L’Enclos des Fusilliés de Bruxelles. Cimetière ou terrain à l’abandon ?

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La Belgique et ses Volontaires de guerre, ses Anciens Combattants, ses Résistants et ses… Morts pour la Patrie. Toute une histoire. Dès la fin de la dernière guerre toutes ces femmes, tous ces hommes qui avaient combattus pour la Liberté de notre Royaume étaient oubliés. Oui dès le 8 mai 1945 ! Je parle des dirigeants de notre pays, des politiques. Ce n’est pas moi qui le dit. J’ai souvent entendu cela en reportage auprès des personnes qui ont sacrifiés leur jeunesse pour que nous puissions vivre libre. Mais nous les Belges des deux sexes qui sommes « Le Bon Peuple » nous n’avons pas oublié !

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Pour la petite histoire, le Tir national, démoli le 29 avril 1963 était construit sur un terrain appartenant à la Défense National, il avait remplacé le premier Tir national alors installé Place Dailly. Qui deviendra une caserne et l’Etat-Major Général à l’époque. Aujourd’hui, c’est un enclos rectangulaire perdu entre les bâtiments de la RTBF et des immeubles d’habitations, Rue du Colonel Bourg. C’est très gris, quoique entouré de verdure et nous pouvons encore voir une butte du Tir national. En plus des tombes, un petit mémorial à la mémoire des prisonniers politiques belges inconnus de la dernière guerre a été inauguré en 1970. Sur celui-ci il y a une urne contenant des cendres des victimes des camps de concentrations.

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C’est là que furent fusillés des résistants, femmes et hommes lors des deux guerres mondiales des  Belges tels Edith Cavell, Gabrielle Petit ou Philippe Baucq entre 1915 et 1916, mais aussi quelques Français. Les allemands avaient gardé la mauvaise habitude de fusiller, ils recommencèrent quelques années plus tard en tuant, entre-autre, André Bertulot, Arnaud Fraiteur et Maurice Raskin en 1943
Chaque année au mois d’avril, une cérémonie y est organisée. C’est bien le seul moment ou un personnage politique, femme ou homme, vient montrer le bout de son nez. Ou bien vient se montrer. J’hésite… Sans même remarquer ou s’inquiéter du manque d’entretien du site.

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En dehors de cela, ils ne font rien pour entretenir, donner un bon coup de jeune, de restauration etc…Les mots ne sont pas importants. C’est de l’action qu’il faudrait dans ce lieu de mémoire recouvert de 365 croix, sauf si l’une d’entre elles est tombée faute d’entretien. Il n’y a pas un centimètre de pelouse sur les tombes, rien que de la terre.  Ces croix et les étoiles de David sont d’un autre âge. Des stèles, des plaques commémoratives, des photos sont cassées ou illisibles. Ce coin est gris, sale et inhospitalier. Voilà pour l’inventaire.
J’ai déjà plusieurs fois soulevé la question pour la remise en ordre de l’Enclos des fusiliers. La réponse est toujours la même « Il n’y a pas d’argent » Ah bon ! Pas d’argent en Belgique… Il y a aussi le « ce n’est pas moi, c’est l’autre », histoire de ne pas prendre de responsabilité ! Ont-ils ou elles demandé d’être payé pour se faire tuer en défendant notre Pays, notre Liberté ??

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Gabrielle, Edith, Prosper, Jules, Charles, Louis, Arnaud, André, Youra, Jacques, Victor, Georges et tous les autres ! Qu’ont-ils fait pour mériter cela. C’est honteux et lamentable. Vivants comme morts, ces femmes et ces hommes résistent à la connerie humaine.

Photographe et reportage : Eric de Wallens ©

La Fête Nationale du Québec

Le drapeau Québécois.//Eric de Wallens(c)

Chaque pays à sa fête nationale, le 21 juillet pour la Belgique, le 14 du même mois pour la France, le 4 toujours en juillet pour les Etats-Unis. Et, c’est amusant, le 1er jour du 7ème mois de l’année pour le Canada. Ce serait amusant de creuser un peu afin de savoir pourquoi le mois de juillet est si populaire. Mais ce n’est le but de ce « papier ». Au Québec, la date de ce grand jour est le 24 juin. Pourtant le Québec n’est pas un pays. Il est toujours officiellement une province du Canada. Bon et alors, c’est avant tout la fête des Québécois et ils vivent où ces gens-là ? Au Québec. C’est une nation dans une nation.

