Mistral sur la Crête

L’insigne NAMFI // Archives Objectifmag.be

J’aime de temps en temps aller faire un tour dans la cave « archives »  afin de me replonger dans d’anciens reportages. En voici un d’il y a 11 ans…Il y a quelques jours, la semaine du 13 juin 2006,  le 14ème d’Artillerie anti-aérienne de l’Armée Belge (caserné à Lombardsijde au Littoral belge) était en exercice en Crète pour une période de tir de missiles « Mistral ».

Voilà une destination de vacances, la Grèce et ses îles, Chania en Crète que demander de plus !!! Mais avant de pouvoir découvrir la ville de Chania, nous prenons la direction de la zone de tir OTAN sur les hauteurs de cette charmante cité !
C’est là que le 14AA et un détachement Français du 57ème d’Artillerie caserné à Bitche en Moselle, sont venus pour tester la compatibilité de leurs radars montés sur camions et du missile Mistral. C’est cela l’armée moderne et Européenne,il faut pouvoir travailler, s’entraîner et au besoin intervenir ensemble.
Cette fois-ci c’est l’entraînement qui est l’une des bases de cette semaine Crètoise, il faut pouvoir travailler avec le radar et tester le matériel en conditions réelles  ou presque, le réel consiste au  tir de véritable missile et le presque réel est la cible, il s’agit d’un UAV ou avion sans pilote.

Mais où et comment se passe ce genre d’exercice ? Pour le savoir nous nous sommes rendus en Crète, à l’invitation de la Défense Belge, qui a eu la bonne idée d’inviter la presse ! Si si. . . 

La zone de tir. // Eric de Wallens (c) www.objectifmag.be

Plantons d’abord le décor, la zone de tir ou NATO MISSILE FIRING INSTALLATION ou NAMFI est établie depuis 1964 à Souda Bay depuis la signature d’un accord entre plusieurs pays, à savoir: la Belgique, la France, l’Allemagne, le Danemark, la Grèce, les Pays-Bas, la Norvège et les USA.
La zone de tir est en partie sur terre pour le camp, les barraquements, et autres installations radars et techniques, et en mer pour le tir en lui même, ce qui permet de pouvoir tirer toute une série des descendants de V1 et V2, souvenez-vous ces fusées envoyées sur Londres, mais aussi sur Bruxelles par les Allemands pendant la dernière Guerre Mondiale.
Aujourd’hui les missiles sont tirés depuis divers engins tels que des avions, des bateaux, des chars, des camions ou depuis un simple trépied. C’est ainsi que dans une presque totale sécurité, (mais le « 10 sur 10 » n’existe pas), nos armées peuvent s’entraîner avec les Patriot, des Hawk, des Stinger, des Exocet, des Sea Sparrow ou des Sparrow, des Maveric etc….. ainsi qu’avec le Mistral, cette petite fusée qui nous occupe aujourd’hui.
Ah oui, j’ai oublié de vous parler le mer, elle est d’un beau bleu azur comme sur les cartes postales de vacances (soupir…)

Tir d’un Mistral depuis un poste de tir au sol. // Eric de Wallens(c)www.objectifmag.be

Je ne vais pas vous noyer avec la fiche technique complète, ce n’est pas le but de notre magazine, mais il est quand même intéressant de connaître quelques détails sur le Mistral.
Pour faire simple, c’est un tube mis dans un autre tube déposé sur un trépied et propulsé avec force ! Oui mais bon, présenté comme cela on dirait une construction réalisée par l’apprenti Schtroumpf.
Ce missile d’une dimension de 1,86m X 0,9m pèse 24,4 kg, et le trépied 25,9 kg ! Il peut atteindre une vitesse de Mach 2,4 à sa vitesse maximale, il faut savoir qu’au moment du tir il parcours déjà 37 m par seconde oups !!! Ce qui ne laisse pratiquement aucune chance à sa cible, pour info, un avion F-16 a une vitesse de croisière de 1054 km, et ne parlons pas de notre bon vieux C-130 !
Un Sous-Officier Français nous explique,:« En général les avions son équipés de leurres, mais il ne peuvent pas en tirer longtemps, donc une fois épuisé et sans défense nous pouvons tiré le Mistral, et dans ce cas le pilote n’a pas vraiment le temps de le voir arriver. . .)

Tireur à son poste de tir. // Eric de Wallens(c)www.objectifmag.be

Pour les nons inititiés, un leurre ou flares est un moyen de défense dont les avions sont équipés pour dévier la trajectoire d’un missile en gros c’est un tir d’éléments chauffant à haute température et destiné à tromper le moyen de détection du missile réglé sur la tuyère d’échappement de l’avion; c’est en fait une contre-mesure infrarouge contre les effets thermiques dégagés par les avions.
Le Mistral peut exploser de trois façons différentes, soit par Impact sur la cible, soit à Proximité ou par autodestruction, la portée efficace va de 3500 mètres à 5000 mètres.
Il faut savoir aussi que la visée se fait par caméra infrarouge thermique (Matis) afin de pouvoir tirer de jour comme de nuit ou en conditon défavorables, chaque poste de tir Mistral en est équipé. Elle est réglée sur la même longueur d’onde que la tête chercheuse du missile, cela permet de suivre le missile et de corriger toutes anomalies pendant le vol ou de choisir précisément la bonne cible et de contrer les leurres.
Le tir est également suivi par deux autres caméras afin d’analyser le comportement du missile depuis le tir jusque l’impact.

