La Fête Nationale du Québec

Le drapeau Québécois.//Eric de Wallens(c)

Chaque pays à sa fête nationale, le 21 juillet pour la Belgique, le 14 du même mois pour la France, le 4 toujours en juillet pour les Etats-Unis. Et, c’est amusant, le 1er jour du 7ème mois de l’année pour le Canada. Ce serait amusant de creuser un peu afin de savoir pourquoi le mois de juillet est si populaire. Mais ce n’est le but de ce « papier ». Au Québec, la date de ce grand jour est le 24 juin. Pourtant le Québec n’est pas un pays. Il est toujours officiellement une province du Canada. Bon et alors, c’est avant tout la fête des Québécois et ils vivent où ces gens-là ? Au Québec. C’est une nation dans une nation.

Le Parlement Canadien à Ottawa.// Eric de Wallens(c)

Mais ne faisons pas de politique, Objectifmag.be est apolitique. Voyons plutôt le côté historique. Au départ, c’était une fête païenne qui célébrait le solstice d’été par un grand feu. Pas ici, non, mais à l’autre bout du monde en Europe. N’oublions pas que le Québec est formé, en plus des autochtones d’une grande majorité d’Européen. Ils sont arrivés avec leurs festivités. La France est souvent associés à ce mouvement de foule. Et les Belges alors ?

Comédiens au Village Québécois d’Antan.//Eric de Wallens(c)

Or donc, dans ce pays voisin de ce qui n’était pas encore la Belgique, nos amis Français ont associés cette fête à Jean ayant vécu dans l’entourage de Jésus. Le même qui l’a baptisé. D’où Jean le Baptiste devenu plus tard, Saint-Jean Baptiste. Mais je ne vous apprends rien.
Près de 200 ans après l’arrivée du premier Français, en 1827, un collègue, le journaliste Ludger Duvernay achète un journal, « La Minerve » afin de le faire prospérer. Il est également le Président d’une société « Aide-toi, le ciel t’aidera » C’est important à savoir pour la suite. En effet une idée germe dans son cerveau : « Pourquoi ne pas refaire vivre la tradition de la Saint-Jean Baptiste ? » se dit-il.

Québec, capitale du Québec avec dans le fond, le St Laurent.//Eric de Wallens(c)

Ceci avec l’idée secrète de donner au Français du coin, une fête nationale. A cette époque les Anglais sont toujours très présents dans cette contrée appelée : Bas Canada. Lors de la première fête, ils ne sont pas très nombreux, juste une soixantaine de notables autour d’un banquet organisé dans le jardin d’un Avocat, John Mc Donnell. Qu’à cela ne tienne, c’est un petit succès bien relayé dans la presse de l’époque.
L’année suivante, d’autres fêtes seront organisées dans la région.

Modèle d’une plaque d’immatriculation du Québec avec sa devise: Je me souviens.//Eric de Wallens(c)

Mais tout ne se déroule pas comme prévu, la Rébellion des Patriotes couve. Nous en avons parlé précédemment dans un article. Et 1837 arrive. Arrêt total de cette célébration. Duvernay part en exil pendant cinq ans. Plus de société ni de journal jusqu’à son retour en 1842.
Reviennent avec lui « La Minerve » mais aussi et surtout la Fête Nationale qui va se développer de plus en plus pour devenir ce qu’elle est aujourd’hui.

Photos et reportage : Eric de Wallens ©
Crédit illustration de la plaque d’immatriculation: Google.

Prends ma place pour une journée avec 18,50$

Sylvie Tardif, coordinatrice de Comsep et l’animateur de la soirée, Françis Dubé de Radio Canada. // Eric de Wallens(c)www.objectifmag.be

Prends ma place avec 18.50$. C’est le défi que lance le Centre d’organisation mauricien de services et d’éducation populaire (Comsep) à la population de Trois-Rivières (Québec) cette semaine, du mardi 6 juin au vendredi 9 juin 2017. Mais comment ? C’est avec cette somme que des élus de la ville, mais aussi des avocats, des gens de radio, des sociétés, des banques. Bref des Trifluviens doivent préparer deux repas et un dessert. Mais pourquoi ? L’idée du Centre est de sensibiliser, de plonger toutes les équipes de six personnes dans la vie des gens plus démuni.

Magasinage pour l’équipe des conseillers municipaux de Trois-Rivières.//Eric de Wallens(c)ww.objectifmag.be

A 17h00, Sylvie Tardif, Coordinatrice du centre lance le chrono, d’ici 20h00 les équipes du jour ont du pain sur la planche. Après le mot de bienvenue et la lecture des consignes, il est temps d’aller faire l’épicerie dans la grande surface proche du centre. Mais pas en voiture, ce serait trop facile. C’est à pied qu’ils feront le chemin. Comme je le disais, ils sont plongés dans un monde qu’ils ne connaissent pas nécessairement. Celui des personnes vivant dans la pauvreté, donc sans ce moyen de locomotion. Une autre obligation est de respecter un maximum le guide alimentaire Canadien.

