Le monument Kusy, 73 ans après.

_DSC2011Eric de Wallens (c)

Le monument Kusy à Baelen // Eric de Wallens(c)www.objectifmag.be

Monsieur l’Echevin Robert Janclaes, Monsieur Christian Delgoffe, Secrétaire Générale Servio et Maître principal en retraite. Monsieur de Wallens, membre de l’Association des journalistes périodiques Belges et étrangers et Administrateur à la Royal Union des Fraternelles des Anciens combattants. Madame Murieen Jenna, technical sergeant Latisha Speaks, senior airman Marisol Zamora, ssgt Daquan P. McLean de l’US Air Force (Basé à Spangdahlem en Allemagne). Messieurs les représentants des Associations Patriotique. Chers amis porte-drapeaux. Mesdames, Messieurs, merci d’être présent à cet cérémonie du souvenir.

_DSC2072Eric de Walens(c)

Discours de Monsieur Marcel Enstipp // Eric de Wallens(c)www.objectifmag.be

C’est en ces termes que Monsieur Marcel Enstipp, l’organisateur de la cérémonie débutait son discours. En effet ce samedi 31 juillet 2016 à 16h00 le rendez-vous était donné devant le monument Kusy à Baelen, afin de commémorer la mémoire de l’équipage du B-17 « Flying Jenny » dont le Lieutenant Kusy était le co-pilote. Son corps a été retrouvé à quelques dizaines de mètres de ce monument. Dans le champ juste derrière. La mission de cet avion était d’aller bombarder les usines de Feiseler Storch à Kassel, en Allemagne.

_DSC2054Eric de Wallens(c)

A droite, Monsieur l’Echevin Robert Jeanclaes et à gauche la technical sergeant Latisha Speaks // Eric de Wallens(c)www.objectifmag.be

Au retour le Squadron dont faisait partie ce B-17 a été la cible de la chasse ennemie et fut touché. Les dégâts étaient si importants que le pilote a décidé de quitter la formation. Le lieutenant Kusy, blessé par des éclats de 20mm a été poussé par ses copains hors de l’avion. Son parachute ne s’est pas ouvert convenablement, semble-t-il et il s’est écrasé au sol. Il était probablement déjà mort de ses blessures comme trois autres membres de l’équipage. Les six autres seront capturés par les Allemands. Aujourd’hui le lieutenant Kusy repose au cimetière d’Arlington aux USA.

_DSC2105Eric de Wallens(c)

Salut au drapeau lors des hymnes nationaux de nos deux pays. // Eric de Wallens(c)www.objectifmag.be

Comme dans toutes cérémonies, des fleurs ont étés déposées au pied du monument par la délégation Américaine, mais aussi par monsieur l’Echevin Janclaes. Pour la petite histoire, la grosse pierre qui le compose provient du chantier du TGV qui a été construit à quelques kilomètres de là et qui rejoint Bruxelles à Köln. C’est un endroit à visiter si vous êtes dans la région, ou passionné par l’histoire, c’est aussi un lieu de mémoire. Vous allez me dire : « Oui c’est un monument comme les autres ». Peut-être… Quoique chaque monument a une histoire derrière. Ici c’est en souvenir de cet équipage qui a combattu pour notre liberté. Il ne faut pas l’oublier. Parler d’un mort continue à le faire vivre !

_DSC2144Eric de Wallens (c)

De gauche à droite, Eddy l’ami indispensable de monsieur Enstipp, à ses côtés. Ce sont les deux passionnés par cette histoire qui sont continuent à faire vivre ce monument. La technical sergeant Latisha Speaks, la senior Airman Marisol Zamora et le ssgt Daquan P. McLean. // Eric de Wallens(c)www.Objectifmag.be

Mon nom a été cité deux fois lors de cet événement, une fois vous l’avez lu et une fois dans les remerciements : « Je voudrais spécialement remercier Monsieur de Wallens pour son aide, qui nous a permis de prendre contact avec le fils de William David, membre de l’équipage du Flying Jenny. » C’est bien la première fois que cela m’arrive, je ne m’y attendais pas, surtout que j’étais là juste pour « couvrir » la cérémonie. Et je n’ai pas l’habitude de parler de moi. Cela n’a aucune importance. Mais d’un autre côté, je suis content que l’article que j’ai écrit en 2013 sur cette histoire a permis à la famille de ce militaire de l’US Air Force de savoir que dans ce petit coin de notre beau Royaume des Belges pensent encore aux anciens qui ont combattus pour la liberté.

Pour lire l’article dont je parle >> CLIC <<
Plus de photo >> ICI <<

Photographe et reportage : Eric de Wallens ©

11 novembre 2015. A la recherche de l’Adjudant Bourgeois du 19ème BCP

adj Bourgeois0000

L’Adjudant Bourgeois. (c) Famille Bourgeois et Leroy

En ce 11 novembre 2015, un peu partout en Belgique, comme en France et au Royaume uni, plusieurs cérémonies sont organisées en présence d’autorités civiles et militaires. La majorité des reportages et autres articles de presse vont relater ces événements en ayant une pensée pour les anciens combattants qui ont participé à cette grande boucherie qu’a été la première guerre mondiale. Pour tous ces jeunes gens cela devait être la « der des der », c’était sans compter sur une bande d’idiots qui n’avaient pas digéré la victoire des Alliés et le Traité de Versailles. La seconde guerre mondiale couvait déjà…
En parlant de « pensée pour les combattants de 1914 – 1918 », un nom me revient en mémoire, celui de l’Adjudant Bourgeois du 19ème Bataillon de Chasseurs à Pied. Cette unité française est venue, à cette époque, combattre dans notre beau Royaume. Depuis un an, je passe beaucoup de temps avec cet Adjudant, voici pourquoi :

