. » Et « cela » vous maintien en forme pour la TV … « … bien il paraît, regardez, vous aussi êtes en forme, quand on habite à la montagne, cela aide à bouger un peu, cela détend surtout la tête, et puis à l’intérieur d’un casque on n’est plus présentateur à télé, on est un pilote parmi d’autres, un petit amateur qui essaie de progresser… » et votre fils participe à l’Andros, depuis quand ? « Ah, lui est là depuis onze ans et puis c’est lui qui m’a emmené au Trophée Andros, il est parmi les meilleurs du Trophée, dans les dix premiers, moi je suis derrière, dans les amateurs, dans la deuxième catégorie mais Olivier est un pilote qui fait de la course toute l’année, dans d’autres catégories comme la Fun Cup, la Racecar, la GTI… enfin plein de compétitions…bon je vous laisse, on m’appelle.. ». A grandes enjambées, il a rejoint son stand. Un peu plus tard, lancé à pleine vitesse sur la piste, Jean-Pierre Pernaut a heurté un rocher (m’a-t-on dit) et leur DS3 s’en est tirée moins bien que son conducteur qui a été quitte pour plus de peur que de mal. Le tour de force a été mené par les mécaniciens de Saintéloc qui ont réparé la voiture en une heure, permettant ainsi au père et au fils Pernaut de participer aux finales. Olivier s’est placé 10ème, devant Béroujon et Fontanel dans la course 2, Elite 1. Il devrait participer au Grand Prix de Spa-Francorchamp…

ANDROS Chars romains ARCHIVES scolaires HvZ

Char Romain. Archive hvz

Vingt-cinq ans après l’installation du Trophée Andros à Lans en Vercors, alors qu’il est connu dans le monde entier des courses automobiles diverses,  Madame Catherine Brette (EELV Isère), Présidente du Parc Régional du Vercors depuis le 7 juin 2014 s’oppose à la continuité du Trophée Andros à l’entrée du Parc Régional Naturel du Vercors : « ce type de course automobile n’a pas sa place dans le Vercors, parce que pas compatible avec la Charte du Parc » ! Sous entendu : il pollue. C’est bien évident  qu’un tel avis cause des remous sur le circuit et même plus loin car on y tient à ce Trophée3 à Lans-en-Vercors !  C’est dit sans réfléchir aux conséquences désastreuses pour les commerces des villages de Lans à Corrençon qui souffrent du manque d’enneigement chronique et, en opposition, sans penser aux dégâts causés à la nature par les divers aménagements anarchiques effectués dans le Vercors depuis vingt-cinq ans. Sans doute, dans ce petit village, d’aucuns voudraient instaurer des courses de char, telles que celles de l’antiquité et, de préférence, illuminées au moyen de torchères munies de flambeaux… Une polémique est lancée à Lans-en-Vercors.

Henrianne van Zurpele pour www.objectifmag.be – ce 1er mars 2015

  1. http://www.spa-francorchamps.be/fr/http://www.spa-francorchamps.be/fr/
  2. http://www.objectifmag.be/le-trophee-andros-evenement-festif-francais-de-lautomobile/
  3. www.trpheeandros.com pour connaître les noms de tous les concurrents et les résultats 2015.
  4. http://www.2mo.fr
  5. http://www.sudouest.fr/2013/05/02/100-bleu-electrique-1041762-706.php

6. http://www.meltyxtrem.fr/trophee-andros-2015-victoire-d-olivier-panis-et-benjamin-riviere-a-lans-en-vercors-a372358.html

Le TROPHEE ANDROS, évènement festif français de l’automobile

tropheeandrosLe TROPHEE ANDROS, évènement festif français de l’automobile a une longue histoire ; ce célèbre circuit des Montagnes de Lans est à ne pas manquer !
C’est au mois de janvier 1972 qu’est émise l’idée de création d’un concours national de conduite sur glace, dans la station de sport d’hiver de Serre Chevalier par le président de la Fédération française du sport automobile, de l’époque, Bernard Consten (mars 1968).
C’est en 1985 que « nait » le Trophée Andros, à l’occasion d’une rencontre entre Max Mamers, champion de France de rallycross en 1982 et 1983, et Frédéric Gervoson, président de la société Andros : deux passionnés d’automobile. Plusieurs courses hivernales de courses sur glace auront lieu dans des stations françaises de ski.