L’équipe « La Démarche des premiers quartiers de Trois-Rivières en cuisine. //Eric de Wallens(c)www.objectifmag.be

Une difficulté supplémentaire n’a pas été oubliée par Comsep. Celle que rencontre régulièrement cette partie de la population. Savoir lire. Quelques instructions seront données en Chinois et en Espagnol afin d’être au plus près de la réalité.
Les voilà qui déambulent dans les rayons sous les yeux un peu étonnés des clients. Presque aucun ne sera oublié. Mais établir sa liste de course avec cette somme n’est pas chose facile. Une fois à la caisse, certains retourneront échanger un aliment pour un autre afin de ne pas dépasser les 18.50$

Les gagnants du jour, les avocats de Joli-Coeur Lacasse.// Eric de Wallens(c)www.objectifmag.be

Au retour en cuisine, les participants ont 1.30h pour cuisiner. Pas de temps à perdre, même si tout se passe dans une agréable ambiance. Il y a du boulot à abattre, il faut impérativement présenter les plats au jury à 20h00.
En fin de soirée, après un échange d’impressions entre les personnes en situation de pauvreté et les participants, Isabelle Hardy, la chef du jury dévoile le gagnant du jour. Il s’agit de l’équipe d’avocat Joli-Cœur Lacasse que nous retrouverons vendredi soir pour la finale. Ils devront se mesurer aux deux autres équipes gagnantes de mercredi et jeudi.

Photographe et reportage : Eric de Wallens ©

Comsep est en campagne de financement

La cueillette à l’un des carrefours importants de Trois-Rivières. // Eric de Wallens(c)www.objectifmag.be

Chaque année, Comsep organise une levée de fonds en faveur des plus démunis de la région de Trois-Rivères au Québec. (Près de 4.000 personnes). C’était la semaine dernière, du 22 au 26 mai 2017. Entre dîner spaghetti et cueillette le vendredi aux quatre coins de la ville. Les 132 bénévoles sur le terrain ont récoltés 22.512 dollars ce jour-là à ajouter à l’argent déjà en caisse. Le compteur affiche la somme de 34.771 dollars.
Pour les non-initiés à cette jolie langue Québécoise, une cueillette n’est autre qu’une quête d’argent auprès de la population.

Le centre d’Hébergement « Le Havre ». // Eric de Wallens(c)www.objectifmag.be

Cette année le Canada a subi d’importantes inondations, le Québec n’y a pas échappé. Et ici dans la région de Trois-Rivières des centaines de personnes ont eu les pieds dans l’eau pendant plusieurs semaines. Cela n’a bien évidement pas laissé Comsep de marbre. 10% de la sommes récoltée va être reversée à la Croix-Rouge en faveur des sinistrés.
Comme un malheur en attire un autre, 500 Dollars ont été aussi donnés au centre d’Hébergement le Havre qui vient de partir en fumée.

Je parle de Comsep sur deux paragraphes. Mais qui se cache derrière ces six lettres ? C’est un Centre d’organisation mauricien de services et d’éducation populaire.
Entendez Mauricien pour Mauricie et pas pour l’île Maurice. C’est une région administrative du Québec qui englobe entre-autre Trois-Rivières.
Pour en revenir à ce centre, il a été fondé par 12 bénévoles en 1986. Ils étaient conscients du taux d’analphabétisme et voulaient essayer d’y remédier par différents objectifs tel que des ateliers d’alphabétisations, d’éducations ou des services à la communauté. Aujourd’hui la tâche est loin d’être finie. Salariés comme bénévoles sont toujours sur le pont, toute l’année afin de « faire tourner » la friperie, la cuisine et les différents ateliers.

Photographe et reportage : Eric de Wallens ©

 

La journée Nationale des Patriotes

Drapeau des Patriotes utilisé entre 1832 et 1838

Une journée Nationale des Patriotes. Tiens cela existe-il encore ? Et avec ce mot « Patriote » qui semble venir d’un autre temps, d’une autre époque où l’on croyait encore au patriotisme. A son pays, à son drapeau. Sa terre. Et cela représente quoi, un souvenir ? Oui sans doute. Mais se rappeler les anciens, qui peut avoir ce désir au niveau national ? C’est le Québec. En réalité, ce n’est pas un pays. Même si certains le désire, cela reste une des provinces du Canada. Mais elle a une identité très forte et vu sa superficie, elle est plus grande que bien des pays, comme la Belgique.

Illustration d’un Patriote

D’abord cela n’a rien à voir avec la fête nationale qui est le 24 juin. Non, cette journée se tient depuis 2002 le lundi précédent le 25 mai de chaque année. Mais qu’elle est son histoire ?
Comme je le disais, la journée Nationale des Patriotes est célébrée dans tout le Québec et commémore les luttes Patriotes de 1837 – 1838 pour la liberté et la reconnaissance nationale du peuple et de la démocratie. Chaque année elle est célébrée par des événements à caractère historique
Il faut savoir que l’une des premières fête, appelée « du Centenaire » est organisée à Saint-Denis de Richelieu en 1937 pour le centenaire descombats qui se sont déroulés le 23 novembre 1837.

Carte du Bas-Canada

Il faudra attendre 1962 et le 125ème anniversaire pour qu’une journée du souvenir soit organisée chaque année. Cela évolue, mais à l’aise. En effet, en 1982 le gouvernement vote un décret pour que cette journée soit honorée le dimanche avant le 23 novembre. 1994 arrive avec une reconnaissance historique des Patriotes du Bas-Canada et 2002 cette journée sera déplacée au mois de mai comme j’en parlais au début de cet article.

Plan de la Bataille de St Denis.

