Un grand Monsieur de l’Edition nous a quittés : Charles BLANCHART

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Photographe: Jean-Luc Ernst (c)

Charles Blanchart est parti, le 30 septembre 2014, comme il a vécu, avec une grande discrétion, à tel point que c’est, récemment,  au hasard d’une visite sur le site des Editions Masoin1, anciennement Editions Blanchart,  dirigées par ses soins depuis de longues années, que j’ai découvert l’annonce de son décès, avec une grande tristesse.  J’avais fait sa connaissance dès le début des années 1980 au Salon du Livre de Bruxelles. Nous avions, en commun, une immense affection pour le Congo, ex-Belge, où nous avons vécu de très longues années, ce qui avait rapidement créé des liens d’amitiés entre nous. Notre dernier bavardage date du mois de juin 2014, il se savait au bout de sa vie et y faisait front courageusement .

blanchart08Le monde de l’édition était un de ses domaines de prédilection, il avait repris la société de son père déjà établie avenue Ernest Masoin, 15 à Jette (B-1090). Le rez-de-chaussée de sa maison était une « caverne aux trésors » : outre des livres, on y trouvait de grands et hauts rayonnages de cartes postales, d’images pieuses, de chromos scolaires concernant la faune ou la flore, des calendriers illustrés, et j’en passe. Des artistes peintres animaliers lui avaient confié leurs dessins ou leurs peintures afin de les éditer dans les formats que lui, Charles Blanchart, choisissait afin de les mettre en valeur et les faire connaître.  Passionné par les chemins de fer, belges en particulier, il avait édité plusieurs livres sur le sujet y compris sur ceux de l’ex Congo-Belge. C’était une façon de rendre un grand hommage à tous ces hommes, congolais et belges, entre autres, qui ont été tellement héroïques au vu des énormes difficultés rencontrées tout au long de la création de ces lignes ferroviaires, au début du siècle passé.

blanchart07Charles Blanchart a publié  une trilogie ferroviaire remarquable dont le premier tome a été publié en 1993 : « LE RAIL AU CONGO BELGE – 1890-1920 », il comporte 400 pages (210 x 295) et plus d’un millier de photographies, cartes et autres schémas ; paru six ans plus tard, en 1999, le second tome couvre la période 1920-1945, il est illustré de 1.565 photographies, cartes et autres documents iconographiques au sein de 432 pages (210 x 295), ce tome II arriva à point pour célébrer le centenaire de l’inauguration de la liaison ferroviaire Matadi-Léopoldville (Kinshasa) ; enfin le troisième tome, paru dans le courant du mois de février 2008, s’étend de 1945 à 1960 et compte 432 pages (210 x 295) et 1.730 illustrations, cartes et schémas. Plus de trois mille photos ont été réunies dans cette trilogie qui est une véritable mine d’or de documentations et de souvenirs merveilleux. Elle est une des preuves des considérables réalisations faites par les belges dans ce merveilleux Congo que la Belgique doit au génie du Roi Léopold II (1885) et a eu en gestion jusqu’au 30 juin 1960.

blanchart05« ALBERTVILLE – KALEMIE » la ville et son territoire des origines à 1965 : « … depuis mon court séjour à Kalemie en 1990, le désir d’écrire l’histoire de ma cité natale et d’étudier le peuplement de son territoire depuis l’époque précoloniale restait en projet dans mon esprit » écrit Guy Weyn dans le communiqué de presse que m’a envoyé Charles Blanchart au mois de mai 2010. L’auteur a eu la grande chance de pouvoir retourner dans sa ville natale, avec son épouse et son fils, dans cette si jolie ville qu’était Albertville au bord  du majestueux et fougueux lac Tanganika.

 

blanchart02Le « Patron » des Editions Masoin a également aidé, par ses conseils, plusieurs auteurs, soit à la relecture, soit à la publication, soit à la diffusion, de livres remarquables par leurs narrations et témoignages d’une époque, certes révolue, mais encore tellement présente dans nos mémoires ; en tout cas, ce sont des faits réellement vécus et relatés par les auteurs, et non pas écrits par certains « écrivains ou journaleux » hommes ou femme et professeur d’Université, belges ou autres, qui, du fond de leur bureau ou du haut de leur suffisance, ont épilogués sur un ou des sujets ayant trait au Congo Belge dont ils ignoraient et ignorent encore tout.

 

Ainsi, c’est là que j’ai découvert ce petit livret-album-DVD de souvenirs qui, comme d’autres, me sont chers. « BELGISCH CONGO BELGE » regroupe des vues filmées par trois cinéastes coloniaux belges de renom : Ernest Genval (1884-1945 à Dachau), Gérard De Boe (1904-1960) et André Cauvin (1907-2004) dont le film le plus connu est « BWANA KITOKO » tourné en 1955 à l’occasion du premier voyage du Roi Baudouin au Congo-Belge.

blanchart10De même, Charles Blanchart est un de ceux qui apportèrent leur aide à Georges Antippas pour la réalisation de son  livre « Pionniers méconnus du Congo Belge » qui est un très bel hommage, empreint d’une profonde nostalgie, à toute la communauté des Hellènes qui vécut au Congo ; sa famille y était présente dès 1895, lui est né à Kolwezi en 1956. Ce beau et grand livre, couleur sépia en couvertures, de 346 pages comprenant de nombreuses photos, est une très heureuse initiative.

