Les gérontologues

eneoLes technologies pour les aînés occupent une place croissante dans notre société moderne et « branchée ». Faut-il s’en réjouir ou s’en inquiéter ? Telle est la question à laquelle Énéo, mouvement social des aînés a souhaité répondre. En interrogeant des aînés d’horizons divers, mais aussi en explorant la littérature scientifique. Le bilan, en demi-teinte, incite à tirer profit des avancées technologiques sans en perdre de vue les risques.

.Les gérontechnologies : solutions ou problèmes ?

Les géron-quoi ? Désignées par un terme abscons, les gérontechnologies ne sont en réalité que des technologies qui visent directement un public âgé. Elles tiennent compte de certaines difficultés qui apparaissent parfois en vieillissant (par exemple, les déficits sensoriels) et de certaines particularités générationnelles (par exemple, une moindre familiarité avec les technologies). Le téléphone à grandes touches est une gérontechnologie largement utilisée, que tout le monde connaît. Mais il en existe beaucoup d’autres : bracelet de géolocalisation pour personnes désorientées et démentes (pour ne pas se perdre), détecteur de chute, pendentif de télésurveillance (pour appeler du secours), pilulier électronique (pour ne pas oublier ses médicaments), robot domestique, etc. L’inventivité des concepteurs est – presque – sans limites. Utiles pour qui et pour quoi ? Les gérontechnologies aident les aînés dans leur quotidien et améliorent leur sécurité. Elles leur permettent de vivre plus longtemps à domicile et retardent dans certains cas la nécessité de rechercher un nouveau lieu de vie. Mais elles ne servent pas qu’aux aînés : elles facilitent aussi la vie de leurs aidants, professionnels ou familiaux. Souvent, ce sont d’ailleurs les proches qui, pour de se rassurer, choisissent ces diverses technologies pour « leur » aîné… Éthique et TIC « Les questions éthiques que soulèvent ces technologies sont nombreuses et ne devraient pas être perdues de vue », souligne Jean-Baptiste Dayez, chargé d’études à Énéo. Certaines touchent directement à la confidentialité et au respect de la vie privée : même pour la bonne cause, traquer les faits et gestes de quelqu’un n’est jamais anodin. D’autres sont installées chez leur utilisateur après un consentement acquis à la va-vite : a-t-il vraiment eu le choix ? Les gérontechnologies sont censées promouvoir l’autonomie, mais ne renforcent-elles pas, parfois, la dépendance ? En tentant, en vain, d’éradiquer le risque de nos existences, ne risquent-elles pas d’engendrer une perte du contact humain ? Ne sont-elles pas réservées, en raison de leur coût, aux aînés les plus favorisés ? Ces différentes questions n’appellent pas de réponse univoque, mais méritent certainement d’être posées. On n’arrête pas le progrès, mais… Il ne faut pas jeter l’aîné avec l’eau de la baignoire à porte : les gérontechnologies augurent d’excellentes choses pour les aînés et leurs proches. « Les échanges que nous avons eus avec les aînés attestent d’un réel enthousiasme à l’égard de ces technologies », souligne Jean-Baptiste Dayez. « Nous pensons qu’il faut rester vigilant par rapport aux gérontechnologies, mais refusons catégoriquement de les diaboliser ». Le règne des gérontechnologies est en marche : nul ne pourra l’arrêter… mais nous devons le cadrer !

Belga

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