Des combats, des guerres, les hommes en font depuis qu’ils sont sur terre pour des tas d’idées différentes. Bonnes ou mauvaises, ils aiment le combat et à cette époque, ils n’étaient pas différents. la raison, cette fois, était un manque de pouvoir accordée au Parlement du Bas-Canada par l’Angleterre. Le Québec n’est pas encore le Québec, mais une province, plutôt une colonie Britannique. Même si beaucoup de français ou de personnes d’expression française peuple ces contrées.
Les élus désirent plus d’autonomie, certains veulent même rompre avec la monarchie et que la langue et la culture française soit reconnue.
Arrive 1837 – 1838, une rébellion éclate. 800 Patriotes vont affronter 300 Britanniques qui perdrons les combats. Cette bataille est depuis connue comme celle de Sain-Denis.

Eric de Wallens ©
Crédit Illustration : Wikipédia

Le Québec est sous eau

La rivière Shawinigan à Shawinigan. // Eric de Wallens(c)objectifmag.be

Depuis plusieurs semaines, le Québec vit dans l’eau. En effet ce n’est pas moins de 124 villes et municipalités sinistrées. 1326 résidences, 700 personnes évacuées de leur maison. 309 routes sont touchées par la crue des eaux. Pour les anciens c’est du jamais vu depuis 43 ans. L’eau monte depuis le mois de mars suite à la fonte de la neige et à une pluie presque incessante.
En ce qui concerne le manteau blanc qui a recouvert le territoire Québécois, tout n’a pas encore disparu, au Nord de la Tuque, la blancheur recouvre encore le sol par endroit.

L’église de NIcolet. // Eric de Wallens(c)www.objectifmag.be

Le Fleuve Saint-Laurent est sorti de son lit en profondeur dans les terres. Il a été demandé aux bateaux de naviguer doucement pour éviter des vagues trop fortes. La rivière St Maurice, la rivière Shawinigan, mais aussi tous les autres cours d’eau sont gonflés. La terre n’en peut plus, elle n’absorbe plus rien.
Et le pire est encore à venir selon le service météo, un long week-end de pluie arrive. Plus de 50mm d’eau en plus d’ici dimanche !

La rivière Nicolet. // Eric de Wallens(c)www.objectifmag.be

Le fleuve St Laurent à Trois Rivières. // Eric de Wallens(c)objectifmag.be

Les citoyens disposent des centaines de sacs de sable autour des maisons. Mais l’eau s’infiltre partout. Il y a pénurie, plus aucun sac disponible dans les grandes surfaces. Il y a eu une ruée sur les pompes à eau également et les réserves sont à zéro.
L’armée est prête à intervenir, si le gouvernement le demande. Il est temps !
Les ouvriers communaux, les pompiers ainsi que les bénévoles ne savent plus où donner de la tête. La police est également sur le terrain. Il y a quelques jours, deux d’entre eux ont été blessés lors de l’effondrement de la route sous la voiture de patrouille à Sainte-Geneviève de Batiscan. L’eau avait miné le sous-sol. A Saint-Justin, ce sont les occupants d’une maison qui ont été évacués. Une bonne partie du jardin s’était affaissé.

La météo ne semble pas vouloir changer dans les prochains jours. Il faut être patient, mais comment l’être les pieds dans l’eau !

Reportage et photo. Eric de Wallens ©

L’EUROPE, remise en balance par certains…

Ils ne réfléchissent pas ou ne veulent pas comprendre ; mais il est aussi réel, malheureusement, que l’Europe n’a jamais été bien expliqué aux peuples d’Europe.C’est là le grand soucis… Il est grand temps d’y remédier.
Dans un article précédent,1 je vous parlais de la naissance de l’idée « Europa », de la volonté d’un homme, Richard Coudenhoven-Kalergi, d’unir les pays d’Europe ; lui et Otto de Habsbourg qui l’a toujours soutenu, doivent se retourner dans leur tombe du fait du Brexit qui est un risque de tache d’huile.

Le « Huffington Post a transmis en direct le vibrant plaidoyer fait, à Strasbourg (F), par le député européen espagnol : Esteban Gonzalez Pons ; il était animé par une froide colère sur le Brexit. C’est un membre du PPE, l’équivalent du parti français « Les Républicains ».
Je ne puis résister à la retranscription de son discours, en espagnol, d’une minute et 34 secondes, qui donne à réfléchir et à réagir :
« L’Europe est liée au nord par le populisme et au sud par les réfugiés qui se noient « dans les mers ; à l’est il y a les tanks de Poutine. A l’ouest il y a le mur de Trump.
« Son passé est la guerre, son futur est le Brexit.
« Aujourd’hui l’Europe est plus seule que jamais mais les citoyens ne le savent pas et « c’est d’ailleurs pour cette raison que l’Europe reste la meilleure solution, mais nous « ne savons pas comment l’expliquer aux gens.
« La globalisation nous a enseigné que l’Europe est inévitable. Il n’y a pas « d’alternative.
« Mais le Brexit nous a aussi appris que l’Europe n’est pas irréversible ; on peut faire « marche arrière, et c’est vrais qu’il fait très froid en dehors de l’Europe.
« Le Brexit est la décision la plus égoïste qui a été prise depuis que Churchill a sauvé « l’Europe au prix du sang, de la sueur et des larmes des anglais.
« Le Brexit est la façon la plus insidieuse de dire au-revoir à l’Europe.
« L’Europe n’est pas un marché, c’est la volonté de vivre ensemble.
« Quitter l’Europe, ce n’est pas quitter un marché, c’est quitter les rêves que nous « partageons. Nous pouvons partager un marché, mais si nous n’avons pas de rêves « en commun, nous n’avons rien. »