Le 27 janvier 1990, s’est déroulée la première épreuve du Trophée Andros, à Serre Chevalier ; celle qui va avoir lieu à Lans-en-Vercors, les 16 et 17 janvier prochain, sera la 26ème.
Nous vous en présentons le programme :
Trente pilotes y participerons, dont le très connu présentateur du Journal de 13h, sur TF1, Jean-Pierre Pernaut qui y vient depuis dix ans,  mais aussi douze motards, douze femmes, douze pilotes de voitures, sans oublier les Sprint cars

Pour en savoir plus:

http://www.tropheeandros.com/

Henrianne van Zurpele(c)

Au sujet de l’Europe

drapeaueuropeDimanche prochain, 25 mai 2014, tous les peuples de l’Europe seront invités à aller voter pour désigner leurs représentants au sein du Parlement de leur Continent. Ce n’est pas un article de politique que je vous invite à lire, mais un court rappel de l’Histoire et le récit d’un projet immense et généreux mené par un seul homme, en 1922.

Les territoires qui constituent la base de l’Europe ont été, pendant des décennies, convoités par des chefs de guerres avides de pouvoir, tels, entre autres, les romains en France, les arabes en Espagne et en France jusque Poitier, les espagnols, les autrichiens, les hollandais et les français en Belgique, les turcs en Hongrie, sans compter les révolutions internes, les conquêtes napoléoniennes…1789, 1802, 1803 la France contre l’Angleterre, 1815, 1870-1871 la France contre la Prusse, quelques dates, sorties au hasard de ma mémoire, qui ont fait des millions de morts civils et militaires avant que n’arrivent les encore plus terribles guerres de 1914-1918 et 1940-1945. Plus terribles, du fait des armements de plus en plus modernes, des machines à tuer et détruire au maximum. Pourquoi ??
On commémore actuellement le centenaire de la guerre 1914-1918 ; pendant quatre ans ? Ce sont les années de la première guerre mondiale, dite aussi la guerre « totale », déclenchée par l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand, héritier du trône d’Autriche-Hongrie et de son épouse. En une minute, quatre enfants furent orphelins. Beaucoup de tensions, dues à des contentieux antérieurs, accumulés en Europe, ont provoqué cet acte ignoble d’un bosniaque nationaliste qui déclencha ce conflit. Plus de soixante millions de soldats de tous pays, même d’Afrique subsaharienne, des Etats Unis d’Amérique du Nord et du Canada y ont participé. Neuf millions de personnes sont décédées, vingt millions ont été blessées. L’ennemi principal fut l’Allemagne. Cette guerre est aussi la cause de profonds changements dans toute l’Europe.

Certains intellectuels ont, depuis longtemps, émis leurs pensées profondes de rapprochement des nations européennes pour garantir leur paix. Déjà en 1848, dans son « Manifeste à l’Europe », Lamartine, poète français, écrivait : « Le monde et nous, nous voulons marcher à la fraternité et à la paix ». Victor Hugo, l’écrivain français réfugié à Bruxelles, envoyait le 4 Septembre 1869, aux « Congressistes de la Paix » réunis à Lausanne, une lettre dans laquelle il évoquait « la République fédérale européenne fondée en droit » ! Cette « idée » deviendra vite un mouvement d’où naîtra « La Ligue internationale de la paix et de la liberté » qui publia un journal au titre évocateur « Les Etats-Unis d’Europe ». Un espoir magnifique dont certains extrémistes de toutes régions européennes, encore actuellement, refusent d’entendre et d’accepter. Dans quels buts ??
Après le désastre de la « Grande guerre » de 1914-1918, un autrichien, le comte Richard Coudenhove-Kalergi,  reprend cette « idée » d’Europe Unie qui deviendra le but de sa vie. Dès le mois de Juillet 1922, il lance son premier manifeste demandant l’unité de l’Europe du Portugal à la Pologne. Il fut publié, en Autriche, à Wien,  dans la « Neue Freie Presse » et à Berlin dans la « Vossische Zeitung ». En 1924, il crée une revue mensuelle, « Paneuropa » dont le siège principal était en Suisse.

Né à Tokyo le 17 Novembre 1894, d’un père diplomate autrichien et d’une mère japonaise, le comte Richard Coudenhove-Kalergi mourut au mois de Juillet 1972, en Autriche. Il fut enterré à Gstaad, en Suisse, le 2 Août, auprès de son épouse et associée. Il a entrevu les premiers pas de l’Europe Unie. C’est lui aussi qui réalisa un de ses objectifs prioritaires : la réconciliation franco-allemande à Reims, en 1962, sous les présidences du Général de Gaulle, en France et de Konrad Adenauer en Allemagne.
A partir de 1925, cette même « Union » siégera dans les enceintes du Palais Impérial de Wien, où des locaux ont été mis à sa disposition par le Chancelier fédéral d’Autriche Ignaz Seipel.