_DSC2022(c)Eric de Wallens

Le monument Commonwealth érigé au sommet de la côte 60. // Eric de Wallens(c)www.objectifmag.be

Le carnet de marche du 19ème BCP nous apprend qu’il est arrivé en Belgique par Adinkerke le 22 octobre 1914 : « – Ypres est abordée en pleine nuit. Les habitants ont fui sous le premier bombardement, la ville est complètement déserte, le quartier de la gare brûle, des lueurs d’incendies inondent le ciel jusqu’aux abords de la cathédrale, au-dessus de nos têtes sifflent, en passant, les obus ». Ainsi vue, avec ses halles sinistrement éclairées, la célèbre place d’Ypres revêt, dans cette nuit d’horreur, un aspect d’une grandeur tragique et impressionnante, que n’ont jamais pu oublier ceux qui en furent les témoins. Au grand jour seulement le 19ème BCP atteint Kruisstraathoek. Il y prend quelques heures de repos, puis, à midi, se remet en route, par Dickebusch, pour Mille-Kruis, il y passera la nuit du 9 au 10 novembre 1914.

Quelques pages plus loin, nous lisons ceci : « L’offensive ennemie du 10 novembre avait rejeté tous nos éléments de la rive droite, nous recevons mission de nous y rétablir, et, quand nous quitterons Steenstraat, le 29, la tête de pont face à Bixschoot sera reconstituée, avec quatre compagnies sur la rive droite. A cette époque toute la 42ème D.I. se porte vers Ypres, le 19ème BCP marchant par Elverdinghe, Poperinghe, puis Vlamertinghe.

_DSC2082(c)Eric de Wallens

Ce qui reste du bunker de la côte 60, quelques blocs de béton. // Eric de Wallens (c) www.objectifmag.be

Zillebeke – Dans les premiers jours de décembre, elle est en avant de Zillebeke, entre la route de Menin et celle d’Armentières. Vie de secteur active, pénible, sans repos, avec des tranchées encore rudimentaires, profondes en première ligne, mais sans boyaux, sans abris, et de l’eau partout. Le bataillon est d’abord dans les bois à l’est de Est de Zillebeke (Butte aux Anglais), les opérations s’y multiplient, visant principalement le fortin de la côte 60. Au cours de l’une d’elles, le 17 décembre, l’héroïque adjudant Bourgeois, de la 1ère compagnie, illustre glorieusement la belle devise du bataillon : il enlève sa section à l’assaut au cri de « En avant toujours ». Il tombera aussitôt, mortellement frappé, et il achèvera le « Repos ailleurs ».

_DSC1905(c)Eric de Wallens

La ferme aujourd’hui. // Eric de Wallens (c) www.objectifmag.be

A cette époque, les français avaient ouvert un hôpital militaire dans la ferme Quaghebeur, du nom du fermier, à quelques kilomètres de là, à Poperinghe. Connut aujourd’hui sous le nom de Lijssenthoek Military Cemetery. En effet après la France, cet hôpital fût agrandi par les Anglais. Il y a eu plus de 4000 lits. Un cimetière militaire fût ouvert devant la ferme où furent enterrés 10.784 militaires de 30 nationalités. C’est à cet endroit que l’Adjudant Bourgeois a été évacué et y est mort quelques jours plus tard. Ensuite…. son corps a disparu. Impossible de le retrouver.

_DSC1931(c)Eric de Wallens

Le cimetière avec à l’arrière plan, la ferme. // Eric de Wallens(c) www.objectifmag.be

Avant d’aller plus loin, voilà comment j’ai fait sa connaissance : Depuis 1986, ma femme et moi, nous parcourions les champs de bataille de la première guerre mondiale, aussi bien en France qu’en Belgique. Nous cherchions les traces et les vestiges de la première guerre afin de les photographier. Nous avons montés plusieurs expositions en France, ainsi qu’une conférence. Pour en savoir plus, nous avons fait beaucoup de recherches, posé des questions, développé une bibliothèque personnelle afin de nous documenter et de connaitre « le comment du pourquoi ». En 2014, j’ai exposé des photos aux cimaises du Musée Européen de la Bière de Stenay (France). Pendant cette expo, j’ai reçu un message de la petite fille de l’Adjudant Bourgeois, Dominique. Elle voulait me rencontrer afin de voir mes photos. Rendez-vous fût pris, et dans la conversation elle m’a expliqué son désir de retrouver son grand-père. Je lui ai proposé de l’aider dans ses recherches. Cela allait être passionnant, malgré le tragique de l’histoire…

DSCN1800(c) Famille Leroy

Le nom de l’Adjudant Bourgeois sur le monument aux morts de la Ville de Verdun. (c) Famille Leroy

_DSC8346

Dominque devant la tombe du clairon du 19ème BCP, Georges Blangy, mort le 19/11/1914. Un mois avant l’Adjudant. Il est enterré au Lijsenthoek. Elle avait souvent entendu parlé de lui par sa grand-mère. // Eric de Wallens(c)www.objectifmag.be