Autrement dit, ceux, parmi les anglais qui ont, enfin, compris leur erreur sont assez nombreux pour faire pression sur leur Gouvernement afin d’arrêter le processus et l’expliquer largement à leur compatriotes. Il n’est jamais trop tard pour bien faire, malgré les dires et les écrits de certains « élus » et autres journalistes à travers l’Europe et même à l’extérieur de ce grand continent. D’où, également, certains dirigeants à l’est tentent d’enclencher une même démarche erronée.
Il est aussi un fait certain, c’est que l’Europe Unie est une puissance que d’autres ne veulent pas voir s’affirmer. D’où leur volonté de tout faire pour entraver sa volonté d’avancer.

(1) Au sujet de l’Europe

Henrianne van Zurpele – 31 mars 2017
Crédit illustration: GdW et Paneuropa (c)

La Belgique, décrite par le célèbre Jacques Trémolin, en 1962

>> Par Henrianne van Zurpele. <<
Ce « petit » pays de 30.528 km2, entourée par la Mer du Nord , la Hollande, l’Allemagne, le Grand-Duché de Luxembourg et la France, abrite 11.415.049 millions d’habitants en 2017, plus les émigrés non déclarés qui sont nombreux et souvent en transit. En se levant tôt, on peut en faire le tour en une journée. Le français, le néerlandais et l’allemand sont les langues nationales auxquelles s’ajoutent une multitude de dialectes aussi savoureux les uns que les autres ; ils ne sont bien compris que par ceux qui les parlent.

La Belgique, beau pays harmonieux, serait également très agréable si le temps y était plus clément journellement ; la « drache » y tombe plus souvent qu’à son tour ! L’humidité y règne donc en maîtresse implacable, et quand le soleil décide de s’y montrer, c’est soit avec timidité, soit de manière torride ; il n’y a pas de juste milieu. Les rhumatismes et l’arthrose y ont mauvaise réputation. Les belges sont donc solides et « savent la contre », depuis des lustres. Ils sont aussi railleurs, surtout envers eux-mêmes, accueillants à leur manière selon qu’ils habitent au nord ou au sud de Bruxelles.

Quant à cette grande ville, capitale de la Belgique, Bruocsella, en 966, ce fut d’abord un village construit dans des marécages (« hameau dans les marais »), et traversé par la Senne. Certains historiens parlent de l’existence de ce hameau au 7ème siècle, ce qui est étayé, dans des archives, par le décès de l’évêque de Cambrai, Vindicien d’Aras, mort d’une fièvre à Brosella, un des autres noms anciens du Bruxelles actuel qui ne s’est pas toujours écrit avec un « s ». L’étymologie du nom évolua diversement avant d’être Bruxelles en 1219…C’était hier ….

Jacques Meaudre de Sugny, dit Trémolin*, est français, né à Lyon le 1er novembre 1910 et décédé à Bobigny le 24 janvier 1986. Issu d’une famille aristocratique, originaire de la Loire, il a eu un parcours de vie hors du commun allant du résistant communiste pendant la guerre 1939-1945, (mis à la porte du parti), au Préfet de l’Ardèche à la libération, mais aussi écrivain et chroniqueur animalier, à la radio française, pour enfants (1970).

Parmi tous ses écrits se trouve un livre intitulé « Belgique » paru aux Editions Rencontre en 1963, dans leur collection « Atlas des voyages ». L’auteur l’a écrit comme un reportage à travers tout notre Pays, allant du nord au sud et d’est en ouest. Il l’a fait avec une grande intelligence, beaucoup de clairvoyance et de respect de la réalité belge en 1962. Il a fouillé la Belgique à travers son origine, ses légendes (dont celle des quatre fils Aymon et du Cheval Bayard), ses grands artistes flamands, ses savants, ses poètes, ses paysans, ses courageux mineurs (sans qui il n’existerait pas d’industrie, il n’y aurait pas de Belgique…) son architecture, son folklore, son climat, ses industriels, ses politiques (inchangées en 2017, voire même aggravées), sa Famille Royale (voulue par le peuple et d’une grande et sage humilité – ndlr),

Jacques Trémolin écrivait à ses lecteurs : « La Belgique est un grand pays : les distances s’y comptent en kilomètres et en siècles. On franchit mille ans d’histoires en allant d’Anvers à Bouillon et, à vingt minutes de Bruges nait Selzaete, cité industrielle de l’an 2000. Luxueux à Ostende, travailleur à Anvers, bourgeois à Bruxelles, révolté en Borinage, résigné et mélancolique dans les Fagnes, sauvage en forêt d’Ardenne, ce pays se contredit sans cesse. On ne décrit pas la Belgique.

Pas plus qu’on ne peut « expliquer » le Belge : l’Anversois est différent du Bruxellois, et le Wallon plus proche de notre Provençal que son voisin flamand. Pourtant, tout le monde, en Europe, a son idée sur la Belgique et sur les Belges. J’ai voulu oublier tout ce qu’on m’avait appris, aller en Belgique comme d’autres partent pour l’Amazonie.

J’y ai trouvé d’abord un peuple libre, conscient de ses problèmes et qui en parle.