En 1926, voulant organiser au-dessus de tout parti le « Mouvement Fédéraliste Européen », Richard Coudenhove-Kalergi émet son programme d’action en neuf points lors du premier Congrès de l’Union Paneuropéenne, à

CRÉATION

  1. de la confédération européenne, avec garantie réciproque de l’égalité, de la sécurité et de la souveraineté de tout Etat Européen ;
  2. d’une cour fédérale européenne pour régler tous les conflits entre Etats européens ;
  3. d’une alliance militaire européenne, avec une force aérienne commune pour garantir la paix et le désarmement équilatéral ;
  4. progressivement d’une Union Douanière européenne ;
  5. d’une monnaie européenne.
  6. La mise en valeur en commun des colonies des Etats européens.
  7. Le respect des civilisations nationales de tous les peuples de l’Europe, fondement de la communauté de culture de l’Europe.
  8. La protection de toutes les minorités nationales et religieuses de l’Europe, contre la dénationalisation et l’oppression.
  9. La collaboration de l’Europe avec d’autres groupes d’Etats dans le cadre d’une Société des Nations Universelle.

Aristide Briand, homme politique français, a présenté en 1929, son projet d’Union européenne devant la Société des Nations à Genève ;  il doit beaucoup à Coudenhove-Kalergi. C’est également Coudenhove-Kalergi qui a lancé l’idée en 1923 de réunir le charbon allemand et le minerai français, projet qui se concrétise en 1951 sous le nom de Communauté européenne du charbon et de l’acier.
Aristide Briand, fut nommé Président d’honneur du « Comité français en faveur de Paneuropa », en 1927. Il disait : « Il n’y a pas une paix de l’Europe et une paix de l’Amérique, il y a une paix du monde entier ».Dans l’Entre-deux-guerre, son message est compris  par de nombreux intellectuels, tels Einstein, Freud, Thomas Mann, Ortega y Gasset, Rougemont, ainsi que par un bon nombre de personnalités politiques comme Édouard Herriot, Konrad Adenauer, Robert Schuman, Jean Monet, Alcide De Gasperi, Winston Churchill.
Le 1er Octobre 1932, le comte Richard Coudenhove-Kalergi fonda l’UNION PANEUROPÉENNE quieut un immense succès à travers l’Europe. S.A.I.R. Otto von Habsburg, européen convaincu, en était encore président en 1991 tandis que Monsieur Vittorio Pons avait la charge de Secrétaire Général International.
Cette volonté d’union et de paix n’empêcha malheureusement pas la seconde guerre mondiale de 1940-1945. Elle fut déclarée par un homme qui s’était proclamé, en 1934, le Führer (guide) de l’Allemagne, Adolf Hitler. Le Parti national-socialiste des travailleurs allemands l’avait « poussé » au pouvoir ;  il entraina dans sa folie destructrice quasi toute une nation, la sienne, mais aussi presque toute l’Europe et l’Afrique. Pourtant, il avait connu les horreurs de la première guerre mondiale puisque, le 13 octobre 1918, il fut gravement gazé à l’ypérite près de Ypres, en Belgique, qui lui provoqua une importante et longue cécité. Pour lui, et d’autres, il y avait une revanche à prendre du fait de la défaite allemande de 1918. Sa paranoïa, sa psychose et sa folie ont entrainé dans le malheur, les drames, les horreurs d’une nouvelle guerre pour une cause perdue d’avance…

Cinquante millions d’hommes, de femmes et d’enfants ont perdu la vie, dont six millions de juifs…
Dès la deuxième guerre mondiale terminée, en 1946, Coudenhove-Kalergi revint en Europe des Etats-Unis d’Amérique, où il avait accepté une chaire, pour se remettre au service de la « cause européenne ». En soixante années, « Il padre dell’Europa », comme il fut surnommé, s’est fait connaître et apprécier du monde entier qu’il a parcouru en apôtre de l’Europe Unie. Conférencier captivant et émérite à travers les continents, le Comte Richard Coudenhove-Kalergi écrivit de nombreux livres, publiés en plusieurs langues. C’est également à lui que l’on doit le choix de l’hymne européen emprunté à Ludwig van Beethoven, qu’il fit chanter au premier Congrès Paneuropéen de Wien en 1926 ainsi qu’à tous ceux qui suivirent au fil des années. Cet « hymne à la Joie » a définitivement été adopté comme étant celui de l’Europe.