Le Parlement Canadien à Ottawa.// Eric de Wallens(c)

Mais ne faisons pas de politique, Objectifmag.be est apolitique. Voyons plutôt le côté historique. Au départ, c’était une fête païenne qui célébrait le solstice d’été par un grand feu. Pas ici, non, mais à l’autre bout du monde en Europe. N’oublions pas que le Québec est formé, en plus des autochtones d’une grande majorité d’Européen. Ils sont arrivés avec leurs festivités. La France est souvent associés à ce mouvement de foule. Et les Belges alors ?

Comédiens au Village Québécois d’Antan.//Eric de Wallens(c)

Or donc, dans ce pays voisin de ce qui n’était pas encore la Belgique, nos amis Français ont associés cette fête à Jean ayant vécu dans l’entourage de Jésus. Le même qui l’a baptisé. D’où Jean le Baptiste devenu plus tard, Saint-Jean Baptiste. Mais je ne vous apprends rien.
Près de 200 ans après l’arrivée du premier Français, en 1827, un collègue, le journaliste Ludger Duvernay achète un journal, « La Minerve » afin de le faire prospérer. Il est également le Président d’une société « Aide-toi, le ciel t’aidera » C’est important à savoir pour la suite. En effet une idée germe dans son cerveau : « Pourquoi ne pas refaire vivre la tradition de la Saint-Jean Baptiste ? » se dit-il.

Québec, capitale du Québec avec dans le fond, le St Laurent.//Eric de Wallens(c)

Ceci avec l’idée secrète de donner au Français du coin, une fête nationale. A cette époque les Anglais sont toujours très présents dans cette contrée appelée : Bas Canada. Lors de la première fête, ils ne sont pas très nombreux, juste une soixantaine de notables autour d’un banquet organisé dans le jardin d’un Avocat, John Mc Donnell. Qu’à cela ne tienne, c’est un petit succès bien relayé dans la presse de l’époque.
L’année suivante, d’autres fêtes seront organisées dans la région.

Modèle d’une plaque d’immatriculation du Québec avec sa devise: Je me souviens.//Eric de Wallens(c)

Mais tout ne se déroule pas comme prévu, la Rébellion des Patriotes couve. Nous en avons parlé précédemment dans un article. Et 1837 arrive. Arrêt total de cette célébration. Duvernay part en exil pendant cinq ans. Plus de société ni de journal jusqu’à son retour en 1842.
Reviennent avec lui « La Minerve » mais aussi et surtout la Fête Nationale qui va se développer de plus en plus pour devenir ce qu’elle est aujourd’hui.

Photos et reportage : Eric de Wallens ©
Crédit illustration de la plaque d’immatriculation: Google.

Ce 4 août 1914, les Allemands rentrent en Belgique !

L'invasion de la Belgique

La Comtesse Sophie Chotek et l’Archiduc François-Ferdinand

Pour les plus jeunes d’entre nous qui ne le savent pas encore, la Première Guerre Mondiale, est appelée aussi, la « Grande Guerre » par le fait qu’elle a engagé dans son sillage de nombreux pays et que de nombreux militaires y ont combattu, ont été blessés ou tués. A l’origine de cette guerre,  un assassinat le 28 juin 1914, ce jour-là l’héritier de l’Empire austro-hongrois, l’Archiduc Francois-Ferdinant et sa femme, la Comtesse Sophie Chotek ont été tués à Sarajevo par le nationaliste Gavrilo Princip, membre du groupe « Jeune Bosnie ».