Le fait m’a surpris : il n’y a plus beaucoup de nations en Europe où les citoyens s’occupent des intérêts de la cité.

Ce peuple libre travaille et réussit. En devient-il moins sympathique ? Faut-il reprocher au docker anversois, au paysan flamand, au commerçant de Bruxelles d’être, d’abord, un homme qui fait bien son métier ?

Je n’ai pas décrit la Belgique, ni expliqué le Belge. J’ai dit ce que j’ai vu, au hasard des rencontres. Heureux si j’ai fait naître, chez qui lira ces notes, ce que j’éprouve en les achevant : beaucoup d’estime pour mon sujet. »

Voilà, il s’agit de la Belgique de 1962, mais 55 ans plus tard elle n’a pas trop changé, ni ses habitants… juste quelques nouveaux venus qui s’y sont installés sans faire l’effort de la comprendre et donc de s’y adapter ; le problème est le même pour tous les pays qui constituent l’Europe en 2017, dont Bruxelles est devenue la capitale, en 1957, contre vents et marées.

Ce livre vaut la peine de le rechercher sur internet, de l’acquérir, de le lire et de le conserver. Si vous le trouver en vente dites-le nous : www.objectifmag.be                                Henrianne van Zurpele – 22/02/2017

*https://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Tr%C3%A9molin

https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89ditions_Rencontre

https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89ditions_Atlas

https://fr.wikipedia.org/wiki/De_Agostini

 

 

Le THOPHEE ANDROS 2016 à Lans-en-Vercors

Toomas Heikkinen et Kim Vatanen // HvZ(c)

Toomas Heikkinen et Kim Vatanen // HvZ(c)

En janvier 2015, j’y avais remarqué un jeune concurrent très prometteur pour l’avenir du sport automobile : Toomas Heikkinen surnommé Topi. J’ai donc décidé, ce 23 janvier  2016, de l’interviewer quelques minutes. Ce fut la plus agréable rencontre de la soirée !

Sur le circuit du TROPHEE ANDROS 2016, à Lans-en-Vercors, en France, la Finlande était fort bien représentée…

Finlandais, comme l’est le célèbre Ari Vatanen1, héros des circuits automobiles de1970 à 2007, devenu  député européen pour la Finlande, puis pour la France, Toomas Heikkinen parle couramment l’anglais mais pas le français, quant à moi, c’est l’inverse. Il nous a donc fallu un interprète ; et, oh ! surprise, ce fut le fils aîné d’Ari Vatanen, Kim, qui comme son frère Marck, ont suivi les traces de leur père et sont également d’excellents pilotes de courses. L’accueil fut plus que chaleureux !  Kim Vatanen m’a emmenée vers une table où Toomas Heikkinen nous a rejoints :

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H : L’an dernier, j’avais repéré Toomas Heikkinen sur ce circuit de glace, au milieu de tous les français qui sont majoritaires ; il me semble très prometteur en tout cas, et est devenu mon préféré sur le Trophée Andros, voudriez-vous bien me le présenter ?
KV : Toomas a commencé vraiment à conduire à l’âge de six ans avec du karting, comme beaucoup de coureurs ; il en a fait de 2003 à 2007, pour bien se familiariser avec la conduite. A cet âge-là, il n’avait pas besoin de permis de conduire et il prouvait déjà son habileté de conduite et sa détermination à gagner. Il est très volontaire aussi. Mais sa carrière de pilote de circuit a démarré en 2008, il a participé à sept courses en un an sur voitures Renault. A partir de 2010, Topi a commencé à faire du Rallycross en championnat d’Europe et puis aux Etats-Unis où il a gagné cinq courses d’affilées ; pour moi, si je peux me permettre de le dire, il était une classe au-dessus des autres. Dès que le championnat du monde a été créé en Europe, en 2014, Topi y est revenu participer ; il a remporté la place de vice-champion de Rallycross. En 2015, malgré pas mal de soucis avec sa voiture et un accident, il a gagné une course en Belgique, à Mettet5 ; il a été deuxième au Canada. Il a participé aussi sur les circuits d’Allemagne, du Brésil, du Portugal, et de Turquie. Cela fait deux ans qu’il participe aux sept étapes du Trophée Andros : Val Thorens, Andorra (où il a remporté la 1ère place en 2016), Alpe d’Huez, Isola 2000 Alpes Maritimes (il y a été 3ème en 2014-2015), ici à Lans-en-Vercors, Clermont Superbesse et Saint Dié des Vosges.

