Ndako Na Ngai

Ndako na ngaiJ’éprouve un grand « manque » lorsque, revenant en Belgique pour quelques jours, je ne puis disposer de temps pour aller au Musée royal de l’Afrique centrale, à Tervuren, et flâner à Antwerpen (Anvers), dans le centre ou le long des quais. C’est de cet important port international que, depuis des décennies, partent les navires pour des destinations lointaines. Celle du Congo (RDC) me suffit ; une bitte d’amarrage fait office de siège de pont et me voilà embarquée pour ce long voyage vers le port de Matadi où m’entraînent mes multiples souvenirs d’enfance.
En photo: Le Musée de Tervueren.


Ndako na ngaiLe Musée d’Afrique centrale, anciennement du Congo, est « ma maison » (ndàko na ngai) ; dès l’entrée, l’ambiance et les senteurs me rappellent ma jeunesse. Je le connais quasi dans sa totalité, du moins je le crois car à chacune de mes visites je découvre des choses qui m’ont échappées précédemment.
En photo: Sculpture d'Andries Botha - Bois recyclé.

Ndalo na ngaiOutre l’exposition permanente, il en est des temporaires, à chaque fois remarquables ; telle fut « OMO peuples & design », en photo, qui s’est étendue du 7 novembre 2008 au 31 août 2009.  Omo est le nom d’une rivière éthiopienne, longue de 760 km, qui prend sa source à l’ouest d’Addis Abeba, la capitale ; courant à travers les plaines du sud-ouest du pays, elle aboutit au lac Turkana. Là, malgré la rigueur du climat, sont établies douze peuplades. Un choix sélectif, fait parmi le millier d’objets, issu de cette région, comme de sa collection, était présenté par le Musée.

Ndako na ngaiTandis que « PERSONA – masques rituels et œuvres contemporaines » est le titre de l’exposition qui, depuis le 24 avril 2009, se terminera le 3 janvier 2010. À voir absolument : sur les 180 masques montrés aux visiteurs, plus de cents proviennent du prestigieux trésor du Musée. Des emprunts ont été fait auprès du musée du Quai Branly de Paris, du musée ethnographique de Stockholm, du musée Pigorini de Rome et à certains collectionneurs de Belgique. Ces masques sont mis en parallèle avec les œuvres d’artistes africains contemporains, tels Sammy Baloji, Moustapha Dimé, Romuald Hazoumé, El Loko, Angèle Etoundi Essamba, Abdoulaye Konaté, Ndary Lô, Aimé Mpane, Aimé Ntakiyica, Yinka Shonibare, Barthélémy Toguo, Freddy Tsimba et Dominque Zinkpé.
Persona est le mot latin signifiant le masque de l’acteur ; puis il a désigné le personnage ou le rôle. Le mot « personne » en est un dérivé. Le musée annonce que « l’exposition est centrée sur le thème de l’identité que le masque peut cacher ou révéler. Dans le cas du masque rituel, le porteur se transforme en une  autre personne, en divinité, en esprit, parfois même en animal. Les œuvres et installations contemporaines stimulant le questionnement sur l’identité, le respect de soi et l’image de l’Autre. Dix huit groupes thématiques rassemblent les masques ».



Ndako na ngaiAttenant à l’exposition, un studio créatif propose aux enfants d’explorer le thème du masque par le dessin, le puzzle, le déguisement, la lecture….. 
Ils peuvent aussi, en permanence, accompagner Kani au Congo par le biais d’internet : www.kids.africamuseum.be. Du haut de ses 10 ans, Kani les emmène avec ses copains dans différents lieux du Congo. Ils découvriront aussi certains animaux africains ainsi que les collections du Musée d’Afrique centrale (www.africamuseum.be).





Un bel outil pédagogique.








Reportage et photo: Henrianne van Zurpele
Crédit illustrations: Musée Royal de l'Afrique centrale. Archives van Zurpele