S.A.I.R. Otto von Habsburg, le Général de Gaulle et le Chancelier Konrad Adenauer ont toujours tenu en grande estime le comte Richard Coudenhove-Kalergi. Il reçu, le 18 Mai 1950, à Aachen, en Allemagne, le premier « Prix Charlemagne » des mains du Chancelier Konrad Adenauer qui affirma que « parmi les champions de l’idée européenne aucun n’était plus méritant et plus qualifié ».
En parlant de la création de l’Europe, les noms des hommes politiques français de Messieurs Jean Monet et Robert Schumann sont perpétuellement cités tandis que l’autrichien, Richard Coudenhove-Kalergi, l’initiateur de ce grand projet, est systématiquement oublié, gommé… Pourquoi ?
Par contre, le Japon lui a édifié une statue, à Tokyo, son nom a été donné à une rue au Grand Duché de Luxembourg, la Poste Autrichienne a émis un timbre à son effigie le 4 Novembre 1994 à l’occasion du centenaire de sa naissance ; rien n’a été fait, ni même proposé au sein du Parlement européen, qu’il soit à Strasbourg, en France, ou à Bruxelles, en Belgique… près du rond-point Schumann !

Si la majorité des européens sont bien au courant de l’organisation de l’Europe et de son importance vitale, il n’en est pas de même des français. Jamais le « pouvoir » de ce pays n’a fait l’effort de leur expliquer le fonctionnement de ses institutions, la nécessité criante de son existence. Les élections de 2009 en ont été une preuve flagrante avec les 59,5 % d’abstentions. Qu’en sera-t-il le 25 mai prochain ??

A chaque fois, les français font de ces importantes élections européennes une affaire franco-française, une continuation de leurs disputes politiciennes… Souvent, il est dit à la radio : «  … en France et en Europe… »… On ne peut oublier qu’en soixante-neuf ans, cette « Union Européenne » nous a évité d’autres guerres fratricides. Mais pas seulement, l’Europe accorde de nombreuses aides financières à un grand nombre de programmes et de projets pour l’éducation (dont Erasmus), la santé, la protection des consommateurs, la protection de l’environnement ou l’aide humanitaire. Plusieurs « Fonds » existent grâce à l’Europe, tels le Fonds européen de développement rural, le Fonds social européens, le Fonds de cohésion, le Fonds européen agricole pour le développement rural, le Fonds européens pour les affaires maritimes et la pêche…. Ce n’est qu’un aperçu rapide.

En Suisse, le vendredi 30 Juin 1978, à Lausanne, j’ai eu l’insigne honneur de participer, à l’attribution du « Prix Européen Coudenhove-Kalergi » à Monsieur Raymond Barre, premier ministre français. La cérémonie s’est déroulée au Palais de Beaulieu. Cette distinction, lui a été remise par Monsieur Edmond Giscard d’Estaing, de l’Institut, (le père du Président de la France (1974-1981), président du Comité Coudenhove-Kalergi et par l’Archiduc Otto von Habsburg. Elle lui fut conférée parce que « …au-dessus de toute lutte partisane, il contribue dynamiquement à la construction de l’Europe Unie… ». Monsieur Barre rappela la mémoire du comte Richard Coudenhove-Kalergi et termina son propos par une invite d’espoir « En ces temps difficiles et parfois sombres, puissions-nous trouver, dans l’idéal de l’Europe Unie, le ressort de notre action et la chance de notre avenir ». Ces temps difficiles… ont-ils changés depuis trente-six ans ? Pourtant l’Europe a avancé envers et contre tout, elle s’est agrandie, affirmée et a pris de l’importance aux yeux des autres continents.

Courageux démocrate et grand précurseur de l’Europe le comte Richard Coudenhove-Kalergi  disait : « le courage est la dernière arme que la Nature ait laissé contre les souffrances de la vie et de la mort ».
Il ne comprendrait pas ni n’accepterait que des peuples de l’Europe à qui il a apporté la Paix refusent d’aller voter en ces moments si difficiles pour tous.

Henrianne van Zurpele

Wien :

Mon gâteau au yaourt

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Hvz(c)

Mon gâteau au yaourt est sans huile et sans levure. Je me suis inspiré de la recette du gâteau au fromage de ma belle-fille, Myriam qui signait : Petit chef. Ne jetez pas vos yaourt dont la date est dépassée, ils restent bons encore un mois. J’en ai fait

:

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Hvz(c)

Je les ai mis dans un plat creux avec :
4 cuillères à soupe de crème épaisse,
4 cuillères à soupe de farine tamisée,
20 gr de Maïzena blanche, tamisée,
100 gr de sucre cristallisé,
60 gr de cassonade brune (Candico),
1 cuillère à café de Cannelle (facultatif),
3 œufs dont les 3 blancs seront battus en neige.