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H : je vous ai pris déjà beaucoup de temps, je vais vous laisser tous les deux…
KV : Non, non, si vous avez encore des questions, il n’y a pas de soucis, Topi et moi sommes heureux de vous rencontrer…
H : d’où est originaire Toomas Heikkinen ? Quel âge a-t-il ?
KV : Toomas est né en Finlande, à Joenssu, le 27 mars 1991. C’est dans l’est du pays, en Carélie2, à la frontière Russe. D’ailleurs, mon père Ari Vatanen vient d’un petit village, Tuupovaara, qui n’est pas loin du tout de là, en Carélie du Nord, il y a de très bons pilotes ! A 24 ans il a déjà un palmarès imposant.
H : Combien de courses fera-t-il encore cette année ?
KV : il reste encore deux courses pour le Trophée Andros. Après il y aura les championnats de Rallycross qui commence au mois de mai au nord du Portugal, à Montalegre, il y a douze épreuves dans ce championnat du monde. Après il y aura Hockenheim en Allemagne, Mettet en Belgique où il a déjà remporté deux fois le « Mettet RX WORDL RX », puis en Angleterre…..je ne sais plus les autres.
H : Participera-t-il au Trophée Andros l’an prochain ?
KV : oui, ce n’est que la deuxième saison, le but c’est d’être là pendant un long terme ; c’est aussi la deuxième saison qu’il est pilote officiel chez Mazda, je pense et j’espère que l’on sera encore toujours là avec Mazda.
H : que pense-t-il du circuit du Trophée Andros à Lans-en-Vercors ?
A cette question, Topi a longuement répondu en finlandais à Kim.
KV : je vais essayer de me souvenir de tout ce qu’il a dit : il trouve que c’est un super circuit, même si les concurrents sont tous des français, c’est en France, mais le niveau est très élevé, très haut, et il y a vraiment des équipes très professionnelles et des pilotes très pointus qui sont là et il trouve que c’est l’endroit parfait pour lui passer l’hiver à participer aux sept courses du Trophée Andros.

En fait, Topi regrette d’être le seul concurrent non français.

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Au lieu de « quelques minutes » je suis restée trois quarts d’heure inoubliables, au stand Mazda nous avons bavardé à bâton rompu et ce fut un régal pour moi, un enchantement de gentillesse, de prévenance, de disponibilité de la part de ces deux pilotes finlandais, de passage en Vercors. Cela m’a évidemment charmée et changée de l’accueil indifférent de certains stands français.

Pour cette cinquième étape « 2016 » un pilote, déjà remarqué l’an dernier, Franck Lagorce, s’est imposé lors des manches du vendredi et du samedi, ce qui a bousculé le classement général ; il n’était plus qu’à quinze points de Jean-Baptiste Dubourg. Jean-Pierre Pernaut était absent, pour cause  « d’accident de jardinage », m’a-t-on dit, tandis que son fils, Olivier, a fait un tête à queue magistral faisant crier de stupeur quelques spectateurs. Je n’ai pas eu l’autorisation de l’interviewer dans son stand, tant pis ! En cliquant sur les liens, ci-dessous, vous pourrez vous remémorer ces instants, ou les visionner une première fois3 et 4.

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Les spectateurs étaient plus nombreux qu’en 2015 ; ce fut un énorme succès dont le promoteur de cet évènement, au sein du CML (circuit des Montagnes de Lans), Norbert Ingold, a certainement des raisons d’en être fier cette année, plus que les précédentes : le Trophée Andros a déplacé, outre le millier de personnes du personnel, en majorité bénévoles, cinq mille visiteurs sur le Vercors dont quatre mille ont « nuitées » entre ce village et Corrençon, en trois jours ! Beaucoup était en famille, avec leurs enfants de tous âges et les grands n’étaient pas les premiers à vouloir visiter l’espace, voir les voitures, les motos et les concurrents : « c’est la première fois que je viens et c’est magique » m’a dit Luc, un « grand » de six ans, installé sur le dos de son Papa, « je veux revenir l’année prochaine »… Malgré le froid et la gadoue un peu partout y compris sur le circuit, qui rendait le parcours plus problématique, l’ambiance des deux soirées a été très chaleureuse et une bonne humeur générale régnait sur tout l’espace. A la buvette extérieur où les visiteurs pouvaient commander des boissons chaudes et des petites collations, « ce fut du délire, nos réserves ont été épuisés, le samedi soir, avant la fermeture… » m’a dit un des bénévoles ; tandis que Christian, aux manettes de la cuisine du restaurant, m’a énuméré tous les services sur les deux jours : « près du millier de repas ont été servis midi et soir, plus qu’en 2015 » ! Il quittait le site, entre 2 et 3 heures du matin, épuisé pour une bonne cause, celle d’avoir restauré autant de monde. Des anecdotes, il en a plein en mémoire depuis vingt-sept ans, dont celle-ci : « une année qu’Yvan Muller concourait pour l’écurie Mercedes, celle-ci n’avait pas été en mesure de sustenter son équipe, « Les Fines agapes du Vercors » que Christian dirigeait à l’époque, s’en étaient chargées… et Muller avait gagné la course ; d’où la plaisanterie sur le site qu’il avait gagné grâce aux bons repas servis. Ce qui fut encore le cas l’année suivante ». En fait, Yvan Muller a dominé ces courses pendant dix ans.

A la buvette des bénévoles,  j’ai aussi rencontré, Isabelle venue se réchauffer devant une tasse de café ; elle est passée des courses en rallye avec son mari au poste de Commissaire de piste au Trophée Andros, à cause d’une maladie orpheline rare, celle des « os de verre » : « c’est la quatrième année que je suis bénévole au Trophée Andros, les courses automobiles sont ma passion et j’oublie cette fichue maladie devant laquelle le Corps Médical est désarmé. Je suis très entourée par ma famille et mes amis, je sais que cette maladie est inexorable, mais avant qu’elle ne m’abatte je me défoule dans un milieu que j’aime »… C’est aussi une leçon de courage devant l’adversité…

Henrianne van Zurpele © le 11 février 2016 – pour objectifmag.be

1 Ari Vatanen
2 Fondée en 1848 par le Tsar Nicolas 1er de Russie ; c’est une cité d’étudiants qui est aussi la « capitale forestière de l’Europe » où se trouve l’Institut Européen de la Forest.
3 Trophee Andross 2016
4 Double victoire pour Franck Lagorce
5 Vidéo

