La rénovation du Musée de Tervuren

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Le Musée Royal d’Afrique Centrale à Tervuren
Henrianne van Zurpele (c)

Je voulais vous narrer l’histoire de ce grand Musée Royal de l’Afrique Centrale de Tervueren, voulu par notre Roi Léopold II, inauguré en 1910 un an après son décès, et connu à travers la Planète Terre ; en fait, je vois que sur internet tout et n’importe quoi y est déjà inscrit de même que sur notre Grand Roi incompris par ses compatriotes et injurié par beaucoup d’autres ignorants de l’Histoire réelle ou ne voulant pas la connaître, encore  dans ce millénaire débutant.

 

La rénovation du Musée Royal de l’Afrique Centrale, anciennement appelé « Musée du Congo-Belge » à Tervuren

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Sculpture en Bronze : L’esclavage »

De mon bureau, dans le Vercors, (en France), j’ai pu vivre la fermeture du Musée, le dimanche 1er décembre à la dix-huitième heure, par la webcam (on n’arrête pas le progrès !). Le journaliste-commentateur spécifiait que Monsieur Guido Gryseels, Directeur du MRAC, était à  la manœuvre de fermeture avec un de ses collègues (dont le nom n’a pas été précisé !!) ; il s’est battu pour obtenir tout l’argent nécessaire (51 ou 66 millions d’Euros ?) pour ouvrir, en 2017, un Musée d’Afrique, tout neuf,  qu’il veut le plus beau Musée d’Afrique Centrale au monde ! Sans doute est-il déjà à cette place dans le domaine innovant de la rénovation d’un tel Musée.

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L’éléphanr naturalisé, emblême du Musée
Henrianne van Zurpele (c)

Voici une des réponses à mes nombreuses questions quant aux multiples œuvres exposées depuis tant d’années, aux réserves, aux archives si précieuses, au grand vide que ces travaux de trois ans vont engendrer : « Pendant la fermeture, les projets du MRAC sont nombreux, il sera présent de manière originale dans divers musées avec la présentation, soit d’une pièce de collection, soit d’un petit ensemble de pièces. Elles contrasteront avec l’institution où elles seront exposées et par là, interpelleront, interrogeront et rappelleront la réouverture du Musée d’Afrique à Tervuren, en Belgique, en 2017. La première initiative est le déménagement de l’éléphant empaillé vers le Technopolis de Malines/Mechelen (pas loin de Tervuren), où il sera hébergé pendant ces trois ans… » Toute une histoire que la sienne dont « roho ya Tembo » (l’esprit de l’éléphant) doit se demander ce qui lui arrive dans ce pays froid où il languit du soleil de son enfance, de ses ancêtres et de la savane où il vivait heureux, il y a plus d’un siècle. Un  article sera prochainement consacré à cet emblème du Musée .

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Peinture murale et l’aigle naturalisé
Henrianne van Zurpele (c)

Il était très facile pour le Directeur, Monsieur Gryseels, de dire « … que l’on ne construit pas un musée sur la nostalgie… » ! En toute humilité, il ne devrait pas oublier que s’il est à la tête de ce Grand Musée, internationalement connu, c’est sans nul doute grâce à ses études et ses qualités, mais surtout grâce à la volonté de notre Roi Léopold II, aux missionnaires, aux militaires (noirs et blancs) qui se sont battus contre l’esclavage, aux chercheurs scientifiques, aux agents administratifs (dont un des derniers fut André Ryckmans, ami d’enfances, lâchement assassiné en 1960) et autres nombreux belges, du Gouverneur Général aux colons en passant par le corps médical qui durant plus d’un siècle se sont dévoués, intensément, pour le Congo-Belge et sa population. Tout ce « passé » sera toujours profondément lié au Musée de Tervuren, quel que soit le nom qu’il portera. En leur hommage, une plaque commémorative devrait leur être dédiée, au sein de ce Musée, pour rappeler  leur incommensurable travail.

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Zèbres naturalisés
Henrianne van Zurpele (c)

Si pour les jeunes générations actuelles et celles à venir ce nouveau musée sera merveilleux, sans aucun doute, pour nous, les habitués depuis notre enfance à « feu » notre Musée Royal du Congo-Belge, et plus tard d’Afrique Centrale, nous nous sentons « orphelins » de celui qui fut l’auteur de nos rêves, comme de ceux de nos enfants, de nos réalités,  comme le rappel de nos vies là-bas ou le pansement bancal de nos graves blessures africano-congolaises. Il était notre refuge.

Questions : Pourquoi, entre autres, le Musée du Cinquantenaire, tout aussi connu, très éclectique, agréablement vivant, ne peut-il pas être soutenu de la même façon afin d’effectuer sa rénovation ? N’est-il pas aussi National, heu… Fédéral ? Mon Grand-Père maternel, ses frères et leur Père ont âprement travaillé à la construction de cet énorme édifice ; tous les belges de leur génération et, sans nul doute, quelques autres, qu’ils y aient travaillé ou non, même actuellement vivants, doivent se retourner dans leur tombe ou se révolter de l’état dans lequel sont laissés les Musées à Bruxelles.

Henrianne van Zurpele – texte 10/12/2013 photos©

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