Françoise Nesse, une Grande Dame de l’Art Animalier

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Françoise dépose un loup sur sa feuille

Françoise Nesse est aussi gentille que modeste et son talent n’a d’égal que celui de Carl Brenders, également peintre animalier Belge qu’elle admire. Carl est l’un des meilleurs peintre animalier au monde, nul doute qu’elle le suive de très près sur cette voie. Elle est née dans la Gaume Belge, à Saint-Mard, le 7 Septembre 1957 ; ses parents l’ont emmenée au Congo-Belge (RDC depuis le 30 juin 1960), à Coquillatville (actuelle Mbandaka),  pour les trois premières années de sa vie. Au terme de ses études en Europe, elle a installé son « atelier » à Bruxelles, non loin du Heysel. La porte d’entrée est à peine ouverte, que Kiwi, une jeune et adorable perruche, aux yeux vifs et brillants, jase si fort qu’il faut la saluer en premier. Elle va alors se blottir dans un coin de sa cage et lance un « coucou » aigu ! « De cette période tropicale, je n’ai que deux souvenirs animaliers : un chien bien vivant et un autre, en peluche », dit Françoise tout en calmant ce bel oiseau aux plumes soyeuses.

Rien ne laissait présager…

Timide, elle n’apprécie pas trop les interview et compte sur son intarissable compagnon pour répondre à sa place… « c’est qu’il m’est beaucoup plus facile de peindre durant des heures et des jours que de devoir affronter les questions pour parler quelque peu de moi et surtout de mon passe-temps préféré qu’est la peinture animalière ».

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Françoise au bord de la rivière Koortenay, en Colombie Britannique

Très jeune, Françoise a pratiqué le dessin avec passion. Plus tard, elle a suivi des cours aux Arts Décoratifs, puis a fait un graduat en Graphisme, au « 75 » à Woluwé-Saint-Lambert, commune de Bruxelles. Ces études lui ont permis d’avoir un métier dans le secteur de l’impression où elle a également appris la photogravure et le maniement des PC et des Mac. Elle ne peut, hélas, pas encore vivre de son art et la crise, en Europe, ne modifie pas cette situation ; il lui faut donc s’en tenir au bon  vouloir d’un employeur… Si elle n’est pas encore auprès des plus grands peintres animaliers de Grande Bretagne, des Etats Unis d’Amérique et même d’Afrique du Sud, Françoise Nesse a, néanmoins, été remarquée au Canada anglophone où elle est heureuse de retourner annuellement pour y passer de longues vacances, depuis quatorze ans. Ses tableaux et éditions d’art sont vendus dans l’Etat de l’Alaska, en galerie, à Ankorage comme à Haines. Françoise apprécie énormément l’accueil chaleureux qui leur est fait, si loin !

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Kiwi – Photo de Stéphan Salberter (c) 2013

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Grizzly à la chasse au saumon – Photo Stéphan Salberter (c) 2013

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Le Randonneur – Grizzly – Peinture Françoise Nesse (c) – Photo S. Salberter (c)

Avec Stephan, son compagnon et son mentor, elle a parcouru la Colombie Britannique, l’Alberta dont Calgary est la plus grande ville, le Yukon, et l’Alaska ; ils s’y déplacent, de la fin du mois d’août à la fin du mois de septembre, par tous les temps, en voiture de location suffisamment grande pour pouvoir y dormir, y manger et mieux observer les animaux.
Stephan précise que « Françoise ne peindra jamais un animal, ne fusse qu’un petit oiseau, sans l’avoir longuement observé ». Excellent photographe animalier, il est aussi son documentaliste par les plus de 20.000 diapositives et photographies animalières qu’il a faites pour servir la mémoire de Françoise… « J’ai un choix fantastique pour réaliser mes compositions de tableaux, au moyen de plusieurs d’entre elles » et elle ajoute : « j’apprécie beaucoup d’être là-bas à cette période de l’année, les couleurs de la nature sont plus vivent dans les tons d’automne, sans être les mêmes d’une année à l’autre selon que la nature est en avance ou en retard ». Elle poursuit en racontant ses nombreuses visions d’animaux : l’ours noir plus petit et trapu que le Grizzly énorme et muni d’une bosse sur le dos ; les loups aux poils noirs, fauves et blancs, plus haut sur pattes que leurs congénères européens ; la splendeur et la majesté des rapaces… Stéphan raconte qu’ils ont vécu tant d’événement émaillés de nombreuses anecdotes extraordinaires que les soirées au coin du feu ne manque pas de piments : la vision d’un ours Kodiac dans le Yukon, en Colombie Britannique, d’un Balbuzard en Alberta, des loups méfiants, d’un jeune Wapiti fougueux, à 4 mètres d’eux… Il me narre trois d’entre elles « lors d’une de nos randonnées, Françoise marchait à quelques mètres devant moi et tout d’un coup est arrivé, entre nous de je ne sais d’où, un grizzly qui marchait d’un air déterminé sans même s’intéresser à notre présence ; Françoise n’a rien vu, je n’en menais pas large… » et une autre « un soir que nous dormions dans la voiture, elle a été fortement bousculée ce qui nous a un peu effrayé, le lendemain matin nous avons vu les empreintes d’un ours responsable de ces heurts ; peu après, nous avons entendu un fort bruit sur le toit du véhicule, arrêté près d’un conifère, c’était un écureuil qui commençait ses réserves pour l’hiver en arrachant des pommes de pin qui tombaient…sur nos têtes ».