Revenons à Poperinghe, Léonce Bourgeois vient de mourir dans son lit d’hôpital, j’ai vu son acte de décès. Et comme je le disais il n’a semble-t-il jamais été enterré dans ce cimetière. Mes recherches commencent. Il y a déjà une erreur entre le carnet de marche et sa fiche militaire. Dans le premier document il a été blessé le 17 décembre et sur le deuxième il est mort le 15 pour la France à Ypres ? Bon. C’est la guerre, il y a sans doute l’une ou l’autre erreur de transmission d’infos. Je sais aussi que sa femme et sa fille ont cherché à savoir ou était l’Adjudant, mais elles n’ont jamais eu de réponses. Dominique m’a donné quelques copies de documents qui m’ont appris sa naissance le 9 octobre 1881 à Rémy en France et qu’il vivait avec sa femme à Verdun, ville de garnison.
Il faut donc fermer toutes les portes, je contacte un maximum d’administrations françaises et belges ainsi que le service des sépultures, de diverses communes dans la région d’Ypres. Sans oublier Verdun. Dominique et sa famille continue également de leurs côtés et se rendent à Rémy. Mais toujours rien. Je vais aussi sur le terrain, je suis la route de l’Adjudant Bourgeois : la butte aux Anglais, la côte 60 et le Lijsenthoek. Je visite tous les cimetières français et les quelques cimetières du Commonwealth de la région où sont enterrés quelques français. Et comme il peut y avoir une erreur dans les livres reprenant les morts de ces lieux, je passe en revue, une par une, des milliers de tombes. Mais toujours sans succès… Mais où est l’Adjudant Bourgeois ? Et il n’est pas le seul de cette unité qui soit mort lors de cet assaut. Je sais que c’est la guerre, mais je me dis aussi qu’il y a une administration qui fonctionne. Bouger un corps, l’enterrer, ou le rendre à sa famille, comme cela est arrivé souvent, ne se fait pas sans document !

Je termine cet article par la visite de Dominique et sa petite famille sur les traces de son grand-père. En effet, il y a quelques jours, nous avons passé une journée pleine d’émotions sur la route empruntée par le 19 ème BCP et son illustre sous-officier. A ce jour je ne sais toujours pas où est l’Adjudant Léonce Bourgeois, matricule 264 du 19ème BCP.

Source historique du 19ème BCP : Service historique de la Défense (France)
Crédit illustration: Famille Bourgeois et Leroy
Reportages et photographe Eric de Wallens (c)

Les Volontaires de guerre des bataillons de fusiliers 1944 – 1945

Les Volontaires de guerre des bataillons de fusiliers 1944 -1945

// Eric de Wallens (c)

Il y a quelques mois, notre Rédac Chef, Eric de Wallens, a commencé l’écriture d’un livre sur les volontaires de guerre des bataillons de fusiliers 1944 – 1945. En effet, à cette époque, le conflit n’est pas terminé, et les Alliés ont besoins de renfort pour couvrir leurs arrières, mais aussi faire un boulot de police militaire en surveillant des ponts, des axes importants, des dépôts de munitions, des prisonniers etc… A l’origine ils ne devaient pas aller au feu, mais c’est la guerre et beaucoup d’entre eux y ont été en Belgique, en Hollande et en Allemagne. Plusieurs ne sont jamais revenus…

5300 jeunes gens ont répondus à l’appel de notre gouvernement. Six bataillons ont étés formés dès le début du mois d’octobre 1944, un peu partout en Belgique. Le 1er, 2ème et 3ème bon de fus étaient néerlandophones et rattachés au 12ème Groupe d’Armée Britannique Les 4, 5 et 6ème Bon de Fus étaient Francophones et rattachés au 21ème groupe d’Armée US. Au sein des 1er, 3ème, 9ème et 15ème Armée des Etats-Unis.

memorialday03Eric de Wallens

Volontaires de guerre des 4ème et 21ème Bataillon de fusiliers au cimetière militaire Américain de Neuville en Condros. // Eric de Wallens (c)

Chaque bataillon comptait 801 hommes, officiers, sous-officiers et hommes de troupes. La grande majorité venait de la résistance. Le premier bataillon à accueillir les volontaires de guerre (VG) était le 4ème bataillon de fusiliers rattaché à la 9ème armée Américaine. Cette unité a été formée avec de jeunes Bruxellois. Pourquoi le premier bataillon ? C’est simple, ils sont rentrés un jour avant les autres. En 1945 la Belgique comptait 47 bataillons de fusiliers. Ceci sans compter les pionniers, les bataillons de Génie, les compagnies de transport et les Brigades d’Irlande.

Ce livre racontera la vie de ces jeunes gens, par des témoignages de survivants de différents bataillons. Ils ont tous minimum 90 ans aujourd’hui. Comment ils ont vécus pendant l’occupation et ensuite la vie au sein du bataillon. Mais aussi pourquoi avoir créé ces bataillons, qui a eu cette idée et quand. Ce livre sera aussi illustré de photos d’époques et d’aujourd’hui. J’ai déjà lu quelques pages de ce livre, j’en ai discuté avec Eric, cela va être passionnant. Il faut encore un peu attendre, il devrait avoir terminé l’écriture vers la fin de 2016.

Cathy de Senonchamps (c)
 

 

 

Bastogne Mémorial Day 2015

Memorial Day Bastogne 2015

Vétérans du 512 bataillon MP de la 3ème Armée Américaine. // Photographe: Eric de Wallens (c) www.objectifmag.be

En ce mois de mai, c’est la période du Memorial Day, dans notre pays il se déroule en général dans les trois cimetières Américains, Waregem, Neuville-en-Condroz et Henri-Chapelle. Il y a aussi Bastogne. Dans cette ville pas de cimetière US, mais un endroit bien connu, le Mardasson, élevé sur la colline du même nom. Ce Mémorial témoigne de la reconnaissance Belge aux troupes américaines venues combattre dans la région durant l’hiver 1944 -1945. C’est entre le 16 décembre 1944 et le 25 janvier 1945 que le Généralfeldmarschal  von Rundstedt a lancé son offensive appelé depuis la Bataille des Ardennes.

