Valchevrière, ici souffle la liberté

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Ce panneau est à l’entrée du hameau.
Eric de Wallens(c)

Valchevrière, voilà un nom agréable, mais quand je l’ai entendu pour la première fois je me demandais bien ce que cela pouvait-être. C’est un village de montagne sur la départementale 215, dans le massif du Vercors à environs une heure de Grenoble, sur la Commune de Villars-de-Lans, département français de l’Isère. Valchevrière est un des symboles de l’héroïsme des Résistants pendant la Seconde Guerre Mondiale ; aujourd’hui c’est un village détruit.

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Vue du hameau;
Eric de Wallens(c)

Je disais village, mais vu la taille de ce lieu, c’est sans doute plus un hameau. Pour y arriver, vous laissez votre voiture à côté du belvédère érigé en mémoire des résistants morts en ce lieu.
Deux solutions s’offre à vous pour y descendre, un chemin carrossable ou bien le vieux chemin glissant mais pittoresque qui serpente à travers bois. Après avoir marché une dizaine de minutes sur les cailloux et autres feuilles mortes, vous arrivez à la première maison du hameau en ruine.
C’est un chemin historique, en effet, il était utilisé par les hommes et leurs mules jusqu’en 1895, c’est pour cela que les abords avaient étés consolidés par des blocs de pierres disposés de chant afin que l’eau s’écoule sans faire de dégâts.

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Ruine d’une maison.
Eric de Wallens(c)

Une fois cette bâtisse dépassée vous arrivez dans une clairière ou a été construit ce village de montagne qui a été habité jusqu’aux environs de 1921.
Mais pourquoi a-t-il été détruit ? La Guerre, une fois de plus est passée par là; lors de ce conflit, Valchevrière était un refuge pour les Résistants et les Maquisards, il était également un lieu stratégique pour verrouiller le passage entre le Nord du Vercors et le Sud. Bien évidemment, cela ne plaisait pas aux Allemands encore présent dans la région en 1944 et ils vont arriver  en force pour faire sauter ce verrou le 21 juillet 1944, soit à peu près un mois et demi après le débarquement de Normandie. Ils atterrissent en planeurs afin de débarquer des troupes aéroportées, mais aussi par camion.

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Le Lieutenant Chabal, derrière, au centre de la photo, et ses hommes.
Collection HvZ

Ici, la Résistance française est composé en général d’anciens Chasseurs Alpins, ils sont aguerrit au combat en montagne ; ces jeunes gens sont commandé par le Lieutenant Chabal, lui-même aux ordres du Capitaine Goderville, de son vrai nom : Jean Prévost, écrivains et Journaliste dans la vie civile.
Les ponts ont été dynamités, des arbres ont été abattus pour ralentir l’avance ennemie et le seul chemin d’accès passe par le camp des Maquisards de Valchevrière, les Allemands arrivent de toutes parts, cela tire dans tous les sens, les envahisseurs sont équipés en armes et en matériel lourd, mais les Résistants tiennent bon pendant deux jours, malgré les hommes qui tombent, le Lieutenant sera tué aussi.
Le 23 juillet 1944 tout est terminé, le hameau est en flamme les derniers combattants français s’échappent.

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La chapelle.
Eric de Wallens(c)

Comme je le disais aujourd’hui, Valchevrière est totalement en ruine, sauf la chapelle qui a miraculeusement échappé à la destruction, vous pouvez marcher entre les restes des maisons sans savoir à qui elles étaient ou à quoi elles servaient, c’est bien dommage, cela manque de panneaux didactiques.

 

 

Reportage : Cathy de Senonchamps
Photographe : Eric de Wallens
Crédit archives : HvZ

2 réflexions au sujet de « Valchevrière, ici souffle la liberté »

  1. J’y suis allée en 1995 et en 2000, des pancartes indiquaient la boulangerie, la Mairie, les fours à pains avec le nom des propriétaires, etc… Devant une maison étaient abandonnés : un vélo d’enfant, un autre d’adulte et une poussette d’enfant, entre autres… Ces objets émouvants ont disparus…Enlevés par la Mairie de Villard-de-Lans ? Volés par de sinistres visiteurs ? A l’une des deux entrées du site, une pancarte (très discrète, en petits caractères) demande aux visiteurs de respecter le lieu, de ne pas parler fort, de ne pas circuler dans le hameau… En vain !!

  2. Enquête faite, il s’avère, malheureusement, que les vélos et la voiture d’enfant ont été volés après l’année 2000 … Aucun responsable de Valchevrière n’a pensé à fixer ces « objets » dans du béton, m’a-t-on dit. Hélas, il y a longtemps qu’il se sait « qu’on » a plus de respect pour rien !

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