 

LE TROPHEE ANDROSS 2016 DE RETOUR A LANS EN VERCORS1

2016 01 TROPHEE ANDROSS JPPERNAUT2016Vertement critiqué2 par certains, en 2015, mais bien accueilli  par le nouveau Maire de Lans-en-Vercors, Michaël Kraemer, ce célèbre Trophée sera, pour la 27ème fois, de retour les vendredi 22 et samedi 23 janvier 2016, pour la plus grande joie des passionnés et des nombreux spectateurs qui ne manqueront pas d’y venir à pieds, à cheval, en charrettes, en trottinettes, en patins à roulettes et en chevaux à vapeur. Quant à moi, j’y grimperai sur le dos d’un loup, déjà réservé, ayant quatre forêts à traverser.

« Dès ma nomination au poste de Maire de Lans-en-Vercors3, en mai 2014, j’ai décidé de choisir entre deux manifestations » m’a dit le Maire, au mois de juin suivant, « celle de l’Hadra Trance Festival dont la réputation était devenue exécrable du fait du comportement de certains adeptes et aux deux derniers décès, donc indésirable par la population et surtout par les agriculteurs, et le Trophée Andross, très estimé en Europe dont en France ». 

Pour ceux qui ne connaissent pas les lieux, venant de Grenoble, après avoir traversé le village, il faut grimper sur les hauteurs de Lans-en Vercors, à 1.420 m, par une très jolie et impressionnante route enneigée (avec un peu de chance, cette année). Elle l’est encore plus au printemps quand la nature se réveille, et en  automne grâce à la couleur rousse des feuillus. En fait, c’est le cas pour tous les villages du Vercors ou les arbres sont les rois des montagnes.

Le tracé technique de « l’Andross » est de 800m de long et 10m de large ; les épreuves sur glace se déroulent en nocturne, uniquement. Dans l’édito du programme, Max Mamers écrit : « La force du Trophée Andross, c’est le fruit de sa capacité à se renouveler ; en effet la plus grande course sur glace du monde (depuis 1990) a donné naissance à la première course 100 % électrique (depuis 2009) ».

La marraine 2016 est Laury Thilleman, ex Miss France 2011 et journaliste sportive sur Eurosport. Bien entendu, Jean-Pierre Pernaut (pour la 11ème fois) et son fils Olivier seront participants. Ce dernier, en 2015, a été champion de France des circuits FFSA GT.

Henrianne van Zurpele ©  le 6 janvier 2016 pour www.initiatives-vercors.fr et www.objectifmag.be

1)https://fr.wikipedia.org/wiki/Lans-en-Vercors

2) http://www.initiatives-vercors.fr/Tribune-Le-Trophee-Andros-a-t-il

3) http://www.france-voyage.com/villes-villages/lans-en-vercors-13203.htm

Guerre en Vercors et Haute-Savoie, en France !

bleu01Cette histoire tragique nous a été racontée bien tardivement mais dans un cas de ce genre, il n’est jamais trop tard pour bien faire, il me semble. Lors d’un crime envers un ou des humains, une enquête est lancée, rapidus ! Mais tuer un animal innocent, avec ou sans raison, n’est-il pas un crime aussi ? Personnellement, je le crois, surtout quand on sait que le bouquetin ne peut plus être chassé depuis 1962 et qu’il est protégé depuis 1981.

Bleu-Bleu est un bouquetin bien connu dans les Gorges de la Bourne, et le 10 mai 2015…
In Memoriam. >Henrianne van Zurpele (c)<

Sur la route des Gorges de la Bourne qui mène à Pont-en-Royans circulent beaucoup d’automobiles, dont quelques dangereux « fous du volant » se croyant sur un parcours de courses, des motards dont certains oublient l’élémentaire de la sécurité, des cyclistes courageux mais peureux de l’attitude des autres, ainsi que des habitants du Vercors, à deux ou à quatre pattes… C’est de l’un d’eux qu’il faut connaître la triste histoire qui a terminé son heureuse vie durant dix-huit années, dans le Vercors :
Avec un copain, Bleu-Bleu, le bouquetin bien connu dans sa tribu mais aussi de quelques humains locaux, a décidé, un matin de ce mois de mai dernier, d’emprunter, une fois de plus, la route des Gorges de la Bourne ; « il ne faisait de mal à personne et faisait involontairement l’animation locale », m’a-t-on dit « de plus on le connait par ici, on le voit souvent ».

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(c)Serge Lombard

La bêtise humaine est intervenue, évidemment, à mauvais escient et ce n’est pas la première fois, en Vercors ; il s’agit d’une cascade d’incompétences a dit le biologiste Jean-Pierre Choisy.
Bleu-Bleu, un des 35 Seigneurs des Alpes (Capra ibex) réintroduit dans le Vercors, depuis 1981, avait dix-huit ans ; il y vivait depuis 2002. Son prénom lui avait été donné après la pose de « boucles d’oreilles bleues » d’identification.
Ce n’était pas la première fois qu’il était vu et même admiré au Pont de la Goule noire. Seulement, cette fois, il lui a pris la fantaisie de déranger les humains de passage, au point de vouloir leur faire comprendre qu’il était sur « son territoire ». (Comme les ours l’ont été, jadis). Sans nul doute, par sa présence sur la route sinueuse, il a dû surprendre, des usagers, sur deux ou quatre roues, ne le connaissant pas. Il a été décrit comme « étant menaçant » ! Je pense plutôt apeuré, il s’est cru attaqué et a voulu se défendre » m’a dit un ami qui a vu la scène.