Memorial Day Bastogne 2015

La garde d’honneur. // Photographe: Eric de Wallens(c)www.objectifmag.be

L’histoire a tendance à ne retenir que les GI’s, c’est vrai que dans le périmètre de Bastogne il était nombreux. Sur le champs de bataille,  il y avait aussi des Anglais. Mais il ne faut pas oublier les Belges, il y a bien évidement la population locale. Les infirmières Augustat Chiwy et Renée Lemaire, cette dernière est morte pendant les combats et est enterrée à Bastogne. Elles ont soignés les blessés US.
Il y avait aussi des militaires, et oui, il n’y a pas que la 82ème ou 101ème Airborne, il y avait le 5ème et 6ème bataillon de fusiliers, bien belge ces deux unités. Elles faisaient partie de la 3ème Armée US. Un peu plus haut, en remontant vers l’Allemagne, dans la région de Liège et proche de la Province du Limburg, était stationné le 4ème bataillon de fusiliers, rattaché à la 9ème Armée US. Ceux-ci gardaient les ponts et les axes routiers importants afin d’éviter une arrivée de renfort Allemands.

Memorial Day Bastogne 2015

Madame l’Ambassadrice

Donc en cette après-midi du vendredi 29 mai, le rendez-vous était donné au pied du Mardasson pour la cérémonie annuel du Memorial Day, en présence d’autorités civiles et militaires, Belges et Françaises et Américaine, en la personne de Madame l’Ambassadrice des USA, Denise Campbell Bauer. Mais aussi de porte-drapeau, de volontaires de guerre des bataillons en question, ou encore d’enfants de l’école de Marvie. De la Royale Union des Fraternelles d’Anciens Combattants…. Impossible de citer tout le monde.

Memorial Day Bastogne 2015

Monsieur le Bourgmestre dépose une couronne de fleur.// Photographe: Eric de Wallens(c)www.objectifmag.be

Memorial Day Bastogne 2015

La journée se termine par un drink. Madame l’Ambassadrice en compagnie de monsieur D’haese, volontaire de guerre au 5ème bataillon de fusiliers. // Photographe: Eric de Wallens(c)www.objectifmag.be

Retenons le discours de Monsieur Mr Lutgen, Bourgmestre CDH de Bastogne, il nous rappelle que le devoir de mémoire est important. Aussi important que l’intensité de chaque commémoration ainsi que les liens qui unissent la Belgique et les Etats-Unis. Il termine par le récent jumelage entre la ville de Bastogne et de Reims, cette dernière ayant vécu aussi des moments importants lors de la seconde guerre mondiale. La cérémonie se termine par le dépôt de fleurs furent déposées au centre du Mémorial.
Ensuite, un monument a été inauguré au Bois-Jacques. Dans ce bois, la compagnie E (Easy Compagny) de la 101ème Airborne est restée en position pendant près d’un mois. Ils avaient creusés des trous, appelé trous de souris ou Fox Hole en Anglais, afin de se protéger un maximum. Les Allemands étaient juste en face, dans le village de Foy, ils tenaient cette position avec détermination. Après de violents combats, il ne restait plus que trois maisons debout. Aujourd’hui encore, des traces de l’occupation du bois sont encore visibles. L’effectif de la compagnie comptait 240 hommes. 30 jours plus tard, ils sont repartis à 64…

Photographe et reportage Eric de Wallens ©

Mémorial Day 2015 à Neuville-en-Condroz

memorialday01

Photographe: Eric de Wallens(c)www.objectifmag.be

Chaque année à la même période, se déroule le Mémorial Day. De par le monde, des milliers d’américains se rassemblent dans les cimetières militaires US afin de participer à une cérémonie en l’honneur des soldats morts au combat et enterrés loin de chez eux. Dans notre beau Royaume de Belgique, nous avons trois « jardins de pierres », à Waregem, Henri-Chapelle et Neuville-en-Condroz.

memorialday02

La section du 4ème Génie //Photographe: Eric de Wallens(c)www.objectifmag.be

Il n’y a pas que des américains qui assistent à cette cérémonie, chez nous, comme partout, le publique est invité à se recueillir en compagnie d’anciens combattants US mais aussi Belges, comme le 4ème ou le 21ème Bataillon de Fusiliers. Il ne faut pas oublier non plus la présence de militaires d’active des deux pays, cette année, comme précédemment d’ ailleurs, un détachement du 4ème Génie d’Amay rehausse l’événement de sa présence à Neuville, mais aussi, dans l’après-midi, à Henri-Chapelle. Cette unité a le grand privilège de tirer deux salves d’honneur à la fin de la cérémonie, après le survol du cimetière par deux F-16 de notre composante aérienne.

memorialday04

Madame Denise Campbell Bauer, ambassadrice des USA. // Photographe: Eric de Wallens(c)www.objectifmag.be

Comme dans toutes cérémonies militaires, il y a des discours et autres dépôts de fleurs. Cette année nous avons écoutés Mr Le surintendant du cimetière américain, Mr Michael Yasenchak, l’Aumonier militaire US, Mr Le Bourgmestre de Neupré, Monsieur Cortis, sans oublier Madame l’Ambassadrice des USA, Denise Campbell Bauer. Les enfants ne sont pas oubliés, cette année ce sont les élèves de l’école de Rotheux qui on eut l’honneur de chanter les hymnes nationaux Belge et Américain.

memorialday03

La délégation du 4ème et du 21ème bataillon de fusiliers. // Photographe: Eric de Wallens(c)www.objectifmag.be

Tiens, mais pourquoi le Mémorial Days ? Voilà une bonne question : Les américains ont le culte des vétérans, des anciens combattants, des volontaires de guerre, ce n’est pas comme en Belgique. Dans notre pays certains  préfèrent les oublier. Cette tradition américaine remonte à la Guerre de Sécession, où, à cette époque, les tombes des soldats tués au combat étaient décorées de fleurs. Mais ce n’était pas suffisant, le  5 mai 1868, le Général John Alexander Logan en fait une journée particulière. Et le 30 mai de la même année, le Decoration Day, ancêtre du Memorial Day, sera célébré pour la première fois au cimetière d’Arlington. Ce n’est que quelques années plus tard, en 1882, que cette cérémonie sera connue sous le nom actuel et honorera tous les soldats tués lors des autres guerres aussi.