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Lorsque le tout a été bien mélangé, j’ai ajouté les blancs en neige, sans trop touiller.
Pensez à chauffer votre four à 180°.

 

 

 

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HvZ(c)

Dans un moule rond de 5 cm de haut j’ai installé une pâte brisée, faite maison, sans oublier de piquer légèrement le fond avec une fourchette, y ai versé le mélange.

 

 

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HvZ(c)

Cuire à 200° pendant 30 ou 40 minutes selon que votre four est au gaz, onde mixte.
Le gâteau sera moelleux et délicieux. Bonne dégustation.
Photos et recette ©

 

Le Musée de la poupée à Paris

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La porte d’entrée du Musee.
Musée de la poupée à Paris(c)

Avec ses plus de mille six cents poupées, voici un musée enchanteur, peut connu en France, ni dans les autres pays d’Europe et pourtant il mérite le détour ! Ouvert au mois de juin 1994, il est peu éloigné du Centre Georges Pompidou (Beaubourg) et, à choisir, il vaut mieux  garder un joli et tendre souvenir de sa journée que la vision de tuyaux et de « balourdises ». Ce Musée privé a le grand mérite d’exister et de survivre sans l’aide de l’Etat ni de sponsorts. Il ne vit que de ses entrées, de ses activités diverses dont les expertises de poupées, les identifications écrites et les réparations ainsi que des ventes de la Boutique. En y chinant, on y trouve bien sûr des poupées, mais aussi des ours, des chromos, des ouvrages, des textiles, des accessoires, de la mercerie et même du mobilier comme des « pièces » détachées… Annuellement, trente-cinq mille visiteurs en franchissent la porte.

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Une salle.
Le musée de la poupée à Paris (c)

Le mot « poupée » vient du latin, pupa qui se traduit par petite fille ; son histoire remonte à la nuit des temps puisque l’on en a trouvé, dans des tombeaux d’enfants égyptiens au vingtième siècle avant Jésus-Christ. Ce serait le premier jouet au monde ; il a évolué rapidement au fil des époques dans divers matériaux allant de la terre cuite, de l’os ou du bois au plastique en passant par l’ivoire la cire, le jade, les chiffons, le biscuit, la porcelaine, le papier mâché, le tissu, ou la celluloïd, et le rodoïd. Il a été découvert qu’au cinquième siècle avant J-C, il existait des figurines dont les membres étaient mobiles. Et leurs cheveux ?? si la tête était lisse, au début, ils furent sculptés dans certaines matières, tel le bois, puis, au court des temps, dessinés et colorés pour en venir à l’implantation de cheveux véritables ou faux, de toutes les couleurs, longs ou courts, bouclés, ondulés ou raides.Tout cela vous est montré et expliqué dans la première salle du musée, où sont réunis chaque type de poupée des trois premiers quarts du XIXème siècle.

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l’affiche du Musée (c)

La seconde salle, est consacrée aux poupées de 1870 à 1919, années où l’on vit apparaître des noms prestigieux de fabricants, créateurs français, tels que Jumeau, Bru, Steiner, Gaultier, Thuillier, Halopeau, Pannier, S.F.B.J, entre autres.  Les fabriques allemandes de poupées sont toutes aussi renommées : Simon & Halbig, Kämmer & Reinhardt, Kestner, Heubach, Kuhnlenz, Bähr & Pröschild ; les qualités et les performances de ces deux pays se complètent à merveille dans ce domaine enchanteur. Vous y découvrirai également le mouvement du renouveau esthétique dans ce petit monde si important pour les petits filles de toutes les générations, y compris l’actuelle malgré internet et toute l’informatique, jeux compris.