L’UAV en vol au-dessus de la mer.// Eric de Wallens(c)www.objectifmag.be

La cible lors de cet exercice est une UAV (Ultima I), avion sans pilote, construit par les hommes du 14AA, il y en a un pour chaque missile tiré ! C’est engin pèse 8kg pour une longeur de 2m et une envergure de 1,9m. Il est équipé d’une hélice et d’un moteur de 35cc bicylindre d’une puissance de 4,1 cv. Il dispose d’un réservoir d’un litre rempli d’un mélange de carburant. Ce petit moteur le fait voler à une vitesse allant de 120 à 160 km/h.
Il est équipé de 2 pots fumigènes rouges pour la visualisation et 2 fusées éclairantes pour l’acquisition du missile. Le fumigène est allumé pendant le vol, cela permet au Artilleurs de suivre le vol de ce petit avion, et la fusée éclairante intensifie la signature infrarouge du drone de façon à copier aussi fidèlement que possible le rayonnement de chaleur réel d’un moteur d’avion ou hélicoptère.
Comme je l’ai dit plus haut, c’est un avion sans pilote ou Unmanned Aerial vehicle, téléguidé depuis la terre ferme, dans le cas de cet exercice. Et ici en Crète, les appareils volent à une distance de 4,5km. Afin de pouvoir suivre le Drone ou UAV, le pilot dispose de jumelles fixées sur un dispositif servi par deux personnes. Le premier suit l’objectif en azimut alors que le second  le suit en élévation. Cet ensembe se nomme « Optical Tracking Unit (OTU) ou plus communément le « Cheval ». Ce systeme sera remplacé, dans quelques mois, par un systeme vidéo optique et infrarouge, le pilote pourra suivre la cible sur un moniteur.

On aperçoit bien le bousteur, derrière le missile, il sert à propulser le Mistral en dehors de son tube avant la mise à feu de son propre système de propulsion. // Eric de Wallens(c)www.objectifmag.be

L’exercice en lui-même permet à toute une multitude de militaires occupant divers fonctions au sein d’une même unité de travailler ensemble en condition réelle, que ce soit au radar, qui accroche la cible et décide quel poste de tir va tirer,ou  les transmissions, les chauffeurs, la médicale, la logistique etc…
Ne coyez pas amis lecteurs ou chères familles de militaires que le premier venu est envoyé en Crête pour faire joujou ! Il y a une préparation avant l’exercice avec tir sur similateur et ce sont les meilleurs équipes > Chef d’équipe, pointeur-tireur et chauffeur-tireur, qui seront choisis pour partir en exercices et ceci est très important, en effet le 14 AA sera amené à faire partie de l’Européan Battle Group (EUBG), c’est une force multinationale capable de réagir dans un rayon d’action de 6000 km autour de Bruxelles. Cette force est destinée à renforcer la Force de Réaction de l’OTAN.

Photographe et reportage : Eric de Wallens ©

 

Les F-16 Belges partent surveiller l’espace aérien Balte

F-16 Belge. // Eric de Wallens (c) www.objectifmag.be

F-16 Belge. // Eric de Wallens (c) www.objectifmag.be

Un détachement de quatre F-16 belges participe dès ce mardi 5 janvier à la 40e rotation de la mission de l’OTAN Baltic Air Policing (BAP). C’est la cinquième fois depuis 2004 que des avions de la composante Air belge survolent les pays baltes pour empêcher des vols non autorisés dans l’espace aérien de l’OTAN. Nos avions et leurs équipages seront prêts à décoller à toute heure, sept jours sur sept.

Quatre F-16 belges, deux de Kleine-Brogel et deux de Florennes, et une cinquantaine de militaires partent ce mardi 5 janvier pour Ämari, en Estonie, où ils seront basés. Le contingent belge se compose essentiellement de pilotes, de techniciens et de personnel en charge du soutien logistique.

Notre détachement relève une unité allemande. La mission sera reprise par les Belges lors d’une courte cérémonie officielle le 7 janvier. Des représentants des Etats membres impliqués dans cette mission participeront à cet événement.

En 2004, notre pays était le tout premier Etat membre de l’OTAN à mettre à disposition un contingent dans le cadre de la mission de l’OTAN Baltic Air Policing. Outre la Belgique, 15 autres Etats membres participent à tour de rôle à la surveillance de l’espace aérien des pays baltes. De janvier à août 2015, notre pays avait envoyé un détachement de quatre avions de chasse dans le cadre de cette mission. Ils opéraient depuis la base aérienne de Malbork, en Pologne.

Source : Service de Presse de la Défense
Photo: Eric de Wallens (c)

Quatre F-16 Belges en Pologne

F-16 Belge. Photographe: Eric de Wallens(c)

F-16 Belge. Photographe: Eric de Wallens(c)

Quatre F-16 Belges surveillent l’espace aérien et s’entraînent en Pologne.
Le détachement F-16 qui a été envoyé récemment vers la base militaire de Malbork en Pologne, est entièrement opérationnel depuis hier. A la demande de l’OTAN, notre pays a déployé quatre F-16 et une cinquantaine de militaires sur la base aérienne polonaise de Malbork dans le cadre de la “Enhanced Air Policing Mission” (EAPM). Jusque fin août, ils renforcent ainsi le dispositif de sécurité aérien à la frontière nord-est du territoire OTAN. Les Belges succèdent aux Néerlandais dans la réalisation de cette mission de sécurisation aérienne, initiée en avril 2014 suite à la crise ukrainienne.

Les F-16 belges sont engagés pour des interventions de secours (Quick Reaction Alert – QRA) pour faire face à toute intrusion dans l’espace aérien de l’OTAN : deux F-16 sont, en permanence, prêts à décoller dans des délais très courts.
Cette mission est alternée par des périodes d’entraînement non armé d’envergure avec la force aérienne polonaise.

Service de presse de la défense.
Photographe: Eric de Wallens(c)