Reportage et photographe : Eric de Wallens ©

AG 2015 de la Royale UFAC

RUFAC01Le samedi 9 mai dernier ce fut le grand jour annuel pour la Royale Union des Fraternelles d’Anciens Combattants (RUFAC). En effet, les participants sont venus de tout le pays pour participer au 3ème congrès et Assemblée Générale. Le rendez-vous était donné au nouveau centre administratif de Tervueren, commune néerlandophone située en Brabant flamand à la périphérie de Bruxelles. Ce qui n’est pas toujours anodin dans notre pays. Il faut savoir que cette organisation regroupe des anciens combattants et volontaires de guerre des deux côtés de notre pays. La réunion passe d’une langue à l’autre et les participants se côtoient toute la journée sans aucun problème. Ces gens-là, Monsieur, ce sont battu pour un pays et pas pour un territoire coupé en deux par je ne sais quelle bêtise. J’ai trouvé cela « génial » à vivre.

RUFAC 2015

Monsieur Verhelst. Photographe: Eric de Wallens(c)www.objectifmag.be

Le Président, Monsieur Gilbert Beeckmans déclare ouverte cette Assemblée Générale et comme dans toute AG il y a une liste de point à discuter. Mais avant cela, se passe l’instant de la minute du silence pour les membres décédés dans l’année. Ensuite, après un amusant problème de lumière s’éteignant toute seule… le centre est pourtant tout nouveau mais, sans doute, déjà hanté par quelques anciens voulant aussi manifester leur présence. Les divers points discutés furent, entre autres, l’approbation du procès-verbal, l’augmentation de la cotisation, qui restera finalement à 4€, mais aussi l’accueil des nouveaux Administrateurs.
Sans oublier un moment important pour l’un des membre, monsieur Jean Verhelst, 93 ans a été décoré de la médaille d’or de la RUFAC.

 

RUFAC 2015

A gauche sur la photo, monsieur Gilbert Beeckmans // Photographe: Eric de Wallens(c)www.objectifmag.be

Un point important a été longuement discuté, celui de la connaissance ou de la reconnaissance de la RUFAC par le grand publique. C’est vrai que, à part les initiés, pas grand monde ne la connait. « Nous représentons ceux qui ne sont plus là »,  déclare le Président, qui rajoute « il ne faut pas oublier ce que nos parents et grands-parents ont vécu, nous sommes encore une mémoire parlé grâce à ce qu’ils nous ont racontés. Mais nos enfants… »  Non ! Essayons de passer quelque chose aux générations suivantes. Il faut que personne ne les oublies ! Monsieur Beeckmans termine son intervention par ces mots : « Essayons de passer quelque chose aux générations suivantes ! Faisons appel aux plus jeunes pour rejoindre les rangs de la RUFAC, même si beaucoup sont encore actif dans la vie. Un appel sera fait dans le prochain périodique Belgique d’Abord  »

RUFAC 2015

// Photographe: Eric de Wallens(c)www.objectifmag.be

Monsieur Roberti-Linterman, Président de la Fraternelle du 4 bataillon de fusiliers, prend la parole à son tour et propose de travailler aux côtés des enseignants, parler des Fraternelles afin de les faire connaître en allant dans les écoles. Mais il semble que cela pose un problème aux pouvoirs organisateurs et pour eux c’est tout simplement… Non. Les enseignants sont là pour en parler. Ah ! Bon ! Il y a encore des enseignants qui ont fait la guerre 40-45 ! Tiens à 90 ans ils enseignent encore ? Baliverne que tout cela, profitons de nos anciens, ils sont encore là, bon pied, bon œil et toujours prêt à parler, expliquer aux jeunes la vie entre 1939 et  1945.

« Les vieux soldats ne meurent jamais », disait Eisenhower.

Photographe et reportage. Eric de Wallens ©

Cérémonie du 11 novembre 2014 à Bruxelles

11nov14

SAR Philippe 1er dépose des fleurs sur la tombe du soldat inconnu. Photographe Eric de Wallens(c)www.objectifmag.be

Ce 11 novembre 2014, centenaire du début de la Grande Guerre et 70ème anniversaire des Bataillons de Fusiliers ou du débarquement en Normandie, entre-autre… Deux guerres, deux boucheries inutiles, combien de vie se sont arrêtées net pour ces deux folies de l’être humain. Le 11 novembre 1918 à 11h00, le clairon sonne sur le champ de bataille, mais personne ou presque n’ose sortir la tête hors des tranchées pour voir ce qu’il se passe en face, il faut attendre un peu, 4 an de guerre s’arrête, difficile d’y croire… La Der des der est terminée. Mais ce n’était pas dans l’idée de tout le monde, déjà un petit moustachu originaire d’Autriche et bien d’autre Allemands ne veulent s’avouer vaincu et ce n’est pas le traité de Versailles de 1919 qui va changer la vision de ces gens-là, au contraire, la deuxième guerre est déjà sur les rails.

11nov14

Notre Roi s’entretient quelques instants avec des anciens combattants, ici avec le Colonel e.r Roberti-Linterman, Président de la Fraternelle du 4ème Bataillon de Fusiliers. Photographe Eric de Wallens(c)www.objectifmag.be

Depuis quelques années dans notre beau Royaume de Belgique, ce 11 novembre est la journée de la cérémonie militaire en hommage au Soldat Inconnu, mais aussi pour les morts des deux guerres mondiales et aux militaires tombés lors des missions pour la paix depuis 1945. Cet événement est rehaussé par la présence du Roi Philippe 1er, du gouvernement Belge et diverses autorités civiles et militaires sans oublier les mouvements de jeunesse. Cette journée s’est terminée par la visite du Parlement Belge et la conférence très passionnante de Monsieur le Professeur Emérite à l’Université d’Anvers, Alex Vanneste. Elle avait pour thème la première guerre mondiale et plus précisément la frontière de barbelé électrifié entre la Belgique et la Hollande. Le Professeur a réussi à captiver l’assemblée composée de personnes de tous âge, à l’issue de cet exposée la majorité des questions étaient posées par les enfants.

