Le Québec est sous eau

La rivière Shawinigan à Shawinigan. // Eric de Wallens(c)objectifmag.be

Depuis plusieurs semaines, le Québec vit dans l’eau. En effet ce n’est pas moins de 124 villes et municipalités sinistrées. 1326 résidences, 700 personnes évacuées de leur maison. 309 routes sont touchées par la crue des eaux. Pour les anciens c’est du jamais vu depuis 43 ans. L’eau monte depuis le mois de mars suite à la fonte de la neige et à une pluie presque incessante.
En ce qui concerne le manteau blanc qui a recouvert le territoire Québécois, tout n’a pas encore disparu, au Nord de la Tuque, la blancheur recouvre encore le sol par endroit.

L’église de NIcolet. // Eric de Wallens(c)www.objectifmag.be

Le Fleuve Saint-Laurent est sorti de son lit en profondeur dans les terres. Il a été demandé aux bateaux de naviguer doucement pour éviter des vagues trop fortes. La rivière St Maurice, la rivière Shawinigan, mais aussi tous les autres cours d’eau sont gonflés. La terre n’en peut plus, elle n’absorbe plus rien.
Et le pire est encore à venir selon le service météo, un long week-end de pluie arrive. Plus de 50mm d’eau en plus d’ici dimanche !

La rivière Nicolet. // Eric de Wallens(c)www.objectifmag.be

Le fleuve St Laurent à Trois Rivières. // Eric de Wallens(c)objectifmag.be

Les citoyens disposent des centaines de sacs de sable autour des maisons. Mais l’eau s’infiltre partout. Il y a pénurie, plus aucun sac disponible dans les grandes surfaces. Il y a eu une ruée sur les pompes à eau également et les réserves sont à zéro.
L’armée est prête à intervenir, si le gouvernement le demande. Il est temps !
Les ouvriers communaux, les pompiers ainsi que les bénévoles ne savent plus où donner de la tête. La police est également sur le terrain. Il y a quelques jours, deux d’entre eux ont été blessés lors de l’effondrement de la route sous la voiture de patrouille à Sainte-Geneviève de Batiscan. L’eau avait miné le sous-sol. A Saint-Justin, ce sont les occupants d’une maison qui ont été évacués. Une bonne partie du jardin s’était affaissé.

La météo ne semble pas vouloir changer dans les prochains jours. Il faut être patient, mais comment l’être les pieds dans l’eau !

Reportage et photo. Eric de Wallens ©

Le Chemin du Roy

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La couronne royale sur le logo visible tout au long du Chemin du Roy, fait référence à l’époque à laquelle il fut construit. Eric de Wallens(c)www.objectifmag.be

Il était une fois, une histoire passionnante sur un chemin, appelé plus tard : Chemin du Roy, qui deviendra une route, depuis sa naissance jusqu’à aujourd’hui encore, il vit auprès d’un fleuve appelé « Saint-Laurent ». Notre histoire se déroule loin d’ici, de notre petit Royaume Belgique, à une époque où nous n’étions pas encore Belge mais tiraillés entre différentes puissances du moment. Pour découvrir cette aventure, nous devons traverser des contrées, la Mer du Nord et un Océan, l’Atlantique pour arriver dans la Nouvelle France, le Québec actuel.

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Le Fleuve Saint-Laurent à hauteur de Trois-Rivières, au-dessus de la photo. Eric de Wallens(c)www.objectifmag.be

Depuis la découverte de ce pays par Jacques Cartier en 1535, les colons immigrent du vieux continent pour venir s’installer sur de nouvelles terres. Quelques années et quelques guerres plus tard, ils ont importés cela aussi, nous sommes au début du 18ème siècle en 1700, le fleuve Saint-Laurent est le principal axe de circulation entre les paroisses et les seigneuries, mais reste lent, Etienne Lenoir (un Belge) n’inventera le moteur à explosion que 150 plus tard, donc tous  déplacements sur l’eau se fait à la rame ou à la voile.

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Le Chemin du Roy, à Grondines, en direction de Québec. Eric de Wallens(c)www.objectifmag.be

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Batiscan est une autre ville le long du Chemin du Roy entre Montréal et Québec. Eric de Wallens(c)www.objectifmag.be

Pourtant il existe bien des chemins entre les rangs et seigneuries, mais l’ensemble est assez dispersé et peu pratique. Ce nouveau pays a besoin de se développer mais comment faire, Montréal et Québec, les deux grandes villes sont à plusieurs jours de navigation… Avant d’aller plus loin, arrêtons-nous sur le rang, c’est une bande de terre étroite et perpendiculaire relié au cours d’eau et octroyé au colon afin d’y vivre et cultiver. 50 ans plus tôt, en 1657, l’administration française avait ouvert un poste de ce que l’on appelle chez nous, de Ministre des Travaux Publique, un Grand Voyer, le sieur René Robineau de Bécancour, Seigneur de Portneuf. L’histoire raconte qu’il n’a pas fait grand-chose, et qu’il faudra attendre 1699 et son fils, Pierre pour que cela bouge. C’est lui qui va vraiment prendre les choses en main et mettre sur papier le tracé du Chemin du Roy.

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L’ancien relais de poste de Deschambault. Eric de Wallens(c)www.objectifmag.be

Les travaux vont débuter une quarantaine d’années plus tard en 1731 et le troisième Grand Voyer, Jean-Eustache Lanouiller de Boisclerc. Cette route est importante pour le développement du pays, j’en parlais plus haut, en effet, elle va être empruntée par des voyageur à pied, à cheval ou avec toutes sortes de charrettes et carrioles à roues, il y aussi la poste sans oublier l’armée. Pour parcourir la distance entre Québec à Montréal, par ce chemin connu de nos jours sous le nom de route 138,  il fallait entre 4 et 6 jours, sauf au galop, dans ce cas, deux jours suffisent.

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De l’autre côté du Saint-Laurent, la ville de Trois-Rivières, elle est située environ à mi-parcours du Chemin du Roy, il y avait un relais où les voyageurs pouvaient y passer la nuit. Eric de Wallens(c)www.objectifmag.be

A cette époque il n’existe pas de service de voiries avec son personnel, comme aujourd’hui, c’est donc les hommes qui habitent tout le long du chemin qui seront mis à contributions, aussi bien pour la construction que pour l’entretien, ces « ouvriers » seront connus sous le nom de « Corvée du Roy ». Ils devront ouvrir la route sur 280 kilomètres de long et 7,4 mètres de largeurs à travers les 37 seigneuries et 29 relais assureront le repos du voyageur. Le Chemin du Roy sera inauguré le 8 Août 1734 mais réellement terminé en 1737. Aujourd’hui il a toujours la même vocation, mais en plus c’est devenu un attrait touristique à découvrir.

Photographe et reportage : Eric de Wallens.