Le Musée de la poupée à Paris

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La porte d’entrée du Musee.
Musée de la poupée à Paris(c)

Avec ses plus de mille six cents poupées, voici un musée enchanteur, peut connu en France, ni dans les autres pays d’Europe et pourtant il mérite le détour ! Ouvert au mois de juin 1994, il est peu éloigné du Centre Georges Pompidou (Beaubourg) et, à choisir, il vaut mieux  garder un joli et tendre souvenir de sa journée que la vision de tuyaux et de « balourdises ». Ce Musée privé a le grand mérite d’exister et de survivre sans l’aide de l’Etat ni de sponsorts. Il ne vit que de ses entrées, de ses activités diverses dont les expertises de poupées, les identifications écrites et les réparations ainsi que des ventes de la Boutique. En y chinant, on y trouve bien sûr des poupées, mais aussi des ours, des chromos, des ouvrages, des textiles, des accessoires, de la mercerie et même du mobilier comme des « pièces » détachées… Annuellement, trente-cinq mille visiteurs en franchissent la porte.

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Une salle.
Le musée de la poupée à Paris (c)

Le mot « poupée » vient du latin, pupa qui se traduit par petite fille ; son histoire remonte à la nuit des temps puisque l’on en a trouvé, dans des tombeaux d’enfants égyptiens au vingtième siècle avant Jésus-Christ. Ce serait le premier jouet au monde ; il a évolué rapidement au fil des époques dans divers matériaux allant de la terre cuite, de l’os ou du bois au plastique en passant par l’ivoire la cire, le jade, les chiffons, le biscuit, la porcelaine, le papier mâché, le tissu, ou la celluloïd, et le rodoïd. Il a été découvert qu’au cinquième siècle avant J-C, il existait des figurines dont les membres étaient mobiles. Et leurs cheveux ?? si la tête était lisse, au début, ils furent sculptés dans certaines matières, tel le bois, puis, au court des temps, dessinés et colorés pour en venir à l’implantation de cheveux véritables ou faux, de toutes les couleurs, longs ou courts, bouclés, ondulés ou raides.Tout cela vous est montré et expliqué dans la première salle du musée, où sont réunis chaque type de poupée des trois premiers quarts du XIXème siècle.

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l’affiche du Musée (c)

La seconde salle, est consacrée aux poupées de 1870 à 1919, années où l’on vit apparaître des noms prestigieux de fabricants, créateurs français, tels que Jumeau, Bru, Steiner, Gaultier, Thuillier, Halopeau, Pannier, S.F.B.J, entre autres.  Les fabriques allemandes de poupées sont toutes aussi renommées : Simon & Halbig, Kämmer & Reinhardt, Kestner, Heubach, Kuhnlenz, Bähr & Pröschild ; les qualités et les performances de ces deux pays se complètent à merveille dans ce domaine enchanteur. Vous y découvrirai également le mouvement du renouveau esthétique dans ce petit monde si important pour les petits filles de toutes les générations, y compris l’actuelle malgré internet et toute l’informatique, jeux compris.

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Groupe de poupées.
Le Musée de la poupée (c)