11nov14004

La conférence se déroulait dans la salle du parlement Belge.Photographe Eric de Wallens(c)www.objectifmag.be

Je parlais du Soldat Inconnu, mais qui était-il ? D’où venait-il ? Qui était ses parents ? Avait-il des frères et sœurs ? Qu’elle était son métier ? Voilà des questions qui resteront à jamais sans réponse. Ce que l’on sait, c’est que son cadavre, comme beaucoup d’autre a été retrouvé sur le champ de bataille, il a été enfermé dans un cercueil et rassemblé avec 4 autres. Ces 5 morts au combat ont été présentés à un blessé de guerre, un aveugle, il a fait son choix au hasard et le soldat désigné est enterré depuis 1922 au pied de la colonne du Congrès Rue Royale à Bruxelles. Si vous  passez devant sa tombe, n’oublier jamais de le saluer, c’est une marque de respect.

Photographe et reportage : Eric de Wallens ©

Günther Gallisch. Ma vie sous le règne d’Hitler.

gallisch01

La couverture du livre des Editions JCL

Günther Gallish. Ma vie sous le règne d’Hitler. Un Allemand témoigne aux éditions JCL inc. Depuis de nombreuses années, je suis intéressé par les Deux Guerres Mondiales, je rencontre régulièrement des anciens combattants belges, des résistants comme mon Beau-Père, un ancien de l’Armée Secrète et ensuite VG au 4 Bon de Fus. Je suis régulièrement en reportage avec eux ou pour eux, comme avec la Fraternelle du 4èmeBataillon de Fusiliers, c’est le premier Bataillon de Volontaires Belges constitué en 1944 et rattaché à la 9ème Armée Américaine. J’ai également rencontré un ancien SS à Siegen (Allemagne), mais je ne parlais pas la langue. Alors quand je suis « tombé » sur ce livre, je l’ai « dévoré » tellement c’était passionnant, c’est la première fois que je lisais l’histoire vécue par un Allemand. Je me suis toujours demandé comment la Deuxième Guerre avait été vécue par les ennemis de cette époque.

gallisch02

Günther Gallisch, photo extraite du livre.

gallisch04

La Potsdamer Platz à Berlin dans les années 30. Archives OM

Je n’ai pas rencontré Monsieur Gallisch, pas encore, j’espère bien un jour, alors en attendant je me suis plongé dans la bibliographie de Günther, né en 1920 à Berlin. Il est bien placé pour nous raconter la montée du Nazisme et de ses dirigeants. Sa famille est modeste, sa Maman fait tout ce qu’elle peut pour que le petit Günther ne manque de rien, son Papa, c’est une autre histoire, il ne l’a presque pas connu, il immigre aux USA et abandonne sa famille ! « Je hais les Allemands ! Ils ne méritent pas de vivre. Si quelqu’un est capable après tant d’années de m’adresser des paroles semblables, cela signifie simplement que toute la vérité n’a pas été dite sur ces moments qui ont bouleversé le monde », écrit-t-il dans son livre. Ces paroles ont été prononcées plusieurs dizaines d’années après la fin de la Guerre. Depuis longtemps, Günther Gallisch avait couché sur papier cette histoire vraie qu’il a fini par faire éditer, suite à ce commentaire des plus violents. Bonne idée Monsieur et merci ! Il a une jeunesse heureuse même si sa condition de vie n’est pas évidente, il joue dans les rues de « son » Berlin, qui était une belle et agréable ville, il ne retrouvera plus jamais comme avant, quelques années plus tard après les bombardements. Depuis tout jeune, il est passionné de natation et il a comme projet de participer aux Jeux Olympique de 1936, il s’y entraîne très souvent avec des moniteurs plutôt axés vers le Communisme, mais pour lui la politique n’a pas vraiment d’importance, il est libre dans sa tête et veut le rester, plus tard, la Jeunesse Hitlérienne essayera de le recruter, il n’y adhérera pas. Günther n’est et ne sera jamais un Nazi, juste un Allemand qui est né entre les deux guerres et qui se retrouve bien malgré lui au milieu de la montée du National Socialisme.

gallisch03

Hitler, Goebbels et Göring. Bundesarchiv-Wikipédia(c)

Il voit plusieurs fois de très près Adolphe Hitler, assiste avec sa Maman à ses discours et à ceux du « Gros Hermann », c’était le surnom d’Hermann Göring ou encore du Docteur Goebbels, mais le petit Gallisch n’acceptera pas ces idées. » La liberté de tout un peuple venait de disparaître au profit d’une dictature » écrit-il à la page 45, il rajoute plus loin « Moins de cinq mois après sa nomination comme Chancelier, Hitler avait réussi à liquider tous les autres partis sur le territoire allemand, y compris ses alliés de la première heure. ». Nous découvrons avec lui l’arrivée des Chemises Brunes et autres SA, SS, Gestapo, l’ouverture du premier camp de concentration, bien avant la guerre, où était interné les opposants à Hitler, non pas des Juifs mais bien des Allemands, les Juifs se sera pour un peu plus tard… Avec la guerre, il s’engage dans la Kriegsmarine, « la Marine est un rêve d’enfant » pour Günther, il y sera Armurier pour le temps du conflit, mais pas sur les théâtres d’opérations, il nous raconte son  affectation en Norvège et ses relations avec les autres marins, équipage comme gradés, avant d’être fait prisonnier en 1945.

