Soisson, guerre de 1870

Soisson(c)Gratianne La position géographique de la ville de SOISSONS, située sur la rivière de l?Aisne à cent six kilomètres de PARIS, trente deux de LAON...

...Quarante de CHATEAU-THIERRY ainsi que de COMPIEGNE et soixante de REIMS, en fait, du point de vue de sa situation stratégique une place de première importance.

Après la conquête des Gaules par les Romains, le site de SOISSONS est devenu un poste militaire important. La ville de SOISSONS, déjà ceinturée par une muraille à l'époque de la conquête FRANQUE, fut prise par CLOVIS lors d?une grande bataille qu'il gagna en 486 contre SYIAGRIUS dernier représentant romain de son état. CLOVIS fit de SOISSONS sa capitale, rang qu?elle garda jusqu?en 613. Outre un passé religieux important, la ville à subie un nombre important de sièges. Pour mémoire nous citerons :
1414 par les troupes de CHARLES VI
1544 par les troupes de CHARLES-QUINT
1567 par les protestants
1814 conquise par les Russes et les Prussiens
1815 après WATERLOO, SOISSONS doit ouvrir ses portes aux alliés.
Ces quelques exemples montrent, s'il en était besoin, l'histoire riche et mouvementée de cette ville. Depuis la nuit des temps tout armée paresseuse ne pouvait que passer par cet endroit, SOISSONS étant en quelque sorte un poste avancé avant LUTECE devenu par la suite PARIS.
Ci-dessous: Rempart et porte de Laon de la fortification de Soissons (Collection J.M. Gratianne)



Soisson(c)Gratianne
Après la conquête des Gaules par les Romains, le site de SOISSONS est devenu un poste militaire important. La ville de SOISSONS, déjà ceinturée par une muraille à l'époque de la conquête FRANQUE, fut prise par CLOVIS lors d'une grande bataille qu?il gagna en 486 contre SYIAGRIUS dernier représentant romain de son état. CLOVIS fit de SOISSONS sa capitale, rang qu'elle garda jusqu?en 613. Outre un passé religieux important, la ville à subie un nombre important de sièges. Pour mémoire nous citerons :
1414 par les troupes de CHARLES VI
1544 par les troupes de CHARLES-QUINT
1567 par les protestants
1814 conquise par les Russes et les Prussiens
1815 après WATERLOO, SOISSONS doit ouvrir ses portes aux alliés.
Ces quelques exemples montrent, s?il en était besoin, l?histoire riche et mouvementée de cette ville. Depuis la nuit des temps tout armée paresseuse ne pouvait que passer par cet endroit, SOISSONS étant en quelque sorte un poste avancé avant LUTECE devenu par la suite PARIS.


Les fortifications de la ville de SOISSONS, au moment des évènements de 1870, ne présentent pas un état de défense des plus remarquable. En effet la place, réduite à une simple ceinture de remparts n?offre qu?une résistance de faible valeur. De plus elle souffre de moyens de défense complètement insuffisants. Malgré ce handicap, la ville de SOISSONS a soutenu à l?époque un bombardement de quatre vingt quatre heures avec un courage et une énergie reconnus même par son vainqueur, en l?occurrence l?armée allemande. Pour l?anecdote, il est dit dans les articles 3 et 7 du protocole de la capitulation signée le 15 octobre 1870 à onze heures du soir :
En considération de la défense valeureuse de la place, la ville n?aura à subir aucune contribution de guerre.
Outre des dégâts que l?on peut considérer comme classiques, il est à noter que pendant le bombardement que l?assiégeant fit subire à la ville durant environ quatre jours, l'hôpital, pourtant site non militaire, eut à souffrir de destructions significatives. En effet dans la nuit du 13 au 14 octobre 1870, l'établissement fut entièrement détruit par un incendie que les projectiles de l?ennemi alluma dans sa toiture.


Ce qu'il faut savoir sur la bataille se résume aux faits suivant :
Le 11 septembre 1870 une armée allemande forte de 20.000 hommes environ mit le siège devant la ville de SOISSONS. La place était défendue alors par 5000 soldats, ces derniers refusèrent de se rendre et tentèrent de faire plusieurs sorties sans succès. L?artillerie allemande, installée sur les hauteurs environnantes pratiqua de violents bombardements qui incendièrent une partie des faubourgs, l'hôpital et une partie de la manutention militaire installée dans l'ancienne abbaye de SAINT JEAN DES VIGNES. Le siège dura 37 jours. Suite à une brèche pratiquée dans les fortifications, le 16 octobre la ville dut se rendre.
Le déroulement de la bataille et ses conséquences ont fait déjà l'objet de publications. Pour information, nous recherchons pour nos archives (copie ou original) un opuscule publié en 1885 par monsieur R.FOSSE D?ARCOSSE sur le siège de SOISSONS.
Notre but, par ces quelques lignes, n?est pas de retracer les combats, mais de vous faire découvrir par le biais de ce billet les sites visitables et vous donner peut être envie de venir voir sur place.