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Tatanka – Bison canadien – Peinture Françoise Nesse (c) – Photo S.Salberter

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Rencontre Sauvage – Loup canadien – Peinture de Françoise Nesse (c) – Photo de S. Salberter (c)

Tandis que nous bavardons, je remarque un pygargue à tête blanche, aussi réel que nature, dominant le salon de son puissant regard inquisiteur, Françoise précise aussitôt : « les yeux ont pour moi une importance primordial dans toutes mes peintures et dessins ; ils sont l’essence même de chacune de mes oeuvres. Leur beauté, la profondeur des regards, traduit tous les sentiments et trahit les comportements ». En fait, ils sont les leitmotive de ses peintures hyperréalistes et attirent immédiatement notre regard.
Je me souviens de la première fois où Françoise est venue me voir lors d’une exposition internationale, ANIM’ART, que j’organisais à Bruxelles, à la Galerie Bortier, en Juillet 1997. Accompagnée par son compagnon, ce fut avec une grande timidité angoissée qu’elle me montra des photos de ses œuvres déjà de bonnes compositions ; elles étaient à des années lumières de ce que Françoise Nesse crée actuellement. Dès 1998, elle exposait au sein de ANIM’ART. Deux ans plus tard, elle rencontra l’illustre Carl Brenders qui lui prodigua quelques judicieux conseils tel, entres autres, celui d’aller découvrir la Nature du Canada afin d’observer les animaux sauvages de plus près. C’est ainsi qu’au cours des ans, Françoise nous offre à voir, entre autres, un Puma, des Loups, un jeune Wapiti, des ours Grizzly, un bison dans toute la force de sa réputation ou des rapaces splendides, vus en pleine liberté. Ce qui ne l’empêche pas d’être séduite par le regard quémandeur d’un chat où par la boulimie d’une biquette. Françoise affine sa technique à une telle rapidité, qu’en Belgique, certains de ses pairs s’en alarment. En 2002, lors de l’exposition organisée par l’Académie Européenne des Arts de Gembloux, quatre « Prix » lui ont été attribués, mais elle en a obtenu beaucoup d’autres tant en Belgique qu’en France.

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Affiche de l’exposition « Duo des Sommets » – 2006 – (C) Françoise Nesse et Serge Lombard – Editrice responsable : Henrianne van Zurpele – 2006

«C’est au début des années 80’ que j’ai commencé à créer des compositions d’animaux et de personnages réunis, peu à peu j’ai ajouté des détails de plantes, d’arbres ou de paysages. Le côté mystérieux de la Nature m’a toujours fascinée ». Si, à ses débuts, Françoise travaillait uniquement aux crayons de couleur, elle a, rapidement, prudemment amélioré sa technique mixte au fil des ans ; elle tend à de plus en plus employer la gouache : « Je commence à construire le motif à l’aquarelle tout en maniant encore les crayons » explique l’artiste peintre, « et chaque nouveau tableau m’est un défit ; je m’offre de temps à autre une récréation… à la mine de plomb ». Françoise manque de confiance en elle, doute en permanence, tout en étant capable de tout ; c’est ce qui la fait prodigieusement progresser dans son art.

Au mois d’août 2006, Serge Lombard, sculpteur français en taille directe, lui a proposé de l’accompagner pour une exposition qui s’est tenue dans le sud de la France, à Camaret-sur-Aygues, aux portes d’Orange ; la presse locale avait accueilli avec enthousiasme ce duo « Pour la première fois en région PACA » qui fit grande sensation : deux autodidactes purs, en recherches autant qu’en doutes permanents !

Henrianne van Zurpele – texte © et photographies de Stephan Salberter ©

www.nesse.bewww.stephanature.comwww.anim-art.net /Serge Lombard

2 réflexions au sujet de « Françoise Nesse, une Grande Dame de l’Art Animalier »

  1. Bonjour Françoise , nous nous sommes connues lors des 60 ans de notre amie Marie-Chantal. Je viens de prendre connaissance de ta biographie et sache que j’aime énormément ce que tu peins ainsi que notre conversation en tête à tête . Tu es une formidable artiste . bonne continuation , cordialement Marylène

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