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Groupe de poupées.
Le Musée de la poupée (c)

La troisième salle, explique qu’entre 1920 et 1939, sont arrivés des bébés, avec biberon, qui « mouillent », et d’autres appelées « baigneurs » ; apparaissent, d’année en année,  des poupées de toutes tailles aux beaux yeux qui marchent, parlent ou même chantent ! En 1937, Marie-Anne Le Minor, de Pont-l’Abbé, en France, a créé un atelier d’habillage de poupées en costumes dit « folkloriques » des diverses régions bretonnes, puis de toute la France. Son atelier s’est amplement développé après la guerre 1940-1945. Son idée a envahi l’Europe où dans chaque pays un atelier de ce style a ouvert ses portes et a inondé les magasins de « souvenirs » locaux. Il n’est pas possible d’oublier les célèbres poupées russes, en bois, de toutes tailles, qui s’emboitent l’une dans l’autre ; elles sont éternelles.
De nouvelles firmes innovent et se lancent dans l’aventure du merveilleux et des rêves de toutes les petites filles du monde et même de quelques garçons pour qui furent créés Ken, Action Man et d’autres  : en France, on parle de poupées d’artistespoupées de caractère ; les collections s’accumulent chez Gégé, Anel,SIC , Nobel, Petitcollin, Convert … et j’en passe ; en Allemagne, Käthe Kruse, Steiff, Sasha, Schilkrot, Zapf sont les plus connues ; en Belgique, une marque UNICA ; en Italie, les poupées sont plus fines, un visage plus allongé captivant, expressif, aux yeux accrocheurs, elles sont blondes, brunes, rousses, leur garde-robes, digne de la haute couture,  est fabuleuse et d’un goût raffiné. Elles sont de la Maison Ferruccio Bonomi, de Milan ; Furga (1870-1993) où la série « S » donna naissance à Suzanna en 1965 ; Lenci : Ludus est Nobis Constanten Industria (1919- 1992) à Turin, dont les Fondateurs furent Elena König et Enrico Scavini ; Giuseppitta. Ainsi à l’infini, la poupée vit dans tous les pays de la planète.

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Les poupées « Bleuette ».
Le Musée de la poupée à Paris (c)

La quatrième salle est consacrée à des « poupées de caractère » et aux « poupées d’artistes »… Trois revues féminines ont proposé « leur » poupée à la vente par correspondance, ainsi La semaine de Suzette (1905-1960) revue française pour fillettes de 6 à 15 ans, avait « Bleuette », Modes & Travaux, revues pour les aînées, en France aussi, avait « Françoise », « Michel et Marie-Françoise », tandis qu’en Belgique Femmes d’Aujourd’hui, avait également une « Françoise » ; chaque magazine proposait les trousseaux, tout fait ou à confectionner par les fillettes, sur base des patrons en papier de la revue.

La prochaine exposition temporaire sera consacrée à « Barbie », l’américaine, adulée dans le monde entier dont peu de personnes connaissent la véritable histoire : Dans les années 1950, en Allemagne, une jolie histoire a tourné à l’aigre en provoquant une amertume profonde aux créateurs de la poupée n’ayant pas enregistré officiellement leur droit d’auteurs : Reinold Beutin, dessinateur, lance, dans le quotidien « Bild Zeitung » une BD dont l’héroïne est une jeune femme adulte, moderne, joliment mutine au petit nez en trompette, « Bild Lili ». Rapidement le succès fut tel qu’à Neustadt, un petit village bavarois, Rolf Hausser, fabricant de jouets, s’en inspira aussitôt pour mettre au monde une adorable poupée mannequin identique à cette jeune héroïne née d’un cerveau humain et projetée sur papier par une main et un crayon vifs, très doués. Lili, née d’une BD, devint, entre 1955 et 1964, l’idole des petites et grandes filles et pas seulement en Allemagne. Le drame pour Lili survint de ce qu’un jour de vacances, en Suisse, à Lucerne, Elliot et Ruth Handler se promenaient  accompagnés de leur fillette Barbara qui avait repéré, dans une vitrine de magasin de jouets, la jolie et ingénue Lili….

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Affiche de l’exposition « Barbie ».
Le Musée de la Poupée à Paris (c)

De retour aux USA, Ruth Handler (1916-2002), importante femme d’affaire, fit fabriquer une poupée identique, au visage plus pin-up, qui fut baptisée Barbie, diminutif de Barbara. Pour la commercialiser mondialement, la société Mattel fut créée. Rolf Hausser abandonna les poursuites judiciaires qu’il avait entamées contre Mattel et Lili disparu en 1964 pour laisser place à la « jeune américaine » en évolution constante. De nombreuses polémiques et controverses sont intervenues à l’encontre de « Barbie » qui poursuit encore son brillant chemin.