SAINT JEAN DES VIGNES

L'abbaye de Saint-Jean des Vignes était une communauté de religieux augustins qui fut, comme beaucoup d?autres, supprimée par le décret du 13 février 1790. Suite aux « mutilations » du à la révolution, cette dernière fut vendue par l?Etat en 1805 sur décret impérial à un maçon de la ville, à charge pour lui de démolir l'ouvrage en conservant toutefois le portail et les deux tours. Il faut dire que cette façade, emblème reconnue de nos jour, n'a du son salut qu'aux protestations des habitants. Les fonds ou les matériaux récupérés furent mis à la disposition de l'évêque de SOISSONS pour l'entretien de la cathédrale. Les flèches des deux clochers furent complètement abandonnées par la suite à l'outrage du temps et des hommes.

Plus tard, le réveil du goût des arts du moyen âge, donna une nouvelle impulsion quant à disposer de sommes importantes consacrées à l'entretien du monument. Cet état de fait permis à diverses reprises des rénovations.
Le siège de 1870 par l?ennemi mis en péril l'édifice. En effet l'armée allemande se fit en quelque sorte
« un jeu » de mutiler les restes de l'abbaye. L'exemple type fut le tir de boulets dans ou aux abords de « la rosace » du portail par les artilleurs allemands.
Dés que le calme fut un peu rétabli en France, au cours de l'année 1871, les Soissonais firent une souscription par laquelle la Ville et l'Etat se joignirent afin de réparer et remettre ce patrimoine en valeur. De nouvelles destructions, plus tard, se profilèrent encore à l'horizon, mais ce morceau d'histoire dépasse le cadre de cet article.
Ci-dessous: L'Arsenal (St Jean des Vignes sur la gauche de l'arsenal) en avril 1999.(Collection J.M. Gratianne).


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De nos jours, ce site magnifique, comporte toujours ses deux flèches tendues fièrement vers les cieux malgré les affres des trois guerres : 1870, 1914/18, 1939/1945. Dans l?enceinte de l?abbaye, utilisée autrefois pour la manutention militaire, deux bâtiments à vocation militaires existent encore. L?arsenal daté 1843, bâtiment utilisé de nos jours pour des expositions et dont la toiture vient d?être récemment refaite n?est pas des plus inintéressant. Ce type de construction est à voir. Une superbe poudrière, elle aussi de 1843, se trouve non loin de là et comporte encore ses portes blindées. Sur les murs de nombreux graffitis sont visibles. Les soldats qui étaient de garde à cet endroit ont laissés leurs traces. A voir aussi dans le cadre d?une visite plus classique (fortification oblige), les restes du cloître et le réfectoire. Lors des journées du patrimoine, ne pas manquer la visite des bâtiments du CNRS (unité spécialisée dans le sauvetage de fresques romaines) qui ont récupérés pour leurs travaux d?anciens bâtiments utilisés autrefois pour le stockage du grain.

L'Arquebuse

Soisson(c)Gratianne L?endroit est appelé communément de nos jour, pavillon de l?arquebuse, car en ce lieu se trouve un pavillon en pierre de taille et brique, dont l?architecture est dans le goût du XVIIème siècle et qui servait à l?époque aux assemblées de la compagnie de l?arquebuse. Ce dernier composé d?une grande salle était éclairé par dix grands vitraux peints représentant des sujets tirés des métamorphoses d?OVIDE.
En 1870, le bastion ou se trouve le pavillon était défendu par des artilleurs qui ont éloquemment prouvé leur courage. Par contre le bâtiment a bien souffert, notamment au niveau de sa toiture et de ses vitraux disparus dans les combats.
Il fut réparé après la guerre et servit de magasin au génie militaire.
Aujourd?hui, le pavillon de l?arquebuse accueille des expositions. L?élégance de son architecture LOUIS XIII ne peu laisser indifférent. A voir aussi le portail d?entrée, élevé en 1638 sur la demande du Maréchal d?ESTREES. Rénové il y a très peu de temps, sa structure possède un entablement orné de trophées qui à fière allure.

A gauche: L?ARQUEBUSE juste après la guerre de 1870 (Collection J.M.GRATIANNE)


PLACE DE LA REPUBLIQUE

En ce lieu, en plein milieu de la place, un monument de la défense de SOISSONS en 1870 à été édifié grâce à une souscription et inauguré en 1901. Il existe toujours de nos jour.
Par contre il est difficile de voir les trois bas reliefs représentant les combats de la ville fortifiée de SOISSONS qui se trouvent sur le dit monument. Traverser la place relève de « l?exploit ». En effet de nombreuses voitures empruntent cette dernière. Les temps changent.
A droite: Monumen de la défense de Soissons en 1870. (Collection J.M.Gratianne). Photo prise pendant la 1ère Guerre Mondiale.


Soisson(c)Gratianne
>On ne passe pas Magazine, article écrit par
M.HARANT
J.M. GRATIANNE
Illustrations: Collection J.M.Gratianne (c)