L'invasion de la Belgique

Gavrilo Princip

Vous allez me dire : « comment l’assassinat de deux personnes, même de haut rang, peut entraîner notre bonne vieille terre dans une Guerre Mondiale ? » C’est simple, enfin … à raconter, cette tuerie n’a rien fait pour arranger l’entente entre l’Empire austro-hongrois et le Royaume de Serbie. Sans rentrer dans le détail, cet événement déclencha toute une série d’alliances et autres ententes entre les autres pays et impliqua de ce fait toutes ces Nations dans la Guerre. Il faut savoir aussi qu’a cette époque, plusieurs d’entre eux étaient des empires importants possédant des Colonies sur divers continents.

L'invasion de la Belgique

Le monument en mémoire du Cavalier Fonck à Thimister, en Belgique (c) Eric de Wallens www.objectifmag.be

Il est étonnant de noter que nos dirigeants de l’époque, comme aujourd’hui encore dans les familles Royales étaient tous cousins de près, ou par alliance. Notre Royaume de Belgique était un pays neutre et fut entraîné malgré elle dans cette Guerre par la violation de notre territoire le 4 août 1914 à 08h02 à Gemmenich, environ à 50 kilomètres de Liège. L’Armée Belge n’était pas réellement bien entraînée et équipée, surtout face à une Allemagne déterminée et à la pointe de l’équipement de l’époque. 28 minutes plus tard, le premier de nos soldats était tué, il s’appelait Antoine Fonck, Cavalier Brigadier au 2ème Lanciers

L'invasion de la Belgique

Tombes Allemandes au cimetière de Aachen. Eric de Wallens(c)www.objectifmag.be

Ce Brigadier avait trois ans d’armée et était en patrouille, le 4 août 1914 vers 07h30 avec 4 autres de ses collègues aux environs de la Route Charlemagne (N3) à Thimister-Clermont, toute proche de la frontière Allemande.
Ils ont pour mission de reconnaître cette région afin de voir si les Allemands respectent la neutralité de la Belgique. En effet, le Roi Albert Ier venait de refuser l’ultimatum Allemand demandant le libre passage de notre territoire par leur armée. Le Général Otto von Emmich a mit son 10ème Corps d’Armée dans les environs de Aachen (Aix-la-Chapelle). Le premier Uhlan vien d’entrer en Belgique. A quelques kilomètres de là, Antoine Fonck traverse un pont de chemin de fer, qui vient juste d’être miné par les pionniers Belges. Un peu plus loin, un fermier renseigne à notre cavalier que les Allemands approchent, Antoine décide de les attendre, il descend de son cheval  pour prendre une position de tir confortable et dès qu’il aperçoit les Uhlans,  il tire, un soldat du Kaiser tombe.
Après son acte héroïque, le Brigadier Fonck remonte sur son cheval et part au galop en direction du pont. Il n’y arrivera jamais, il vient d’être touché au cou par une balle Allemande. Il est environ 10h00. (Depuis ce jour, la devise du 2L est : Meurs premier comme devant).

L'invasion de la Belgique

La carte du plan Schlieffen

L'invasion de la Belgique

Les Généraux Schlieffen et von Molkte

nous faire, malgré la bravoure de nos gars, il eut été difficile de retenir ce défCette avant garde Allemande était à la tête de trois armées totalisant 600.000 hommes, c’est aux environs de 5 fois plus d’effectifs que notre armée qui comptait 117.000 soldats. Nous avions un Roi, un drapeau, un pays à défendre et pour un jeune de 1914, ce sont des valeurs importantes. Mais que pouvions nous faire, malgré la bravoure de nos gars, il eut été difficile de retenir ce déferlement. Mais jamais nous n’avons capitulé !

L’Armée du Kaiser est commandé par un ancien de 1870, le Général Helmut von Moltke,66 ans, il mit en œuvre un plan datant de 1894, le « plan Schlieffen », (C’est le nom d’un ancien Général d’Etat-Major).

En résumé, l’idée de celui-ci était de combattre sur deux fronts, l’un Russe et l’autre Français. Afin d’éviter des fortifications naturelles ou artificielles dans les Ardennes Françaises et dans les Vosges, il devrait faire pivoter les armées autour des Ardennes avec une offensive principale en Belgique. Mais le Général von Moltke n’a pas le courage.

Photographe et reportage: Myriam et Eric de Wallens (c)
Crédit illustration: Archives OM
Carte: Google.