gallisch05

Günther Gallisch à la Krieksmarine. Photo extraite de la couverture du livre

Dans les années 50 Monsieur et Madame Gallisch, une Française rencontré pendant la guerre, immigrent au Québec, son épouse est malheureusement décédée aujourd’hui. Il y entretien aussi une amitié avec… Un ancien Combattants Canadien du Régiment de la Chaudière, Germain Nault. Ennemi il y a plus de 70 ans et ami d’aujourd’hui. En faisant des recherches j’ai lu un article sur un autre Vétéran Canadien qui a un tout autre avis que beaucoup de monde sur ce livre, ce qui est son droit bien évidement, il a fait cette Guerre, il sait de quoi il parle « Non cher Monsieur, les Allemands quoi que vous pensiez, ont tous été des protagonistes et des fidèles du nazisme » dit ce Monsieur dans le Courrier Sud  « …Aussi comme beaucoup d’ex-militaires de l’armée allemande, il tente de minimiser les faits…Il tente de faire passer le peuple Allemand, comme victime innocente forcée de participer à la guerre… » Ecrit-il encore.
Je suis né en 1962, je n’ai heureusement pas connu la Guerre, j’ai juste vu le résultat d’autres guerres comme en Afghanistan, au Kosovo, en Bosnie ou au Liban, je ne peux pas et ne porte aucun jugement. J’ai vécu en Allemagne, à Siegen, dans les années 80 lorsque j’étais Militaire dans les Forces Belges en Allemagne, ma Belle-Mère a été sauvée deux fois par un Allemand de la Wehrmacht à Bruxelles pendant la Guerre pour éviter de se faire écraser par un camion et une autre fois, un autre Militaire Allemand la collé contre un mur pour la protéger d’un bombardement Anglais. Il faut savoir qu’elle avait comme petit ami, qui deviendra son mari, un résistant de la première heure et futur Volontaire de Guerre et qu’elle aidait la Résistance, tout cela pour dire que tous les Allemands n’étaient pas des Nazis pur et dur mais juste des hommes et des femmes entrainés malgré eux par une dictature, comme cela arrive encore de nos jours !  Je termine cet article en pensant que c’est un livre à lire, mais c’est juste mon avis

Vous pouvez vous procurer même à distance le livre numérique Ma vie sous le règne d’Hitler dans notre site Internet www.jcl.qc.ca. Le livre papier peut être commandé également en France sur le site suivant: www.librairieduquebec.fr/

 

Eric de Wallens.(c)
Crédit illustrations:
1) Couverture du livre aux Edition JCL.
2) Portrait de Monsieur Günther Gallisch, extraite du livre.
3) La Potsdamer Platz, archive OM.
4) Portrait des dirigeants du Reich, Bundesarchiv-Wikipédia.
5) Monsieur Gallish à la Krieksmarine, extraite de la couverture du livre.
Extrait de l’intervieuw dans le Courrier du Sud

Le Chemin du Roy

cheminduroy(c)ericdewallens01

La couronne royale sur le logo visible tout au long du Chemin du Roy, fait référence à l’époque à laquelle il fut construit. Eric de Wallens(c)www.objectifmag.be

Il était une fois, une histoire passionnante sur un chemin, appelé plus tard : Chemin du Roy, qui deviendra une route, depuis sa naissance jusqu’à aujourd’hui encore, il vit auprès d’un fleuve appelé « Saint-Laurent ». Notre histoire se déroule loin d’ici, de notre petit Royaume Belgique, à une époque où nous n’étions pas encore Belge mais tiraillés entre différentes puissances du moment. Pour découvrir cette aventure, nous devons traverser des contrées, la Mer du Nord et un Océan, l’Atlantique pour arriver dans la Nouvelle France, le Québec actuel.

cheminduroy(c)ericdewallens02

Le Fleuve Saint-Laurent à hauteur de Trois-Rivières, au-dessus de la photo. Eric de Wallens(c)www.objectifmag.be

Depuis la découverte de ce pays par Jacques Cartier en 1535, les colons immigrent du vieux continent pour venir s’installer sur de nouvelles terres. Quelques années et quelques guerres plus tard, ils ont importés cela aussi, nous sommes au début du 18ème siècle en 1700, le fleuve Saint-Laurent est le principal axe de circulation entre les paroisses et les seigneuries, mais reste lent, Etienne Lenoir (un Belge) n’inventera le moteur à explosion que 150 plus tard, donc tous  déplacements sur l’eau se fait à la rame ou à la voile.

cheminduroy(c)ericdewallens03

Le Chemin du Roy, à Grondines, en direction de Québec. Eric de Wallens(c)www.objectifmag.be

cheminduroy(c)ericdewallens04

Batiscan est une autre ville le long du Chemin du Roy entre Montréal et Québec. Eric de Wallens(c)www.objectifmag.be

Pourtant il existe bien des chemins entre les rangs et seigneuries, mais l’ensemble est assez dispersé et peu pratique. Ce nouveau pays a besoin de se développer mais comment faire, Montréal et Québec, les deux grandes villes sont à plusieurs jours de navigation… Avant d’aller plus loin, arrêtons-nous sur le rang, c’est une bande de terre étroite et perpendiculaire relié au cours d’eau et octroyé au colon afin d’y vivre et cultiver. 50 ans plus tôt, en 1657, l’administration française avait ouvert un poste de ce que l’on appelle chez nous, de Ministre des Travaux Publique, un Grand Voyer, le sieur René Robineau de Bécancour, Seigneur de Portneuf. L’histoire raconte qu’il n’a pas fait grand-chose, et qu’il faudra attendre 1699 et son fils, Pierre pour que cela bouge. C’est lui qui va vraiment prendre les choses en main et mettre sur papier le tracé du Chemin du Roy.