La troisième salle, explique qu’entre 1920 et 1939, sont arrivés des bébés, avec biberon, qui « mouillent », et d’autres appelées « baigneurs » ; apparaissent, d’année en année,  des poupées de toutes tailles aux beaux yeux qui marchent, parlent ou même chantent ! En 1937, Marie-Anne Le Minor, de Pont-l’Abbé, en France, a créé un atelier d’habillage de poupées en costumes dit « folkloriques » des diverses régions bretonnes, puis de toute la France. Son atelier s’est amplement développé après la guerre 1940-1945. Son idée a envahi l’Europe où dans chaque pays un atelier de ce style a ouvert ses portes et a inondé les magasins de « souvenirs » locaux. Il n’est pas possible d’oublier les célèbres poupées russes, en bois, de toutes tailles, qui s’emboitent l’une dans l’autre ; elles sont éternelles.
De nouvelles firmes innovent et se lancent dans l’aventure du merveilleux et des rêves de toutes les petites filles du monde et même de quelques garçons pour qui furent créés Ken, Action Man et d’autres  : en France, on parle de poupées d’artistespoupées de caractère ; les collections s’accumulent chez Gégé, Anel,SIC , Nobel, Petitcollin, Convert … et j’en passe ; en Allemagne, Käthe Kruse, Steiff, Sasha, Schilkrot, Zapf sont les plus connues ; en Belgique, une marque UNICA ; en Italie, les poupées sont plus fines, un visage plus allongé captivant, expressif, aux yeux accrocheurs, elles sont blondes, brunes, rousses, leur garde-robes, digne de la haute couture,  est fabuleuse et d’un goût raffiné. Elles sont de la Maison Ferruccio Bonomi, de Milan ; Furga (1870-1993) où la série « S » donna naissance à Suzanna en 1965 ; Lenci : Ludus est Nobis Constanten Industria (1919- 1992) à Turin, dont les Fondateurs furent Elena König et Enrico Scavini ; Giuseppitta. Ainsi à l’infini, la poupée vit dans tous les pays de la planète.

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Les poupées « Bleuette ».
Le Musée de la poupée à Paris (c)

La quatrième salle est consacrée à des « poupées de caractère » et aux « poupées d’artistes »… Trois revues féminines ont proposé « leur » poupée à la vente par correspondance, ainsi La semaine de Suzette (1905-1960) revue française pour fillettes de 6 à 15 ans, avait « Bleuette », Modes & Travaux, revues pour les aînées, en France aussi, avait « Françoise », « Michel et Marie-Françoise », tandis qu’en Belgique Femmes d’Aujourd’hui, avait également une « Françoise » ; chaque magazine proposait les trousseaux, tout fait ou à confectionner par les fillettes, sur base des patrons en papier de la revue.

La prochaine exposition temporaire sera consacrée à « Barbie », l’américaine, adulée dans le monde entier dont peu de personnes connaissent la véritable histoire : Dans les années 1950, en Allemagne, une jolie histoire a tourné à l’aigre en provoquant une amertume profonde aux créateurs de la poupée n’ayant pas enregistré officiellement leur droit d’auteurs : Reinold Beutin, dessinateur, lance, dans le quotidien « Bild Zeitung » une BD dont l’héroïne est une jeune femme adulte, moderne, joliment mutine au petit nez en trompette, « Bild Lili ». Rapidement le succès fut tel qu’à Neustadt, un petit village bavarois, Rolf Hausser, fabricant de jouets, s’en inspira aussitôt pour mettre au monde une adorable poupée mannequin identique à cette jeune héroïne née d’un cerveau humain et projetée sur papier par une main et un crayon vifs, très doués. Lili, née d’une BD, devint, entre 1955 et 1964, l’idole des petites et grandes filles et pas seulement en Allemagne. Le drame pour Lili survint de ce qu’un jour de vacances, en Suisse, à Lucerne, Elliot et Ruth Handler se promenaient  accompagnés de leur fillette Barbara qui avait repéré, dans une vitrine de magasin de jouets, la jolie et ingénue Lili….

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Affiche de l’exposition « Barbie ».
Le Musée de la Poupée à Paris (c)

De retour aux USA, Ruth Handler (1916-2002), importante femme d’affaire, fit fabriquer une poupée identique, au visage plus pin-up, qui fut baptisée Barbie, diminutif de Barbara. Pour la commercialiser mondialement, la société Mattel fut créée. Rolf Hausser abandonna les poursuites judiciaires qu’il avait entamées contre Mattel et Lili disparu en 1964 pour laisser place à la « jeune américaine » en évolution constante. De nombreuses polémiques et controverses sont intervenues à l’encontre de « Barbie » qui poursuit encore son brillant chemin.

Henrianne van Zurpele – 2/02/2014 – Texte © Photos : Musée de la Poupée – Paris ©

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