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(c)Serge Lombard

La gendarmerie n’a pas pensé à interdire la route des deux côtés, même pour quelques heures (pauvres automobilistes, cyclistes et autres déjà si malmenés par les travaux depuis sept ans !), quitte à instaurer, à nouveau, le détournement par Herbouilly. Aucun vétérinaire n’était disponible pour lui envoyer une fléchette anesthésiante afin de pouvoir le déplacer (comme on le fait au Canada avec les ours et en Afrique centrale et du sud avec les félins, par exemple). Le plus simple a donc été d’abattre le vieux bouquetin, dont l’autopsie l’a révélé en très bonne santé. Quel gâchis !
Prévenu, le Directeur du cabinet du préfet de la Drôme a estimé que le bouquetin présentait un danger de collision avec les véhicules circulant dans ces mêmes gorges « il représentait une atteinte à la sécurité publique, sur voie publique ». Outre cet argument, la préfecture a jugé qu’il s’agissait « d’un spécimen âgé, blessé à la patte arrière gauche, agressif et signalé en divagation dans le secteur depuis plusieurs semaines » et qu’il était impossible « de le capturer et de le relâcher dans un lieu plus adapté à son habitat naturel ».Si ce pauvre vieux était si dangereux, comment expliquer que des hommes, (pauvre animal sans défense), aient réussi à lui passer une corde autour d’une corne pour le trainer derrière un 4×4 ?? « Il suffisait de le relâcher un peu plus loin ».

« Qui est l’animal…? » m’a écrit une amie vertacomicorienne, aussi révoltée que moi. Elle ajoute : « cette histoire nous a Tous choqué !! Amoureux des Bêtes ou Chasseurs, à l’unanimité, une HONTE !!!! »
Effectivement, pour une fois, les deux adversaires étaient d’accord.
Bleu-Bleu a été lâchement abattu ; qui était le plus dangereux à ce moment-là ??? Or, il était protégé, en France, depuis 1981. Le PNRV, garant de la protection des espèces animales, n’était apparemment pas au courant de cette histoire ; l’information ne lui est revenue qu’après l’exécution de ce pauvre Bouquetin. A-t-il porté plainte, comme il l’a dit ? Où en est le dossier ?
Originaires de Vanoise, les bouquetins ont été réintroduis par le PNRV dans le courant des années 2000. Cinq ans plus tard, on en comptait une centaine, parfaitement adaptés à leur nouveau territoire. Ils sont d’un naturel placide et peuvent être approchés de très près…

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(c)Serge Lombard

Qui a gardé « en souvenir » le trophée de ses majestueuses cornes ? Bleu-Bleu mérite qu’une plaque commémorative soit installée sur le lieu même de sa mort ou que la commune de Rencurel demande à Serge Lombard de lui ériger un monument. Elle pourrait faire un appel de dons…
En cherchant sur le web, j’ai trouvé des reportages et avis sur cet assassinat dont je vous communique les deux meilleurs liens en bas de page ainsi qu’un autre très instructif.
Cette triste histoire m’en rappelle une autre, en tout point semblable, qui s’est passée en haut du piétonnier de Villard-de-Lans ; cette fois-là, avec un jeune cerf égaré de sa forêt proche. Il a subi un sort identique, sous les yeux d’un enfant, il y a quatre ou cinq ans. Cela c’est sans doute aussi fait « dans l’intérêt de la sécurité publique » ? Lui non plus n’était pas blessé, seulement apeuré.
Le fait que les animaux sont les premiers habitants du monde, dont le Vercors fait partie, est généralement oublié. Une réflexion assez pertinente m’a été faite : « les humains s’entre-tuent pour oui comme pour un non, ils ne cessent de se faire la guerre, alors un animal tué, fusse-t-il protégé, où est le drame ? »

Dernière minute :
Alors que les bouquetins sont protégés, (relire ci-dessus), entendu sur France Culture, hier à 22h et confirmé sur le site ci-dessous :

http://www.sciencesetavenir.fr/animaux/biodiversite/20151008.OBS7300/l-abattage-massif-des-bouquetins-du-bargy-est-en-cours.html
mais aussi par « l’Anses » et la Frapna que j’ai contactés : Bargy, au nord des Aravis est bloqué par des agents de la chasse et autres, sur ordre du Préfet de la Haute Savoie, dans le but d’abattre (200 ?) bouquetins « soupçonnés » de véhiculer la Brucellose !! La région est bloquée par des agents de la chasse et autres, afin d’empêcher les journalistes de passer, de photographier et de filmer.
Et cela, sans preuve d’analyse ! Ils (les agriculteurs aussi et surtout) ont déjà voulu, l’an dernier, abattre tous les bouquetins… Et après, que feront-ils des animaux abattus ? un grand feu de joie qui se communiquera à la forêt ? Ameuteront-ils les vautours ? Mais, à la réflexion, qui sont les vautours ???
Des liens vous mèneront aux différents avis et articles en question dans les écrits.

Henrianne van Zurpele, pour le texte © et Serge Lombard pour les dessins © – Juillet, août et septembre 2015.

Pour en savoir plus: Initiatives-Vercors.fr