Henrianne van Zurpele – 2/02/2014 – Texte © Photos : Musée de la Poupée – Paris ©

A voir aussi:
Fondation Tanagra
Info poupées
Musée du jouet
Les poupées d’Hélène

 

Françoise Nesse, une Grande Dame de l’Art Animalier

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Françoise dépose un loup sur sa feuille

Françoise Nesse est aussi gentille que modeste et son talent n’a d’égal que celui de Carl Brenders, également peintre animalier Belge qu’elle admire. Carl est l’un des meilleurs peintre animalier au monde, nul doute qu’elle le suive de très près sur cette voie. Elle est née dans la Gaume Belge, à Saint-Mard, le 7 Septembre 1957 ; ses parents l’ont emmenée au Congo-Belge (RDC depuis le 30 juin 1960), à Coquillatville (actuelle Mbandaka),  pour les trois premières années de sa vie. Au terme de ses études en Europe, elle a installé son « atelier » à Bruxelles, non loin du Heysel. La porte d’entrée est à peine ouverte, que Kiwi, une jeune et adorable perruche, aux yeux vifs et brillants, jase si fort qu’il faut la saluer en premier. Elle va alors se blottir dans un coin de sa cage et lance un « coucou » aigu ! « De cette période tropicale, je n’ai que deux souvenirs animaliers : un chien bien vivant et un autre, en peluche », dit Françoise tout en calmant ce bel oiseau aux plumes soyeuses.

Rien ne laissait présager…

Timide, elle n’apprécie pas trop les interview et compte sur son intarissable compagnon pour répondre à sa place… « c’est qu’il m’est beaucoup plus facile de peindre durant des heures et des jours que de devoir affronter les questions pour parler quelque peu de moi et surtout de mon passe-temps préféré qu’est la peinture animalière ».

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Françoise au bord de la rivière Koortenay, en Colombie Britannique

Très jeune, Françoise a pratiqué le dessin avec passion. Plus tard, elle a suivi des cours aux Arts Décoratifs, puis a fait un graduat en Graphisme, au « 75 » à Woluwé-Saint-Lambert, commune de Bruxelles. Ces études lui ont permis d’avoir un métier dans le secteur de l’impression où elle a également appris la photogravure et le maniement des PC et des Mac. Elle ne peut, hélas, pas encore vivre de son art et la crise, en Europe, ne modifie pas cette situation ; il lui faut donc s’en tenir au bon  vouloir d’un employeur… Si elle n’est pas encore auprès des plus grands peintres animaliers de Grande Bretagne, des Etats Unis d’Amérique et même d’Afrique du Sud, Françoise Nesse a, néanmoins, été remarquée au Canada anglophone où elle est heureuse de retourner annuellement pour y passer de longues vacances, depuis quatorze ans. Ses tableaux et éditions d’art sont vendus dans l’Etat de l’Alaska, en galerie, à Ankorage comme à Haines. Françoise apprécie énormément l’accueil chaleureux qui leur est fait, si loin !

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Kiwi – Photo de Stéphan Salberter (c) 2013

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Grizzly à la chasse au saumon – Photo Stéphan Salberter (c) 2013

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Le Randonneur – Grizzly – Peinture Françoise Nesse (c) – Photo S. Salberter (c)

Avec Stephan, son compagnon et son mentor, elle a parcouru la Colombie Britannique, l’Alberta dont Calgary est la plus grande ville, le Yukon, et l’Alaska ; ils s’y déplacent, de la fin du mois d’août à la fin du mois de septembre, par tous les temps, en voiture de location suffisamment grande pour pouvoir y dormir, y manger et mieux observer les animaux.
Stephan précise que « Françoise ne peindra jamais un animal, ne fusse qu’un petit oiseau, sans l’avoir longuement observé ». Excellent photographe animalier, il est aussi son documentaliste par les plus de 20.000 diapositives et photographies animalières qu’il a faites pour servir la mémoire de Françoise… « J’ai un choix fantastique pour réaliser mes compositions de tableaux, au moyen de plusieurs d’entre elles » et elle ajoute : « j’apprécie beaucoup d’être là-bas à cette période de l’année, les couleurs de la nature sont plus vivent dans les tons d’automne, sans être les mêmes d’une année à l’autre selon que la nature est en avance ou en retard ». Elle poursuit en racontant ses nombreuses visions d’animaux : l’ours noir plus petit et trapu que le Grizzly énorme et muni d’une bosse sur le dos ; les loups aux poils noirs, fauves et blancs, plus haut sur pattes que leurs congénères européens ; la splendeur et la majesté des rapaces… Stéphan raconte qu’ils ont vécu tant d’événement émaillés de nombreuses anecdotes extraordinaires que les soirées au coin du feu ne manque pas de piments : la vision d’un ours Kodiac dans le Yukon, en Colombie Britannique, d’un Balbuzard en Alberta, des loups méfiants, d’un jeune Wapiti fougueux, à 4 mètres d’eux… Il me narre trois d’entre elles « lors d’une de nos randonnées, Françoise marchait à quelques mètres devant moi et tout d’un coup est arrivé, entre nous de je ne sais d’où, un grizzly qui marchait d’un air déterminé sans même s’intéresser à notre présence ; Françoise n’a rien vu, je n’en menais pas large… » et une autre « un soir que nous dormions dans la voiture, elle a été fortement bousculée ce qui nous a un peu effrayé, le lendemain matin nous avons vu les empreintes d’un ours responsable de ces heurts ; peu après, nous avons entendu un fort bruit sur le toit du véhicule, arrêté près d’un conifère, c’était un écureuil qui commençait ses réserves pour l’hiver en arrachant des pommes de pin qui tombaient…sur nos têtes ».

