Merci Istvan Felkaï
La RTBF est en deuil. Istvan Felkaï, notre
envoyé spécial permanent à Paris, est
décédé inopinément samedi soir.
Âgé de 64 ans, Istvan Felkaï avait
débuté sa carrière en journalisme il y a
près 40 ans. Hommage. Au début, dans la presse
écrite plutôt engagée à gauche,
repéré par le quotidien Libération, il en
était devenu le correspondant pour la Belgique et l'Europe.
Depuis le milieu des années 90, il était à
Paris celui qui nous informait de l'actualité politique,
sociale, culturelle et diplomatique de l'hexagone.
Avec la disparition si brutale d'Istvan Felkaï, ce que nous
perdons, nous, ses amis de la RTBF et ses nombreux fidèles
auditeurs, c'est une voix, c'est une plume, c'est un amoureux de la
France. Un amoureux particulier de la langue française, qui
n'était pourtant pas sa langue maternelle : Istvan était
ce qu'on appelle un enfant de l'Europe de l'après-guerre,
hongrois d'origine. Installé, immigré en Belgique et
diplômé de l'ULB, section, évidemment, journalisme.
Istvan restera pour nous l'envoyé spécial permanent, le
monsieur de Paris, plus sobre souvent que ses
prédécesseurs comme Armand Bachelier, il en était
digne héritier.
Mais avant cela, pour le quotidien de gauche Libération il
était le monsieur de Bruxelles, puisqu'il a été
pendant plusieurs années le permanent de Libé en Belgique.
Entrée à la RTBF à la fin des années 80,
par la grande porte. Il a été journaliste international,
grand reporter de guerre en Irak, il ne voulait pas rentrer de Bagdad
en 91 quand les américains s'apprêtaient à
bombarder la capitale irakienne.
Après cela, il n'a pas fallu lui demander deux fois son accord
pour monter à Paris. 15 ans de reportages, d'infos, d'analyses
et de débats sur la politique de l'Elysée à
Matignon. Il y connaissait tout le monde, pouvait débattre avec
tous de gauche, du centre et de droite. Scoop : la source de la RTBF
sur les résultats le dimanche dès 17h00 des
élections présidentielles, c'était Istvan.
Mais il nous apportait aussi son lot d'infos sur la culture, le
numérique et la francophonie. Une véritable palette de
connaissance et surtout de curiosité.
A sa femme Mimouna, à ses trois enfants avec qui il partageait
la passion de son métier, la RTBF présente ses plus
sincères condoléances.
Depuis samedi, elle nous manque déjà cruellement cette
désannonce : "Paris, Istvan Felkaï, RTBF"
Source: Rtbf.be