cheminduroy(c)ericdewallens05

L’ancien relais de poste de Deschambault. Eric de Wallens(c)www.objectifmag.be

Les travaux vont débuter une quarantaine d’années plus tard en 1731 et le troisième Grand Voyer, Jean-Eustache Lanouiller de Boisclerc. Cette route est importante pour le développement du pays, j’en parlais plus haut, en effet, elle va être empruntée par des voyageur à pied, à cheval ou avec toutes sortes de charrettes et carrioles à roues, il y aussi la poste sans oublier l’armée. Pour parcourir la distance entre Québec à Montréal, par ce chemin connu de nos jours sous le nom de route 138,  il fallait entre 4 et 6 jours, sauf au galop, dans ce cas, deux jours suffisent.

cheminduroy(c)ericdewallens06

De l’autre côté du Saint-Laurent, la ville de Trois-Rivières, elle est située environ à mi-parcours du Chemin du Roy, il y avait un relais où les voyageurs pouvaient y passer la nuit. Eric de Wallens(c)www.objectifmag.be

A cette époque il n’existe pas de service de voiries avec son personnel, comme aujourd’hui, c’est donc les hommes qui habitent tout le long du chemin qui seront mis à contributions, aussi bien pour la construction que pour l’entretien, ces « ouvriers » seront connus sous le nom de « Corvée du Roy ». Ils devront ouvrir la route sur 280 kilomètres de long et 7,4 mètres de largeurs à travers les 37 seigneuries et 29 relais assureront le repos du voyageur. Le Chemin du Roy sera inauguré le 8 Août 1734 mais réellement terminé en 1737. Aujourd’hui il a toujours la même vocation, mais en plus c’est devenu un attrait touristique à découvrir.

Photographe et reportage : Eric de Wallens.

L’Abbé Paul Désirant

PAULDESIRANT01

L’Abbé Paul Désirant.

L’Abbé Paul Désirant né à Vaux-Sous-Chèvremont le 23 Novembre 1910, Curé de Devantave tombe glorieusement en prêtre et en patriote et à la Citadelle de Liège le 31 Août 1943 en chantant le Te Deum. C’est pour le Christ que j’ai vécu, je meurs avec lui et pour lui « Aujourd’hui, tu seras avec  moi en paradis »

PAULDESIRANT02

La tombe de l’Abbé au pied de son église à Devantage. (c) Eric de Wallens.

Lors de la Seconde Guerre Mondiale, la Belgique avait une activité de Résistance importante  sans doute moins connue que la France. Dans toutes les Provinces, divers réseaux sont à l’œuvres, notre histoire vraie nous conduit dans les Ardennes (En Belgique, Province du Luxembourg), à Devantage, c’est un petit village au-dessus de la route entre Hotton et La Roche-en-Ardenne. Ce paisible endroit, comme partout ailleurs dans notre pays abrite des Résistants, farouches défenseurs de notre Royaume, face à l’envahisseur Allemand. Parmi eux, un homme d’église, le jeune Abbé Paul Désirant, il a 23 ans, c’est le curé de la paroisse et est très actif dans la clandestinité, il aide entre-autre son père, lui aussi homme de l’ombre. En journée, il est dans son église pour la messe, et les divers services religieux, mais une fois terminé, il se fait  discret pour s’occuper activement de sabotage ou d’entreposer des explosifs.

PAULDESIRANT04

Citation gravé sur sa tombe (c) Eric de Wallens

Retournons 71 ans en arrière, nous sommes aux environs du 20 Mai 1943, à plus de 60 kilomètres de Devantage à bord d’une camionnette de la Gendarmerie chargée de dynamite, nous roulons sur la route entre Huy et Liège (C’est en Province de Liège). Soudain des coups de feu éclatent, nous sommes attaqués… Qui tire ? Les Allemands, la Résistance ? Cela va très vite, ce ne sont pas des militaires, non, ce sont des hommes en civils, les Résistants sont passés à l’action. Notre véhicule est arrêté et vidé de son contenu. Il ne faudra pas longtemps pour que l’enquête mené par les Allemands aboutisse, le 26 Mai un homme est appréhendé, Alphonse Possemire avait plusieurs armes sur lui.
Il avoue très vite le vol et désigne son chef ; « C’est le curé de Devantage, dit-il, l’Abbé Paul Désirant ! Et où est la dynamite ? Demande un Allemand. Toujours chez le curé répond Alphonse. » Nous le savons, tout est bien organisé en Allemagne, l’envahisseur est arrivé avec ses traditions dans ses bagages, une descente est immédiatement opérée à Devantage le lendemain, le 27 Mai et 75 kilos d’explosif sont découverts dans une grange. Ce n’est pas notre bon curé qui renseigne les Allemands sur la cache, elle est retrouvée suite aux fouilles, lui reste muet et ce malgré l’interrogatoire musclé qui se déroule dans son salon, en effet, il est bâillonné et ensuite frappé au visage avec un bâton. Un témoin ne reconnaîtra pas Paul lorsqu’il fut emmené à la Citadelle de Liège tellement son visage est tuméfié.

PAULDESIRANT03

L’église et le cimetière de Devantave (c) Eric de Wallens

La Gestapo n’en a pas fini avec lui, les tortures continues, l’Abbé n’avouera jamais rien ! Un homme exceptionnel oui, pourtant il doit être bien difficile dans ces conditions de ne pas parler, comment résister à autant de violence ? Il croit en Dieu, en son pays, cela aide sans doute. Après avoir écrit quelques lettres d’adieu, ce jeune ecclésiastique sera conduit au poteau d’exécution le 31 Août 1943 en chantant le TE DEUM.

Reportage et photographe : Eric de Wallens©
Crédit illustration : Bulletin Communale de Rendeux©