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Tatanka – Bison canadien – Peinture Françoise Nesse (c) – Photo S.Salberter

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Rencontre Sauvage – Loup canadien – Peinture de Françoise Nesse (c) – Photo de S. Salberter (c)

Tandis que nous bavardons, je remarque un pygargue à tête blanche, aussi réel que nature, dominant le salon de son puissant regard inquisiteur, Françoise précise aussitôt : « les yeux ont pour moi une importance primordial dans toutes mes peintures et dessins ; ils sont l’essence même de chacune de mes oeuvres. Leur beauté, la profondeur des regards, traduit tous les sentiments et trahit les comportements ». En fait, ils sont les leitmotive de ses peintures hyperréalistes et attirent immédiatement notre regard.
Je me souviens de la première fois où Françoise est venue me voir lors d’une exposition internationale, ANIM’ART, que j’organisais à Bruxelles, à la Galerie Bortier, en Juillet 1997. Accompagnée par son compagnon, ce fut avec une grande timidité angoissée qu’elle me montra des photos de ses œuvres déjà de bonnes compositions ; elles étaient à des années lumières de ce que Françoise Nesse crée actuellement. Dès 1998, elle exposait au sein de ANIM’ART. Deux ans plus tard, elle rencontra l’illustre Carl Brenders qui lui prodigua quelques judicieux conseils tel, entres autres, celui d’aller découvrir la Nature du Canada afin d’observer les animaux sauvages de plus près. C’est ainsi qu’au cours des ans, Françoise nous offre à voir, entre autres, un Puma, des Loups, un jeune Wapiti, des ours Grizzly, un bison dans toute la force de sa réputation ou des rapaces splendides, vus en pleine liberté. Ce qui ne l’empêche pas d’être séduite par le regard quémandeur d’un chat où par la boulimie d’une biquette. Françoise affine sa technique à une telle rapidité, qu’en Belgique, certains de ses pairs s’en alarment. En 2002, lors de l’exposition organisée par l’Académie Européenne des Arts de Gembloux, quatre « Prix » lui ont été attribués, mais elle en a obtenu beaucoup d’autres tant en Belgique qu’en France.

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Affiche de l’exposition « Duo des Sommets » – 2006 – (C) Françoise Nesse et Serge Lombard – Editrice responsable : Henrianne van Zurpele – 2006

«C’est au début des années 80’ que j’ai commencé à créer des compositions d’animaux et de personnages réunis, peu à peu j’ai ajouté des détails de plantes, d’arbres ou de paysages. Le côté mystérieux de la Nature m’a toujours fascinée ». Si, à ses débuts, Françoise travaillait uniquement aux crayons de couleur, elle a, rapidement, prudemment amélioré sa technique mixte au fil des ans ; elle tend à de plus en plus employer la gouache : « Je commence à construire le motif à l’aquarelle tout en maniant encore les crayons » explique l’artiste peintre, « et chaque nouveau tableau m’est un défit ; je m’offre de temps à autre une récréation… à la mine de plomb ». Françoise manque de confiance en elle, doute en permanence, tout en étant capable de tout ; c’est ce qui la fait prodigieusement progresser dans son art.

Au mois d’août 2006, Serge Lombard, sculpteur français en taille directe, lui a proposé de l’accompagner pour une exposition qui s’est tenue dans le sud de la France, à Camaret-sur-Aygues, aux portes d’Orange ; la presse locale avait accueilli avec enthousiasme ce duo « Pour la première fois en région PACA » qui fit grande sensation : deux autodidactes purs, en recherches autant qu’en doutes permanents !

Henrianne van Zurpele – texte © et photographies de Stephan Salberter ©

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