 

blanchart03Dans la série de livres publiés aux Editions Masoin, « LE CONGO AU TEMPS DES BELGES– l’Histoire manipulée – Les contrevérités réfutées – 1885-1960 », paru en 2011, co-écrit par André de Maere d’Aertrycke, André Schorochoff, Pierre Vercauteren et André Vleurinck. « Ce livre constitue la réponse collective de quatre anciens coloniaux, à tous ceux qui s’évertuent à donner par leurs paroles, leurs écrits et leurs images, une vision erronée de l’action des Belges au Congo, que ce soit au temps de l’Etat Indépendant du Congo de 1885 à 1908 ou durant l’époque du Congo-Belge de 1908 à 1960 », est-il écrit en couverture arrière de ce livre. Enfin ! il est plus que temps de valoriser le travail des belges au Congo.

 

blanchart04En 2011, le terrible livre de Patrick Nothomb, témoignage émouvant, « DANS STANLEYVILLE » a été réédité aux Editions Masoin : il s’agit de «la plus grande prise d’otages du 20ème siècle ». Relatant les effroyables événements qui se sont déroulés en 1964, à Stanleyville (qui a repris son nom ancien, Kisangani, après le mois de juin 1960), ce livre a été terminé le 30 juin 1966, mais publié en 1993. L’auteur précise : « Le Ministère belge des Affaires étrangères, appliquant des règles dont j’approuve pleinement la motivation – servitude et grandeur des fonctionnaires -, ne m’a donné son « imprimatur » qu’en 1992 ». Quand Charles Blanchart me l’a expédié, un peu avant le week-end de Pâques 2011, il m’écrivait « Je poursuis mon chemin !»

 

Corroborant ce récit, et publié aux Editions Masoin, «HER JAAR VAN DE DRAAK – CONGO 1964 » de Eddy Hoedt, ancien para-commando belge, publié en 2011, s’est ajouté à cette série de documents vécus ; il a été traduit en français en 2014 par Baudouin Peeters, sous le titre « L’ANNEE DU DRAGON – CONGO 1964 ». Ce livre relate la périlleuse opération « OMMEGANG » du 24 novembre 1964 : une centaine de para-commando ont sauté d’avions de transport C-130 de l’Armée américaine, sur Stanleyville, afin de sauver des centaines de ressortissants étrangers, dont 525 belges, des mains des rebelles Simba (Lion, en Swahili) de la très éphémère et sanglante armée de la République Populaire du Congo (janvier à novembre 1964), dirigée par Christophe Gbenye avec Gaston Soumialot en tant que ministre de la Défense. Ils étaient en grave rébellion contre le gouvernement de la RDC et ont perpétrés des exactions abominables, contre des congolais et des européens, dont des belges. Ce 1er Régiment de para-commando s’est ensuite dirigé vers Paulis, au nord de Stan’ pour la même raison.

 

blanchart09Dans ce même esprit de « rectification » vis-à-vis des historiens et des détracteurs de l’œuvre des Belges au Congo,  Charles Léonard  est l’auteur de « CONGO – L’Autre Histoire – De Léopold II, fer de lance de l’antiesclavagisme, à l’esclavagisme des multinationales » paru en fin d’année 2014. Charles Blanchart qui m’en avait longuement parlé, a éprouvé une grande émotion quand, in extremis, il a pu le tenir en mains, tout fraîchement imprimé, avant de nous quitter. « Ce livre est une entreprise familiale » m’a écrit Ariane Léonard « j’y ai travaillé durant cinq ans  aux côtés de mon père. Sans lui le livre n’aurait pas vu le jour, sans moi non plus. S’il est le fonds, je suis la forme et le tableau qui figure sur la couverture a été peint par ma mère ».

 

Charles Blanchart a été remarquablement bien au bout de son chemin, en prenant son dernier train.

 

Henrianne van Zurpele pour www.objectifmag.be  – Rencurel (F), le 31 mars 2015

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Ernest_Genval

http://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9rard_De_Boe

http://fr.wikipedia.org/wiki/Andr%C3%A9_Cauvin

http://advalorum.weebly.com/lanneacutee-du-dragon-congo-1964.html

 

 

 

Une réflexion au sujet de « Un grand Monsieur de l’Edition nous a quittés : Charles BLANCHART »

  1. Savez vous ou on peut trouver ou acheter les livres de Charles Blanchart ?
    surtout celle des trains (ancienne edition Masoin) je ne sais pas qui a repris les livres pour le moment ,

    Van Zael

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